Le ministre de la Santé Christian Dubé a présenté un système d’alertes et d’interventions régionales développé par la Santé publique du Québec, à Montréal, mardi.  
Le ministre de la Santé Christian Dubé a présenté un système d’alertes et d’interventions régionales développé par la Santé publique du Québec, à Montréal, mardi.  

Québec instaure un système d’alertes COVID-19 régionales à quatre couleurs [VIDÉO]

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Un nouveau système d’alertes pour la COVID-19 établira le niveau de risque pour chaque région du Québec - et ses quatre paliers détermineront les restrictions qui seront en place pour freiner la propagation. Déjà, quatre régions se trouvent en situation de préalerte, soit en «zone jaune» : l’Estrie, l’Outaouais, Laval et Québec.

Ce système a été confectionné en prévision d’une deuxième vague de la pandémie de la COVID-19. Il va guider le gouvernement dans ses décisions, a déclaré le ministre de la Santé, Christian Dubé, en conférence de presse, mardi, à Montréal.

Et puis, il offrira plus de prévisibilité aux gens, qui veulent savoir ce qui s’en vient, a-t-il ajouté.

Non seulement les niveaux d’alertes seront décrétés par région - ou même par sous-régions - mais les interventions le seront aussi, comme la mise en place temporaire de mesures sanitaires et de restrictions additionnelles.

Pour déterminer dans quel palier sera placée une région, la santé publique va examiner trois critères, soit la situation épidémiologique (dont le nombre de cas et le nombre d’éclosions), le contrôle de la transmission et la capacité du système de soins.

Mardi, le Québec a enregistré 163 nouveaux cas d’infection à la COVID-19, redescendant en-deçà de la barre des 200 cas où il se situait depuis deux jours.

«Ceux qui en douteraient, le virus est vraiment là», a dit le ministre Dubé, rappelant que la contamination était «communautaire». «Elle se propage dans nos milieux de vie et dans nos milieux de soins.»

Code à 4 couleurs

Les situations seront classées selon les couleurs suivantes : vert (vigilance), jaune (préalerte), orange (alerte modérée) et rouge (alerte maximale).

Si une région est placée en préalerte jaune, il y aura plus d’inspections de la santé publique, et les gens seront davantage invités à se faire tester. Mais il n’y aura pas vraiment de nouvelles restrictions, a précisé Dr Éric Litvak, le conseiller médical stratégique adjoint à la direction générale de la santé publique.

C’est un message à la population : faites attention, a-t-il ajouté.

Quant au niveau orange, il signale la mise en place de restrictions, «les plus sélectives possibles», dit Dr Litvak, et qui «interfèrent le moins possible avec la vie des gens», par exemple, la réduction du nombre de personnes permises lors de rassemblements à la maison, ou lors de rassemblements publics.

Au palier rouge, les déplacements interrégionaux pourraient être limités, et des commerces pourraient être fermés.

Mais cela sera moins contraignant que lors du confinement généralisé du printemps, indique le Dr Litvak.

«Avec ce système d’alertes et d’interventions régionales, notre gouvernement a trouvé le juste équilibre : assurer au maximum la protection de la santé de la population, tout en réduisant au minimum les impacts des mesures sur notre société et notre économie», indique le ministre Dubé.

Une région peut toutefois se trouver «dans le jaune» et retourner en zone verte, a précisé le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, aussi présent au point de presse.

D’ailleurs, la région de Montréal, longtemps considérée comme étant l’épicentre de la pandémie, est actuellement en zone verte.

La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, est en train d’évaluer comment arrimer les différents niveaux d’alertes avec des mesures coercitives à sévérité croissante, a-t-elle fait savoir lors d’une autre conférence de presse mardi tenue à l’école secondaire de la Seigneurie à Québec.

«Plus la couleur va être chaude, plus on va sévir pour l’encadrement de la propagation du virus», a-t-elle précisé.

La carte des paliers d’alerte de COVID-19 par région est disponible sur le site du gouvernement du Québec: