Le ministre de l'Éducation a grondé les élèves qui se sont mis à travailler, parfois jusqu'à 30 heures par semaine pendant la pandémie, leur rappelant que l'année scolaire n'est pas terminée.
Le ministre de l'Éducation a grondé les élèves qui se sont mis à travailler, parfois jusqu'à 30 heures par semaine pendant la pandémie, leur rappelant que l'année scolaire n'est pas terminée.

Roberge gronde les jeunes du secondaire qui travaillent au lieu d'étudier

Caroline Plante
La Presse Canadienne
Les élèves qui se sont mis à travailler, parfois jusqu'à 30 heures par semaine, durant la pandémie commettent une «erreur», statue Jean-François Roberge.

Le ministre de l'Éducation a grondé ces élèves, ainsi que leurs parents, mercredi, lors de la période des questions à l'Assemblée nationale.

Pesant bien chacun de ses mots, il a affirmé que l'année scolaire n'était pas terminée, ni pour les enseignants ni pour les élèves.

Il venait de se faire reprocher par la députée libérale Marwah Rizqy d'avoir déclaré au tout début de la pandémie que les élèves étaient en «vacances».

Cette déclaration est venue complètement saper la motivation des jeunes au secondaire, a-t-elle suggéré, en s'inquiétant des effets de la crise sur le taux de décrochage.

«On retrouve nos jeunes à l'épicerie, au dépanneur, au Walmart, mais on ne les retrouve pas en train d'étudier», a déploré la députée de Saint-Laurent.

Selon M. Roberge, ces jeunes font une erreur.


« Les élèves qui se sont mis à travailler 10, 15, 20, 30 heures par semaine, bien c'est une erreur. »
Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation

«Je fais appel à tout le monde pour rappeler ça. Je fais appel aux parents aussi de dire: Excuse-moi jeune homme, jeune fille, euh, l'école n'est pas terminée.»

Plus tard en point de presse, le ministre en a remis une couche en s'adressant directement aux jeunes.

«Les ados, répondez au téléphone, branchez-vous en visio, faites vos lectures, faites vos travaux, sans quoi vous pourriez avoir non-réussite, une tache dans votre dossier scolaire», a-t-il déclaré.

M. Roberge a reconnu qu'il serait «surprenant» qu'un jeune échoue son année parce qu'il n'a pas fait assez d'efforts pendant la pandémie, mais il en appelle tout de même au «sens des responsabilités» de tous.

«Je demande vraiment aux employeurs, aux parents, aux adultes signifiants, les oncles, les tantes, tout le monde, de porter le message que l'année scolaire n'est pas terminée, que l'éducation est une priorité.»

«Franchement odieux»

La sortie du ministre de l'Éducation mercredi a fait bondir la députée Christine Labrie, de Québec solidaire.

Elle a écrit sur sa page Facebook qu'accuser les jeunes d'être dans l'erreur, «alors qu'ils ont simplement décidé d'occuper leur temps au lieu d'attendre que le ministre se réveille (...), c'est franchement odieux».

Mme Labrie a rappelé que de nombreux jeunes du secondaire ont voulu aider pendant la crise en allant travailler dans les services essentiels.

Les mots de Jean-François Roberge (photo) ont fait réagir à l'Assemblée nationale. 

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, les a d'ailleurs encouragés la semaine dernière à aller garder des enfants qui n'ont pas de place en garderie.

La députée de Sherbrooke estime par ailleurs que M. Roberge est le premier responsable de la situation, puisqu'il a «laissé les jeunes et les enseignants du secondaire dans le néant total pendant des semaines».

«Comment s'attendre à ce que les élèves soient motivés quand on répète à chaque jour que ce n'est pas obligatoire?» a-t-elle également demandé.

De son côté, la députée péquiste Véronique Hivon a exigé, mercredi, des services supplémentaires pour les élèves du secondaire qui sont vulnérables afin entre autres d'éviter le décrochage.