Même si les activités de la Semaine nationale de la santé mentale sont annulées, distanciation sociale oblige, les organismes d’aide et de soutien en santé mentale seront présents pour outiller ceux qui ont les bleus ces temps-ci.
Même si les activités de la Semaine nationale de la santé mentale sont annulées, distanciation sociale oblige, les organismes d’aide et de soutien en santé mentale seront présents pour outiller ceux qui ont les bleus ces temps-ci.

Sept semaines en confinement, ça use, ça use...

Bien que certaines mesures de déconfinement annoncées par Québec se déploieront au cours des prochains jours, les dernières semaines ont été éprouvantes pour la patience, l’humeur et le bien-être de beaucoup de gens. La Semaine nationale de la santé mentale, qui se déroulera de ce lundi à dimanche prochain, tombe donc à point nommé. Et même si les activités prévues pour marquer le coup sont annulés, distanciation sociale oblige, les organismes d’aide et de soutien en santé mentale seront présents pour outiller ceux qui ont les bleus ces temps-ci.

Après une brève période d’accalmie, le téléphone a recommencé à sonner au Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska. « On est un peu plus occupés depuis une semaine et demie, indique Esther Laframboise, directrice générale de l’organisme. On voit une augmentation des appels, ce qui est pour nous un retour à la normale. »

La gestionnaire attribue la diminution du nombre d’appels au début de la crise à une période d’adaptation au confinement.

« Les gens ont eu des réflexes de survie pendant cette adaptation, et maintenant qu’on est habitués, ils se remettent à nous appeler, dit-elle. On voit l’impact du contexte instable et de la solitude sur la santé mentale des gens, et c’est bon signe qu’ils aient le réflexe de nous appeler quand ils ont besoin d’écoute et de soutien. »

Un son de cloche similaire du côté de la branche Haut-Richelieu-Rouville de l’organisme Santé mentale Québec. « La demande est définitivement plus élevée qu’au tout début de la crise. On a remarqué une hausse du nombre d’appels, et on reçoit beaucoup de références d’intervenants qui nous demandent d’appeler des gens chaque semaine, mentionne la directrice générale Diane St-Germain. Les gens ont tendance à vouloir sortir de l’isolement, ils commencent à trouver ça plus difficile. »

Après une brève période d’accalmie, le téléphone a recommencé à sonner au Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska, relève sa directrice générale, Esther Laframboise.

L’importance de se confier

Pendant cette petite accalmie, les organismes ont su se réinventer, en mettant notamment en place des rencontres d’écoute virtuelles.

« Pour des gens qui vivent avec des problématiques de santé mentale, l’isolement est un facteur aggravant, rappelle Mme Laframboise. Les gens ont besoin de soutien après plusieurs semaines comme ça et on tient à le redire : il ne faut pas hésiter à nous téléphoner dès qu’on ressent un doute ou une idée noire. »

Par ailleurs, la distanciation sociale imposée par prévention sanitaire n’est que physique, réitère la directrice générale.

« C’est possible de voir et de parler avec d’autres personnes tout en observant une certaine distance qui évite qu’on se mette à risque d’attraper ou de transmettre le virus, note-t-elle. Parfois, le simple fait de pouvoir parler à quelqu’un durant la journée peut faire du bien. S’il n’y a personne, on sera là. »

Ce samedi 2 mai, les employés du café Starbucks de Granby feront don de la totalité de leurs pourboires au Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska. « C’est super apprécié, compte tenu qu’une grande partie de notre financement provient des collectes de fonds, relève Mme Laframboise. C’est vraiment touchant. »

Communiquer grâce à ses émotions

« C’est une semaine qui tombe très bien pour la prévention », croient les deux directrices générales, à propos de la Semaine nationale de la santé mentale.

Même si les activités soulignant cet événement sont annulées, le mouvement Santé Mentale Québec propose plusieurs trucs et astuces pour aider ses proches ou soi-même à traverser cette période plus difficile, des outils qui seront utiles en d’autres circonstances. Tous ces outils se retrouvent sur le site Internet www.etrebiendanssatete.ca.

Sous le thème Ressentir, c’est recevoir un message, cette campagne de sensibilisation propose aux gens d’observer d’abord leurs émotions, de les accueillir en les nommant, de les comprendre en identifiant les besoins qui les provoquent et de choisir de répondre ou non à ceux-ci en tenant compte de nos valeurs et en prenant conscience de notre pouvoir d’agir.

99 % du temps d’éveil des humains est consacré au ressenti des émotions, avance l’organisation, qui compare celles-ci à une forme de langage permettant de développer sa capacité d’empathie et de coopération.

« Ressentir, c’est aussi prendre conscience que les émotions ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles sont utiles », indique-t-on.

Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska : 450 375-4252

Santé mentale Québec Haut-Richelieu-Rouville : 450-346-5736