Le copropriétaire de la cantine Ô p’tit creux, Patrick Viens, prête sa bannière à son ami Mario Sirois, de la Brasserie de la rivière. Celui-ci exploitera une cantine éphémère à Cowansville pour pallier les pertes de revenus que son resto-bar traiteur a enregistré dans le cadre de la pandémie.
Le copropriétaire de la cantine Ô p’tit creux, Patrick Viens, prête sa bannière à son ami Mario Sirois, de la Brasserie de la rivière. Celui-ci exploitera une cantine éphémère à Cowansville pour pallier les pertes de revenus que son resto-bar traiteur a enregistré dans le cadre de la pandémie.

Ô p’tit creux «prête» sa bannière durant la pandémie

La pandémie incite des restaurateurs à s’entraider. Le copropriétaire des cantines Ô p’tit creux a décidé de «prêter», sans rien attendre en retour, sa bannière et ses recettes à son ami Mario Sirois, de la Brasserie de la rivière à Cowansville.

Résultat: l’équipe de la brasserie opérera à son compte, de façon temporaire, une cantine Ô p’tit creux à Cowansville à partir de vendredi.

Celle-ci est déjà installée rue du Sud, dans le stationnement de l’ancien Loblaw, transformé en locaux industriels et commerciaux, dans une roulotte que Mario Sirois utilisait à l’occasion pour différents événements où il assurait un service de traiteur.

«Le P’tit creux fonctionne bien pour nous à Saint-Césaire et à Granby. Si ça peut avoir le même succès à Cowansville, ça va donner une chance à Mario de passer au travers», calcule Patrick Viens, heureux de donner un coup de main à celui qui est aussi son partenaire de golf.

Mario Sirois n’a pas hésité longtemps avant d’accepter l’offre de son ami. Les temps sont durs pour son entreprise, dont pratiquement la moitié des revenus proviennent de ses activités de traiteur. Or, la COVID-19 a entraîné l’annulation d’importants contrats prévus au cours des prochains mois dont la valeur totale avoisine 400 000 $, déplore-t-il.

Fermé depuis la mi-mars, son resto-bar a néanmoins repris du service depuis deux semaines et offre un service à l’auto. «C’est correct pour garder la tête hors de l’eau», glisse-t-il.

Moral bas

L’opération de la cantine Ô p’tit creux permettra à Mario Sirois de rappeler une quinzaine d’employés qu’il a dû mettre à pied temporairement. «J’avais le moral à terre. Beaucoup. Mais il commence à remonter», affirme-t-il dans un sourire.

Celui-ci est à la barre de la Brasserie de la rivière depuis 24 ans. Son service de traiteur existe depuis 10 ans. La pandémie est assurément l’épreuve la plus difficile qu’il a eue à affronter.

«J’essayais, comme tous les restaurateurs, de trouver LA solution pour se réinventer. Jusqu’à ce que j’ai le coup de fil de mon chum Patrick. Je l’apprécie énormément. Ça me donne un grand coup de main», lance-t-il.

Pour l’heure, il est prévu que la cantine soit en opération du 15 mai au 15 octobre, sept jours sur sept.

«Pas trop maganés» par la COVID-19

Dans l’esprit des deux restaurateurs, la présence d’Ô p’tit creux à Cowansville est temporaire et s’inscrit dans le cadre d’une situation exceptionnelle.

Patrick Viens affirme par ailleurs que la bannière est vouée à prendre de l’expansion. Mais davantage du côté de Saint-Hyacinthe, où l’ouverture d’une succursale est prévue en 2021, et, par la suite, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

La crise sanitaire a été difficile pour la cantine Ô p’tit creux durant les deux premières semaines. Mais le service de livraison et de «take-out» lui a permis de poursuivre ses opérations et de maintenir le travail des employés.

«On ne sort pas trop maganés de la COVID», laisse tomber Patrick Viens. Mais il est conscient que la réalité est toute autre pour d’autres restaurateurs. D’où son désir d’aider, dans la mesure du possible.

Patrick Viens et Mario Sirois s’interrogent toutefois sur le moment où les restaurants pourront rouvrir leur salle à manger et à quelles conditions. «Il n’y a rien de pire que de ne pas savoir. Ça gruge le moral», dit M. Sirois.