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La transmission communautaire de la COVID-19 est toujours bien présente en Outaouais.
La transmission communautaire de la COVID-19 est toujours bien présente en Outaouais.

Pas d’allègements sans baisse des hospitalisations en Outaouais [VIDÉOS]

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
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Avec un taux de positivité aux tests de dépistage de la COVID-19 «très élevé» et près de 80 éclosions actives, «la troisième vague n’est pas maîtrisée encore» en Outaouais, où Québec enverra une vingtaine de ressources en provenance d’autres régions. Une attention particulière sera aussi apportée aux hospitalisations causées par le virus, puisqu’il s’agit d’un «élément essentiel» pour envisager des allègements comme la réouverture des écoles primaires.

Malgré «une certaine tendance à la baisse» dans le nombre de nouveaux cas de COVID-19 rapportés ces derniers jours en Outaouais, «la transmission communautaire est toujours bien présente» et la situation «demeure critique» aux yeux de la directrice régionale de la santé publique, la Dre Brigitte Pinard.

Cette dernière a indiqué en point de presse, mercredi après-midi, qu’il y a 79 éclosions actives dans la région : 39 en milieu de travail, 26 en milieu de soins ou d’hébergement, huit en services de garde, quatre en milieu communautaire et deux en milieu scolaire.

Pendant ce temps, la pression sur le réseau hospitalier de l’Outaouais se fait de plus en plus forte. La présidente-directrice générale adjointe du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), France Dumont, a fait savoir que 62 patients étaient soignés au sein des unités COVID-19 de la région mercredi après-midi, dont sept aux soins intensifs. Les données ministérielles compilées la veille faisaient état de 56 hospitalisations causées par le virus dans la région.

«C’est un bilan encore très lourd auquel on fait face actuellement, a reconnu Mme Dumont. [Il y a] des admissions et des départs constants tous les jours, donc c’est une situation passablement critique dans nos hôpitaux.»

L'Hôpital de Hull doit par ailleurs composer avec un fort taux d'achalandage à l'urgence. Mercredi à 14h, on y comptait 35 patients sur civière pour une capacité normale de 25, ce qui représente un taux d'occupation de 140%.

Mesures d’urgence
Interrogée à savoir quelles sont les chances que des allègements aux consignes sanitaires soient consentis en Outaouais après le 9 mai, la Dre Pinard a souligné que la plus récente tendance à la baisse représente «un début» seulement. Plusieurs indicateurs seront pris en considération pour déterminer à quel moment les consignes sanitaires pourront être réduites dans la région, entre autres le nombre de nouveaux cas, la quantité d’éclosions, le taux de positivité aux tests de dépistage et surtout les hospitalisations.

La directrice régionale de la santé publique, la Dre Brigitte Pinard.

«La situation est encore critique en particulier au niveau des nouvelles hospitalisations, a-t-elle mentionné. […] Ce qu’on espère voir bien sûr dans la prochaine semaine, c’est une diminution des nouvelles hospitalisations, […] c’est un élément essentiel pour pouvoir procéder à un allègement.»

La Dre Pinard croit que lorsque la situation épidémiologique le permettra, il est «probable» que la réouverture des écoles primaires de l’Outaouais soit le premier allègement aux mesures actuelles, comme ce fut annoncé mardi pour la Capitale-Nationale et une partie de Chaudière-Appalaches.

Du renfort
France Dumont a fait savoir que le CISSSO a pu obtenir de l’aide en provenance d’ailleurs au Québec pour l’aider à affronter la crise actuelle. Une vingtaine de personnes – «avec environ 50% d’infirmières – seront ainsi mobilisées pour soutenir le CISSSO, notamment dans le cadre de la campagne de vaccination contre la COVID-19.

«Des démarches» se poursuivent pour obtenir davantage de renfort, a souligné Mme Dumont, qui admet que l’aide actuellement confirmée ne permet pas de répondre à tous les besoins. «Notre objectif, là, est de faire le mieux avec ce qu’on a présentement et c’est ce qu’on fait», a-t-elle mentionné.

Dépistage

Pendant que le taux de positivité des prélèvements effectués pour le dépistage demeure «très élevé» dans la région, les autorités s'inquiètent aussi de la baisse du nombre de personnes qui passent le test. «Le taux de dépistage […] a baissé depuis deux semaines, ce qui soulève des préoccupations quant à la capacité d'avoir un portrait précis de la situation dans la région», a mentionné la Dre Pinard.

Cette situation peut s'expliquer par différents facteurs, a-t-elle précisé en donnant l'exemple de la fermeture des écoles depuis le début avril. Les autorités insistent toutefois sur l'importance de passer un test de dépistage dès la présence de symptômes – même s'ils sont légers – ou à la suite d'un contact avec un cas confirmé.

Vaccination

En parallèle de toute cette gestion de crise, la vaccination contre la COVID-19 continue de progresser en Outaouais. Plus de 133 000 doses ont été administrées dans la région jusqu'à présent, ce qui signifie qu'environ le tiers de la population a reçu une injection.

La directrice de la campagne régionale, Nency Héroux, a indiqué mercredi que la couverture vaccination atteint maintenant 92% chez les 70 ans et plus, tandis qu'elle se situe à 83% chez les 60-69 ans, à 51% chez les 55-59 ans et à 33% chez les 45-54 ans.

À LIRE AUSSI: Les détails de la campagne de vaccination pour tous dévoilés jeudi

Le CISSSO prévoit avoir terminé vendredi l'administration des deuxièmes doses dans les CHSLD de la région. Les autres milieux comme les résidences privées pour aînés suivront.

Les personnes en situation d'itinérance pourront de leur côté commencer à être vaccinées ce vendredi, a fait savoir Mme Héroux, tandis que la vaccination au centre de détention de Hull doit avoir lieu «dans les prochains jours».

Les réserves du vaccin AstraZeneca ayant diminué, le CISSSO cessera dès jeudi l'offre de plages horaires sans rendez-vous. Il reste toutefois une quantité suffisante de doses pour les rendez-vous ayant déjà été réservés. La formule sans rendez-vous pourrait reprendre lorsque de nouvelles doses seront reçues.

Médecin-conseil en santé publique, la Dre Carol McConnery a de son côté fait savoir que quelques personnes ont subi un choc vagal dernièrement au site de vaccination du Palais des congrès. Elle a précisé qu'il ne s'agit pas de réaction au vaccin comme tel, mais plutôt à l'injection, tout en invitant les gens qui craignent une telle réaction à aviser le personnel avant de recevoir leur dose.

Mme Héroux a par ailleurs indiqué que les gens n'ayant pas reçu de preuve de leur vaccination et qui souhaitent en obtenir une avant de recevoir leur deuxième dose peuvent faire une demande au service des archives dont l'adresse courriel est disponible sur le site Internet du CISSSO.