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La vice-première ministre du Québec et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault
La vice-première ministre du Québec et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault

Relâche: barrages routiers pas tenus par des policiers?

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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L’idée d’ériger des barrages routiers entre les régions durant la semaine de relâche fait son chemin au gouvernement Legault. On songe à recourir à d’autres professionnels que les policiers pour contrôler les allées et venues sur le territoire.

Avec la hausse de transmission des variants de la COVID-19, dont certains sont plus dangereux, et la multiplication appréhendée des déplacements durant la période du congé scolaire, le gouvernement y voit une catastrophe annoncée.

De là le plan de resserrer les restrictions au cours de la première semaine de mars, afin d’empêcher ou au moins limiter un regain de la pandémie. La relâche de mars 2020 et la récente période des Fêtes ont fourni d’importantes leçons à ce chapitre, alors que le Québec a chaque fois vécu une flambée des cas.

«Les variants, c’est une grande source de préoccupation, on l’a dit souvent, et la semaine de relâche aussi est une grande source de préoccupation pour nous», a confirmé la vice-première ministre du Québec et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, mercredi matin, en mêlée de presse.

On pense aux déplacements entre les régions à l’intérieur du Québec, entre zones rouges et orange. Mais aussi l’entrée de visiteurs de l’extérieur, des provinces voisines que sont l’Ontario et le Nouveau-Brunswick. L’Ontario est aux prises avec davantage de cas de variants du virus.

«Pour l’Ontario et même pour le Nouveau-Brunswick, mais peut-être plus pour l’Ontario dans ce cas-là, on a des discussions continuellement. Présentement, il n’y a pas ce genre de contrôle, mais ça fait partie des choses qui sont en discussion constante et en évaluation constante. Mais on est très préoccupés par la présence du variant, sachez-le», répond Mme Guilbault, parlant de possibles annonces la semaine prochaine.

Alors qu’elle disait la semaine dernière que les policiers étaient déjà surtout occupés à faire respecter le couvre-feu et au suivi des quarantaines, la ministre Guilbault affirme maintenant que le manque d’effectifs policiers n’est pas un obstacle à l’érection de barrages routiers.

«C’est une question de gestion et d’affectation des effectifs, si on veut. Il y a 15 000 policiers au Québec, mais si on voulait mettre en place des barrages, on ne s’empêchera pas de le faire en disant : “Il n’y a pas assez de policiers.” On part du principe qu’il faut protéger la population. Donc, quand une mesure est jugée nécessaire, on s’arrange pour la faire appliquer. Il n’y a pas d’enjeux de ressource qui peuvent nous empêcher de protéger notre population», assure-t-elle.

De là l’idée d’avoir recours à d’autres professionnels. Élément effleuré du bout des lèvres par la ministre, qui ne s’est pas avancée davantage.

«Effectivement, en ce moment, nos policiers se consacrent beaucoup au couvre-feu et au suivi de quarantaines. Oui, il faut tenir compte du nombre de policiers, mais les ressources ne seront jamais un enjeu. Si un jour on venait à manquer de policiers, il y a d’autres types de professionnels, d’autres types de services qui pourraient être sollicités. On n’en est pas là», déclare la ministre de la Sécurité publique.

Contrôleurs routiers? Qui d’autre? À suivre.

Les oppositions veulent de la clarté

Chez les partis d’opposition, on se montre favorable à l’installation de points de contrôle routiers entre les régions. Même qu’on le demandait dès cette semaine, avec le passage en zone orange de six régions.

Mais barrages ou pas, on réclame des consignes claires. Pas de «fortement déconseillé» cette fois, insistent les oppositions. Permis ou interdit, point. Blanc ou noir.

«Ce que je demande au gouvernement, c’est d’avoir rapidement quelque chose de clair, éviter la confusion, puis éviter justement que, d’une région à l’autre, on puisse propager le virus», demande la libérale Isabelle Melançon.

Le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois soutient que «le statu quo est impossible. On ne peut pas vivre une semaine de relâche sans qu’il n’y ait aucun contrôle, aucun encadrement des déplacements interrégionaux et j’inclus là-dedans les déplacements entre l’Ontario et les régions limitrophes au Québec. Il faut trouver une solution. Les barrages policiers, c’est une option, mais s’il manque de policiers?

«J’invite le gouvernement du Québec à faire preuve d’originalité. Est-ce que ça pourrait être des points de contrôle par des employés de la Santé publique, par exemple? Ou d’autres agences publiques?» avait proposé M. Nadeau-Dubois en début de journée.

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon rappelle que son parti demande depuis déjà deux semaines d’interdire la location de chalets dans les zones orange par les résidents des zones rouges.

«Pour les barrages, pour certaines régions, ça pourrait être très efficace. On s’attend à un plan par région et non pas du mur-à-mur. Et encore moins un signal comme l’avait fait le premier ministre en point de presse en disant : on ne vous le recommande pas, mais si vous le faites, il n’y aura pas de conséquences», indique M. St-Pierre Plamondon.