L’Expo de Brome qui devait avoir lieu en septembre est annulée, comme c’est le cas de toutes les expositions agricoles du Québec.
L’Expo de Brome qui devait avoir lieu en septembre est annulée, comme c’est le cas de toutes les expositions agricoles du Québec.

Pas d’expositions agricoles en 2020

Les expositions agricoles de Bedford et de Brome, qui devaient avoir lieu respectivement en août et en septembre, n’auront pas lieu cette année. Il s’agit d’une première dans l’histoire de l’Expo de Bedford, la plus vieille au Québec du haut de ses 197 ans.

L’Expo de Brome n’avait de son côté jamais été annulée depuis la Deuxième Guerre mondiale. Chaque année, ce sont plus de 40 000 personnes qui convergent vers le petit village de Brome, dont les 293 âmes vibrent chaque année au rythme de cet événement d’envergure depuis 164 ans.

Chaque septembre, les terrains se remplissent de véhicules récréatifs et des voitures des visiteurs d’un jour. Les propriétaires font des pieds et des mains pour attirer les gens pour se stationner chez eux, en échange de quelques dollars. Les retombées économiques de l’Expo de Brome n’ont jamais été chiffrées, mais elles sont considérables.

«Ça a un gros impact. C’est la même chose avec l’Expo de Bedford», juge Lee Patterson, directeur des partenariats et des relations avec les membres de l’Association des expositions agricoles du Québec, qui a annoncé la pause générale de toutes les expositions.

Le budget d’opération de l’Expo de Brome dépasse le million de dollars annuellement, informe M. Patterson, aussi bénévole depuis plusieurs années pour l’événement.

Même si l’Expo de Brome se tient en septembre et que le premier ministre Legault a demandé l’annulation de tous les événements culturels et de sport amateur d’ici au 31 août, c’est au printemps que les premiers contrats et investissements sont faits.

Si l’interdiction de rassemblement et la distanciation sociale de deux mètres devaient se prolonger au-delà du 31 août, l’argent investi serait perdu pour l’organisation à but non lucratif. «On est à la limite où on doit faire des engagements financiers, comme pour les artistes et la location des manèges. Avec la directive gouvernementale, on peut s’enligner sur les décisions à prendre», note M. Patterson.

Innover dans l’adversité

L’annulation des expositions agricoles touche beaucoup de gens, dont les agriculteurs et les commerçants.

Une réflexion s’est entamée dans le milieu pour déterminer s’il y a une possibilité de faire des jugements d’animaux de façon virtuelle ou autres activités afin de garder un certain intérêt de la part de la population. C’est notamment le cas de l’Expo de Bedford.

«L’administration travaille en ce moment sur la possibilité de maintenir certaines activités et exhibitions en ligne, principalement les jugements d’animaux, d’artisanat et d’horticulture, indique Mallory Gage-Guthrie, directrice générale de la Société d’agriculture de Missisquoi, qui organise l’événement. Nous travaillons présentement à trouver des façons de travailler avec nos artisans et exposants tout en respectant les lignes directives de la santé publique.»

Alors que les Québécois cherchent à adopter une autonomie alimentaire et à consommer local, les agriculteurs auront un plus grand rôle à jouer, croit M. Patterson.

«Le lien entre les agriculteurs et les consommateurs sera encore plus important. On regarde déjà l’après-pandémie pour voir comment on peut évoluer comme événement, comment on pourrait travailler dans le futur pour être en lien, de façon innovante, avec les gens.»

Vingt-huit sociétés sans but lucratif sont touchées par cette décision. Les membres de l’association accueillent plus de 600 000 visiteurs chaque année et affichent des revenus de plus de huit millions de dollars.