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L'Outaouais est la région du Québec où la hausse du nombre de cas de COVID-19 est la plus «inquiétante» selon le premier ministre François Legault.
L'Outaouais est la région du Québec où la hausse du nombre de cas de COVID-19 est la plus «inquiétante» selon le premier ministre François Legault.

Situation «inquiétante» en Outaouais: Legault n'exclut pas de nouvelles mesures [VIDÉOS]

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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L'Outaouais est la région du Québec où la hausse du nombre de cas de COVID-19 est la plus «inquiétante» selon le premier ministre François Legault, qui envisage autant une harmonisation des consignes avec celles en vigueur à Ottawa que la possibilité d'imposer de nouvelles mesures restrictives — dont le retour de barrages à la frontière interprovinciale.

En point de presse mardi à Québec, le premier ministre Legault a mentionné que la situation épidémiologique est actuellement préoccupante dans cinq régions, qui sont toutes en zone orange: l'Outaouais, la Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches, le Saguenay–Lac-Saint-Jean et le Bas-Saint-Laurent.

«Celle qui nous préoccupe le plus, c'est l'Outaouais, en particulier la ville de Gatineau, a-t-il ajouté. On sait aussi qu'il y a un lien important entre Gatineau et Ottawa, donc on est en discussion avec le gouvernement de l'Ontario pour essayer d'harmoniser les mesures entre Ottawa et Gatineau.»

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M. Legault a du même coup souligné que le réseau de la santé de l'Outaouais était déjà fragile avant que la COVID-19 ne débarque au Québec. «Ça fait longtemps que c'est difficile, la situation de la santé, a-t-il mentionné. Il manque un hôpital important en Outaouais. Ça, c'était même avant la pandémie. On travaille pour ajouter un hôpital, je pense de 700 lits [NDLR: le projet est de 600 lits]. Tant que l'hôpital n'est pas là, ça va rester plus serré dans l'Outaouais. Donc on n'exclut pas, dans les prochains jours, les prochaines semaines, d'ajouter des mesures en Outaouais. C'est la situation qui nous inquiète le plus.»

Nouvelles mesures?

Les cinq régions où la situation est jugée inquiétante par les autorités sont donc «sous haute surveillance». «De jour en jour, je dirais presque d'heure en heure, on regarde une par une les éclosions», a mentionné M. Legault.

Le premier ministre a ajouté qu'«il ne faut rien exclure» quant à d'éventuelles mesures supplémentaires dans les régions où les cas augmentent rapidement. Il n'est d'ailleurs «pas impossible» qu'une mise à jour des mesures soit faite mercredi ou jeudi, a-t-il mentionné.

«On a des scénarios pour augmenter, malheureusement, les restrictions dans les cinq régions qui sont difficiles actuellement, a-t-il dit. […] Ça pourrait aller plus loin que le rouge actuel. On pourrait revenir au rouge qu'on avait avant et au couvre-feu à 20h, par exemple. […] Nos prévisions montrent qu'on est à l'intérieur de nos capacités, mais la tendance est mauvaise et il faut que ça arrête de monter dans ces cinq régions-là.»

Retour des barrages?

Dans le cas précis de l'Outaouais, le resserrement des mesures pourrait aussi passer par le retour de barrages aux ponts interprovinciaux, comme c'était le cas lors de la première vague de la pandémie. Le premier ministre Legault l'a mentionné autant en point de presse que lors de la période de questions qui a suivi à l'Assemblée nationale.


« On discute avec le gouvernement de l'Ontario, on discute pour la possibilité de mettre des barrages, on se pose des questions sur l'heure du couvre-feu, [sur] comment réduire cette augmentation en Outaouais. »
François Legault

François Legault a également souligné qu'une harmonisation des mesures avec celles en vigueur dans la capitale fédérale est envisagée. Il a donné en exemple de l'écart qui existe entre les deux rives dans les restaurants, alors que les règles «sont plus souples» du côté ontarien.

À Ottawa, qui se trouve en zone rouge selon les paliers de l'Ontario, les restaurants et les bars peuvent actuellement servir des clients en respectant la moitié de la capacité de leur salle à manger, jusqu'à un maximum de 50 personnes.

En Outaouais, les bars sont fermés, tandis que les restaurants peuvent accueillir un maximum de deux adultes par table (de la même adresse ou non), avec leurs enfants mineurs.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Pedneaud-Jobin craint un «effet yoyo»

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, continue de son côté de craindre les conséquences d'un possible retour à des mesures plus restrictives en Outaouais.

«Mon inquiétude principale est l'effet yoyo, de retourner en zone rouge et de fermer les commerces qui étaient ouverts, a-t-il mentionné lors d'un point de presse, mardi. C'est ça qui m'inquiète beaucoup, d'autant plus que la vaccination va assez bien et c'est ça, la lumière au bout du tunnel. […] Mon inquiétude, c'est que le gouvernement soit obligé de prendre des décisions qui nous font reculer.»

Davantage de vaccins

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a par ailleurs fait savoir mardi que l'Outaouais devrait obtenir un nouvel ajustement du nombre de doses de vaccins contre la COVID-19.

Un premier ajustement de 3500 doses supplémentaires avait été annoncé par M. Dubé la semaine dernière pour l'Outaouais. En raison de l'évolution de la situation, Québec prévoit encore une fois une révision des livraisons prévues prochainement dans certaines régions, dont l'Outaouais.

M. Dubé n'a pas précisé, mardi, de quelle ampleur sera ce nouvel ajustement, mais il évalue que pour l'ensemble du Québec, entre 15 000 et 20 000 doses seront «déplacées dans les prochains jours».

Pâques

La nouvelle hausse récente des cas de COVID-19, dont beaucoup viennent de souches mutantes souvent plus contagieuses nommées variants, inquiète encore plus les autorités à l’approche de la longue fin de semaine de Pâques.

«Les prochains jours vont être vraiment critiques», a déclaré le premier ministre Legault, mardi après-midi, lors de son point de presse habituel. Des mots répétés et entendus à d’innombrables reprises depuis un an.

Cette fois, la crainte d’une troisième vague trop forte incite les autorités à davantage de prudence.

«On est inquiets, puis on se demande : doit-on faire quelque chose de spécial pour la fin de semaine de Pâques? D’abord, ce n’est pas une bonne idée de faire des fêtes familiales ou des fêtes d’amis. J’ai demandé aussi à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, de s’assurer avec tous les corps policiers qu’ils soient plus présents en fin de semaine qui vient qu’à l’habitude. [...] Ce qui est le plus important, c’est les visites dans les maisons. On voit que le problème, ce n’est pas ce qui est permis, c’est ce qui est non respecté dans les interdictions.»

Pas de sous-régions

Même si M. Legault a parlé de sous-régions spécifiques où la hausse de cas de COVID-19 s’avère problématique en ce moment, l’idée de subdiviser les régions administratives en sous-régions plus petites pour adapter les consignes selon l’épidémiologie locale, comme cela a déjà été fait plus tôt dans la pandémie, n’est pas au programme des autorités.

À cause des capacités hospitalières considérées pour l’ensemble d’une région et non par sous-région.

Fermer le gym s’il le faut

Sur l’éclosion d’une quarantaine de cas liés au Mega Fitness Gym 24 h de Québec, le ministre de la Santé veut éviter que les salles de conditionnement physique deviennent ce printemps les bars karaoké de l’automne dernier.

«On va envoyer des inspecteurs aujourd’hui, si ce n’est pas déjà fait, pour voir ce qui est arrivé et on va prendre les mesures nécessaires. S’il faut fermer le gym, on va fermer le gym», a tranché M. Dubé.

À la fin août, une importante éclosion au bar Le Kirouac, dans le quartier Saint-Sauveur de Québec, avait provoqué une réaction en chaîne forçant à la fermeture de tous les bars de karaoké du Québec.

Profs et éducatrices priorisés?

Le gouvernement et la Santé publique examinent aussi «de façon sérieuse» la possibilité de prioriser les enseignants des écoles et les éducatrices en garderies dans l’ordre de vaccination, à la suite d‘un projet pilote réalisé à Montréal. 

Pour le reste, l’objectif d’inoculer 1,3 million de doses de vaccin aux Québécois qui le veulent d’ici au 31 mars a été atteint deux jours plus tôt, soit lundi.

Dans la foulée, le ministre Dubé maintient l’objectif de vacciner une première fois tous les Québécois de 16 ans et plus qui le veulent d’ici au 24 juin est maintenu.

Le système de rendez-vous pour la vaccination ClicSanté permettra de plus de voir si la plage choisie implique le vaccin AstraZeneca, dont l’administration est pour l’instant suspendue pour les gens de 55 ans et moins. La personne aura donc le choix à l’avance d’accepter de recevoir le Covishield ou de préférer un autre moment.

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