Annie-Claude Larouche
Annie-Claude Larouche

Se soigner ou se protéger de la COVID-19 avec la sclérose en plaques

Encore futiles pour certains, les mesures de distanciation sociale évitent d’exposer des personnes à risque au coronavirus. C’est le cas d’Annie-Claude Larouche qui vit avec la sclérose en plaques et qui doit, en cette période de crise planétaire, redoubler de prudence. Celle dont la vie est chamboulée par cette maladie auto-immune s’est retrouvée, au cours des derniers jours, face à un dilemme avant de recevoir son traitement bisannuel.

« J’étais incertaine si j’allais obtenir mon traitement. Ça me met beaucoup à risque. Le traitement, qui est plus fort que la chimiothérapie, me rend immunosupprimée. C’est une décision à peser. Est-ce que c’est moins pire d’avoir une poussée qui laisse des séquelles permanentes ou de vivre avec le traitement qui met mon système immunitaire à zéro? Je me retrouve à risque de tout », a expliqué celle qui redoute les conséquences d’une exposition au virus.

La neurologue responsable du dossier de Mme Larouche s’est penchée sur la question, au cours des derniers jours, puisque l’administration du traitement était prévue mercredi. La femme de 35 ans ira finalement de l’avant avec son traitement d’Ocrevus puisque les poussées de sclérose en plaques ne pardonnent pas. Elle devra ensuite se plier à une période de confinement obligatoire.

Avec un dernier traitement qui remonte à six mois, Annie-Claude Larouche se retrouve déjà à risque de vivre d’autres poussées susceptibles de laisser des séquelles permanentes, soit de nouveaux symptômes ou l’aggravation de symptômes existants. L’administration du médicament d’exception n’aurait pu être retardée bien longtemps sans conséquence.

« C’est la solution qui fonctionne pour moi. J’ai déjà essayé autre chose. C’est ce qui me garde debout et qui fait que je me retrouve moins en fauteuil roulant et, je touche du bois, de ne pas avoir eu de nouvelles poussées depuis quelque temps. Il y a toujours des conséquences, mais ça m’apporte une qualité de vie que je n’avais plus », témoigne la mère de deux enfants.

Annie-Claude Larouche tient à rappeler que les aînés ne sont pas les seules personnes à être vulnérables face à la COVID-19. « C’est ce qui est véhiculé, mais il n’y a pas que ça. Il y a les gens qui vivent avec la sclérose en plaques, les gens qui sont en traitement de chimiothérapie, ceux qui ont des problèmes respiratoires, dont les asthmatiques. Je l’explique aux gens et ils en prennent conscience », ajoute-t-elle.

La femme de Saint-Augustin au Lac-Saint-Jean qui vit avec cette maladie incurable a l’habitude d’être vigilante. La mère de famille réfléchit, au quotidien, à ses déplacements et à ses contacts avec les autres en fonction de son capricieux système immunitaire.

Depuis quelques jours, toute la petite famille se retrouve en forêt, au chalet, pour y vivre sa période de quarantaine. « Nous sommes loin de tout et nous ne voyons personne. Les enfants restent avec nous et ne visitent pas leurs amis », souligne Annie-Claude Larouche, qui multiplie ainsi les moyens afin de se protéger contre le virus.