Le SQEES, qui est affilié à la FTQ, réclame pour ses membres 15 $ l'heure à l'embauche et une augmentation de 1 $ par année. Sur la photo, la présidente, Sylvie Nelson.
Le SQEES, qui est affilié à la FTQ, réclame pour ses membres 15 $ l'heure à l'embauche et une augmentation de 1 $ par année. Sur la photo, la présidente, Sylvie Nelson.

Piquets de grève dressés devant sept résidences pour aînés du groupe Chartwell

MONTRÉAL — Des piquets de grève ont été dressés, tôt vendredi, devant sept résidences pour aînés appartenant au groupe Chartwell à Québec et au Saguenay.

Le Syndicat québécois des employés de service - le principal syndicat de préposés aux bénéficiaires dans le secteur privé au Québec - a mis sa menace à exécution et a déclenché la grève, après avoir constaté l'impasse à l'issue des dernières séances de conciliation.

Ces quelque 500 travailleurs, principalement des préposés aux bénéficiaires, sont souvent payés 13,50 $ ou 14 $ l'heure, avant les primes COVID temporaires versées par le gouvernement du Québec.

Le salaire minimum est de 13,10 $ l'heure au Québec.

Le SQEES, qui est affilié à la FTQ, réclame pour ses membres 15 $ l'heure à l'embauche et une augmentation de 1 $ par année.

«Nos demandes sont plus que raisonnables. Chartwell, c'est le seul au Québec à penser que leurs travailleuses et leurs travailleurs ne méritent pas plus, ni mieux», a déploré la présidente du SQEES, Sylvie Nelson.

De son côté, l'employeur assure avoir négocié de bonne foi et déposé des offres concurrentielles.

«Nous avons fait évoluer nos offres depuis le début des négociations, il y a 18 mois. Malgré nos efforts, la position du syndicat n'a pas évolué. Leurs demandes monétaires excèdent 25 % sur trois ans, et aucune entreprise ne peut assumer des hausses d'une telle ampleur. On s'attend à ce que le syndicat, lui aussi, fasse preuve de flexibilité», a commenté Marie-France Lemay, vice-présidente aux opérations et ventes.

Mme Nelson réplique que les demandes syndicales ne sont pas de 25 %, mais de 21,6 % - des pourcentages qui doivent être calculés sur des salaires de 13,50$ à 14 $. Et elle ajoute que les offres patronales représentent «des peanuts» ou quelques cents d'augmentation.

Services maintenus

Les services essentiels sont toutefois maintenus. Le Tribunal administratif du travail a rendu une décision, il y a quelques jours, limitant considérablement le temps de grève selon le titre d'emploi.

Ainsi, les préposés affectés aux soins doivent assurer 100% de leur temps de travail. Les préposés aux services alimentaires peuvent débrayer durant 20 pour cent de leur temps de travail, par exemple. Mais les loisirs sont affectés, de même que le secrétariat.

Mme Nelson a adressé un message au groupe Chartwell, le plus gros employeur privé au Canada dans son domaine, en lui rappelant que son syndicat était affilié à la plus grande centrale syndicale du Québec.

«Il est temps qu'il se réveille. Autrement, Chartwell s'expose à d'autres grèves? et à un appel fort à nos concitoyennes et nos concitoyens pour bien choisir leur résidence pour personnes aînées ou celle de leurs parents. Nous sommes 600 000 membres à la FTQ et nous n'hésiterons pas, s'il le faut, à interpeller nos camarades d'autres organisations syndicales pour nous épauler», a prévenu Mme Nelson.

La direction de Chartwell, de son côté, a déploré le moment choisi pour débrayer, alors qu'on vit encore une pandémie de coronavirus.

Le SQEES a répliqué que les résidences privées touchées par la grève étaient toutes situées en zone froide. Et il s'est déjà engagé à annuler la grève si une éclosion de COVID venait à se déclarer.

Les résidences touchées sont celles des Appartements de Bordeaux à Québec, Chartwell Domaine de Bordeaux à Québec, Chartwell Faubourg Giffard à Québec, Chartwell (CSH-HCN Lessee) Manoir Archer à Québec, Chartwell Villa du Saguenay à Saguenay, Chartwell Villa Chicoutimi à Saguenay et Chartwell Villa Jonquière à Saguenay.