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Jeudi, Christian. Dubé en a surpris plusieurs en annonçant que les Québécois auront une sorte de passeport numérique prouvant qu'ils ont bel et bien été vaccinés contre le virus de la COVID-19.
Jeudi, Christian. Dubé en a surpris plusieurs en annonçant que les Québécois auront une sorte de passeport numérique prouvant qu'ils ont bel et bien été vaccinés contre le virus de la COVID-19.

Passeport vaccinal: Christian Dubé va beaucoup trop vite, estime Québec solidaire

Caroline Plante
La Presse Canadienne
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Le ministre de la Santé, Christian Dubé, doit freiner ses ardeurs et éviter de créer un passeport vaccinal sans d’abord consulter les experts et les députés, estime Québec solidaire (QS).

Jeudi, M. Dubé en a surpris plusieurs en annonçant que les Québécois auront une sorte de passeport numérique prouvant qu’ils ont bel et bien été vaccinés contre le virus de la COVID-19.

Éventuellement, ce précieux sésame pourrait leur ouvrir différentes portes, leur facilitant la vie par exemple pour prendre un avion, fréquenter un restaurant ou une salle de spectacle.

M. Dubé a précisé que des équipes planchaient présentement sur ce projet à son ministère. «C’est évident qu’il faut le faire, a soutenu le ministre. Pour moi, un passeport vaccinal digital, c’est tout à fait normal.»

Le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, a cependant mis un bémol, en ajoutant qu’il restait à définir les critères d’obtention de ce fameux passeport.

À quel moment délivrer un passeport, après avoir atteint quel taux de vaccination dans la population? Dans différents pays d’Europe, l’idée d’implanter le passeport vaccinal ne fait pas consensus.

Pour le co-porte-parole de QS, le député Gabriel Nadeau-Dubois, l’idée d’un passeport vaccinal soulève de nombreuses questions éthiques et de discrimination qu’il ne faut pas prendre à la légère.

Il affirme avoir «sursauté» lorsqu’il a entendu M. Dubé présenter jeudi une «réflexion personnelle très avancée».

«Je trouve précipitée la certitude, ou en tout cas l’apparence de certitude qu’a le ministre de la Santé que ce serait une bonne chose», a-t-il déclaré vendredi en entrevue.

Pour le co-porte-parole de QS, le député Gabriel Nadeau-Dubois, l’idée d’un passeport vaccinal soulève de nombreuses questions éthiques et de discrimination qu’il ne faut pas prendre à la légère.

«Je suis surpris de la légèreté avec laquelle le ministre de la Santé s’est avancé sur ce dossier-là. C’est une question hautement sensible.»

Risques de dérapages

M. Nadeau-Dubois craint qu’un propriétaire n’exige une preuve de vaccination pour louer un logement. Est-ce qu’un employeur pourrait l’exiger lors du processus d’embauche?

Trouverait-on acceptable qu’un lieu culturel public, qu’un cégep ou un restaurant exige de voir un passeport vaccinal pour donner accès à ses installations, s’interroge par ailleurs le député.

«Je ne pose pas ces questions pour faire peur, a-t-il déclaré. Je les pose parce que ce sont les questions que tout le monde se pose à travers le monde en ce moment.»


« Je ne pose pas ces questions pour faire peur. Je les pose parce que ce sont les questions que tout le monde se pose à travers le monde en ce moment »
Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS


«Le Québec ne peut pas faire l’économie de ce débat-là», a-t-il ajouté.

Vendredi, QS a fait parvenir une lettre au président de la Commission de la santé et des services sociaux afin que les députés statuent sur la pertinence de tenir une commission parlementaire.

Selon M. Nadeau-Dubois, les questions éthiques, légales et scientifiques liées à un projet de passeport vaccinal sont trop importantes pour que le gouvernement du Québec prenne une décision unilatérale.

«Les travaux se poursuivent et nous serons transparents à chacune des étapes», a affirmé vendredi l’attachée de presse du ministre de la Santé, Marjaurie Côté-Boileau, dans une déclaration écrite.

Trudeau écoutera les experts

Questionné le mois dernier par l’agence Reuters sur la possibilité d’imposer ce type de passeport aux Canadiens, le premier ministre Justin Trudeau avait semblé écarter l’idée.

«Je crains que cela puisse avoir des effets indésirables», avait-il indiqué, disant redouter les conséquences discriminatoires pour ceux qui, comme les femmes enceintes, ne seraient pas vaccinés.

Vendredi, il a paru légèrement plus ouvert à l’idée («Il y a des pours et des contres»), tout en affirmant qu’il continuera de se fier aux experts dont les recommandations «évoluent» constamment.