Lundi, le premier ministre ontarien Doug Ford a annoncé l’enclenchement imminent de la phase 3 du déconfinement dans 24 régions de la province, dont Ottawa — mais la fermeture prolongée de leurs commerces laisse certains entrepreneurs tièdes.
Lundi, le premier ministre ontarien Doug Ford a annoncé l’enclenchement imminent de la phase 3 du déconfinement dans 24 régions de la province, dont Ottawa — mais la fermeture prolongée de leurs commerces laisse certains entrepreneurs tièdes.

Phase 3: Enthousiasme et amertume chez les entrepreneurs ontariens

Quatre mois après le début de la pandémie, enfin : presque tous les secteurs de l’économie ontarienne pourront rouvrir dès vendredi. Lundi, le premier ministre Doug Ford a annoncé l’enclenchement imminent de la phase 3 dans 24 régions de la province, dont Ottawa — mais la fermeture prolongée de leurs commerces laisse certains entrepreneurs tièdes.

Le propriétaire du centre d’escalade Altitude Gym, Patrick Lamothe, n’était pas particulièrement ravi, lundi. Certes, pouvoir rouvrir est une bonne nouvelle — mais pendant son hibernation, l’entreprise a payé « bien au-delà » de 100 000 $ pour son loyer à Kanata. Et toutes les aides gouvernementales — celles du gouvernement fédéral de même que celles de l’Ontario et du Québec, Altitude ayant aussi un deuxième centre à Gatineau — lui ont été faites sous forme de prêt.

« En fin de compte, le privé n’a pas vraiment eu d’aide. C’est un gros éléphant blanc, déplore M. Lamothe. En Ontario, on va opérer avec les contraintes qui nous sont demandées, mais ce n’est rien de bon pour notre modèle d’affaires. »

En vertu de l’imposition du port du masque dans les endroits publics clos, que la ville d’Ottawa officialisera mercredi, les grimpeurs qui fréquenteront sa succursale de Kanata devront se couvrir le visage, même lorsqu’ils se trouvent en hauteur sur les murs. Le Québec ayant annoncé la même mesure lundi, tous les clients d’Altitude devront bientôt se plier à la même règle. « Ce n’est vraiment pas l’idéal pour tout centre de sport », déplore M. Lamothe.

Les deux gymnases d’Altitude opèrent à 40 % de leur capacité. « Ce sont des chiffres très bas. Ce n’est vraiment pas l’idéal. »

Du côté du Studio X, l’école de danse et de mise en forme située dans la Petite Italie a vu ses factures s’empiler et ses dettes se creuser depuis le début de la pandémie. Pour rester à flot, les propriétaires du studio, Nadège Nelson et Soul Thirakoune, ont reçu de l’aide de leurs amis et de leurs familles, de même que des dons de certains de leurs clients.

Le studio recommencera à accueillir des élèves d’ici deux semaines, mais le couple d’entrepreneurs anticipe une réouverture « difficile ». Leurs cours se concentrent surtout sur les styles latins, qui se dansent en couple. « Nous sommes contents de passer à la phase 3. Au moins, nous pouvons recommencer nos cours de fitness, en théorie », a réagi le tandem par écrit.

Ni blanc, ni noir

Non, le portrait n’est pas tout rose, confirme la directrice générale du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale (RGA), Lise Sarazin. Mais il n’est pas tout noir non plus. « Ce ne sera pas la même chose qu’avant, mais ce sera mieux que ce que c’était, constate-t-elle après avoir discuté avec plusieurs de ses membres. Quatre mois, c’est beaucoup d’argent pour les entrepreneurs. Ceux qui sont les plus heureux sont ceux qui peuvent accueillir des gens », comme les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie.

Sauf qu’en restauration, l’obstacle principal pour les entrepreneurs est désormais de ramener au boulot leurs employés qui reçoivent la Prestation canadienne d’urgence (PCU), note le consultant et propriétaire du St Martha’s Brasserie Orléans Doug Feltmate. « Nous avons envoyé plusieurs courriels et textos aux employés de notre cuisine et nous n’avons eu aucune réponse. De ce que j’ai entendu dire d’autres restaurants, il s’agit d’un problème assez commun, note-t-il. On se demande aussi si les gens vont vouloir venir à l’intérieur, mais pour ça, je suis assez optimiste. »

Retour imminent sur les planches

En culture, la Nouvelle Scène Gilles Desjardins (LNSGD) et ses quatre compagnies résidentes se disent « ravies » de l’arrivée de la phase 3. Le centre culturel compte offrir une programmation théâtrale complète dès janvier 2021 et se permet « d’imaginer » des événements surprises cet automne. « Dès le mois d’août, nous allons recommencer à accueillir des artistes pour des répétitions, des captations avec des groupes et autres locations de moins de 50 personnes tout en respectant les mesures sanitaires et la distanciation physique, a indiqué LNSGD par écrit. Nous avons très hâte de retrouver nos publics. »