Le gouvernement du Québec a annoncé que les rassemblements extérieurs de 10 personnes ou moins seront autorisés dès vendredi,
Le gouvernement du Québec a annoncé que les rassemblements extérieurs de 10 personnes ou moins seront autorisés dès vendredi,

Petits rassemblements extérieurs permis: des réactions mitigées

De l’appel à la prudence à la satisfaction en passant par la surprise et le soupir de soulagement, les réactions sont variées dans la région face au feu vert donné par le gouvernement québécois pour la tenue de rassemblements extérieurs de 10 personnes ou moins dès vendredi, après presque deux mois et demi de confinement.

Alors que les rassemblements à l’intérieur demeurent interdits pour l’instant en raison du risque plus élevé de contagion, le seul bémol sera que les regroupements à l’extérieur ne pourront inclure des gens habitant dans plus de trois foyers différents.

Dans un centre de jardinage de Gatineau, certains citoyens interpellés par Le Droit en pleine séance de magasinage au soleil n’avaient pas encore appris la nouvelle annoncée plus tôt en l’après-midi.

«Après autant de semaines, les gens sont un peu tannés, je crois. Je dirais que c’est correct, mais il faut malgré tout continuer à faire attention. Le terrain est grand chez nous, alors ça fait mon affaire. Je pense que c’est une bonne idée. [...] Les premières personnes que j’aurais envie d’inviter, ce sont mes enfants et mes petits-enfants, ou encore des couples d’amis. On se parle via Skype, mais ça dure dix minutes», a lancé Carole Morin, qui prévoit toutefois de patienter encore quelques jours avant d’organiser un rassemblement à la maison.

Alors que le soleil sera de la partie et que le mercure dépassera la barre des 25 degrés Celsius cette fin de semaine en Outaouais, la vice-première ministre Geneviève Guilbault a précisé qu’un barbecue dans une cour arrière sera donc désormais permis, tout en respectant les consignes annoncées mercredi ainsi que la distanciation sociale de deux mètres entre les gens ne provenant pas d’un même ménage.

Attendre un vaccin

De son côté, Hélène Chatelain prévoit demeurer prudente et attendre encore avant d’inviter des gens dans sa cour arrière.

«Je trouve qu’on n’en connaît pas encore assez sur le virus, mais compte tenu aussi de mon âge. Je n’ai pas le goût de prendre de risques en ce moment. Ça fait deux mois qu’on fait très attention et nous ne sommes pas prêts à relâcher tout de suite. Je vais attendre que les choses soient plus certaines. J’ai vu mon fils pour la première fois la fin de semaine dernière, on a pris une marche mais en gardant une bonne distance entre nous», affirme-t-elle.


« Je ne vois pas ce qui a changé depuis la semaine dernière. Je ne le faisais pas, pourquoi je le ferais maintenant? »
Hélène Chatelain

Son conjoint ajoute que «pour ceux qui veulent le faire, c’est possible», mais qu’il ne ressent pas de son côté le besoin de se rassembler à court terme avec une dizaine d’autres personnes.

Tous les deux affirment qu’un vaccin contre la COVID-19 serait l’élément déclencheur pour qu’ils retrouvent une vie plus normale.

«Je ne vois pas ce qui a changé depuis la semaine dernière. Je ne le faisais pas, pourquoi je le ferais maintenant?

Quant à Céline Richer, elle croit qu’il faut faire la part des choses et trouver un juste milieu face à cette nouvelle étape.

«Si par exemple tes enfants et tes petits-enfants sont toujours restés à la maison, ils vont être moins à risque que quelqu’un qui travaille dans les services essentiels. On va fort probablement inviter nos enfants et nos petits-enfants, car ils nous manquent. [...] C’est peut-être un peu tôt pour les gens qui travaillent dans les hôpitaux. Quand tu es asymptomatique, tu ne fais pas exprès même si tu prends ta température tous les jours. Même si tu n’as aucun symptôme, tu peux quand même être porteur [du virus]. D’un autre côté, à un moment donné on n’aura pas le choix de sortir. Si on se rapporte à 1918 avec la grippe espagnole, il n’y avait pas de vaccin ni de médicaments. Je pense qu’à un certain moment, les gens ont développé des anticorps même s’il y a eu entre 50 et 100 millions de décès», s’est-elle exclamée entre deux achats de fleurs.

Sur les réseaux sociaux

Sur la page Facebook du Droit, plusieurs personnes ont aussi fait valoir leur opinion face à cette étape importante dans le processus de déconfinement au Québec.

«Il faut prendre des précautions et apprendre à vivre avec le virus aussi. On ne peut pas rester confinés éternellement non plus», a entre autres écrit une internaute.

Une autre personne a réagi en affirmant que chacun aura la responsabilité de choisir les personnes avec lesquelles se rassembler et «ça va bien aller».

«Mais pourquoi ils n’ouvrent pas les campings? Les gens peuvent aller au chalet, on peut recevoir des gens à l’extérieur mais on n’ouvre pas les campings?», se questionne pour sa part une autre citoyenne.