«Je fais la moitié de mon salaire, sans compter les équipements de protection que j’ai dû acheter», a clamé l’éducatrice en milieu de garde non reconnu, Cathy Larouche.
«Je fais la moitié de mon salaire, sans compter les équipements de protection que j’ai dû acheter», a clamé l’éducatrice en milieu de garde non reconnu, Cathy Larouche.

Services de garde en milieu familial: «l’élastique est étiré au maximum»

Près d’un mois après l’annonce par le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, d’un programme d’aide financière pour les milieux de garde non reconnus, Québec n’a toujours pas délié les cordons de sa bourse. À bout de ressources, des éducatrices pressent le gouvernement Legault d’agir. C’est le cas de Cathy Larouche, qui opère ce type de ressource à Granby.

«Le ministre Lacombe a annoncé le 6 mai qu’on allait avoir de l’aide. Et on n’a rien eu. En ce moment, pratiquement les trois quarts des éducatrices comme moi travaillent à perte à environ 7$/h. L’élastique est étiré. Ça commence à être très précaire. Il faut que le gouvernement Legault tienne ses promesses, sinon, on va tous faire faillite comme réseau privé», a clamé en entrevue Cathy Larouche.

Selon les plus récentes données, il y a plus de 500 services de garde non reconnus à travers la province. Or, «plusieurs n’ont pas eu les reins assez solides» pour traverser la crise qui sévit depuis des mois, devant se résigner à fermer leurs portes, a mentionné l’éducatrice.

Avec 50% des enfants dans son service de garde, Cathy Larouche affirme «faire des miracles» pour se maintenir la tête hors de l’eau. «Par chance, j’avais un petit coussin financier. Mais il s’épuise vite. Je fais la moitié de mon salaire. Sans compter les équipements de protection que j’ai dû acheter, des masques, des sarraus et une visière. Ça représente plus de 500$.»

«Abandonnée»

Cathy Larouche se sent «abandonnée» par le ministre de la Famille. Alors que Québec finance des places dans le secteur public ainsi que dans les garderies subventionnées, les propriétaires de services de garde non reconnus n’ont pas accès à cette aide.

«Et comme mes revenus sont légèrement supérieurs à la norme minimale pour obtenir la PCU (prestation canadienne d’urgence), je n’y ai pas droit», a déploré l’éducatrice.

À partir du 22 juin, les ratios dans les milieux de garde non reconnus doivent être rétablis à 100%, permettant ainsi à Cathy Larouche d’accueillir trois enfants supplémentaires, pour un total de six.

«Mais d’ici là, je suis certaine que plusieurs autres PNR devront fermer, a-t-elle dit. Le gouvernement du Québec essaie tant bien que mal de relancer l’économie. Mais, si les parents n’ont pas de places pour leurs enfants, ils ne pourront pas retourner au travail. Il faut que le ministre Lacombe et son équipe trouvent une solution. Il faut agir, et vite.»