Le Canadien Lance Stroll parcourt à pied le Circuit de Silverstone en compagnie d’un membre de l’écurie Racing Point, le 30 juillet.
Le Canadien Lance Stroll parcourt à pied le Circuit de Silverstone en compagnie d’un membre de l’écurie Racing Point, le 30 juillet.

Nouveau rendez-vous pour la F1 à Silverstone, sans les partisans

SILVERSTONE — La Formule 1 a rendez-vous ce weekend à Silverstone (Grande-Bretagne) pour le 4e Grand Prix de la saison mais les célèbres amateurs qui se pressent d'habitude sur le circuit seront absents cette année pour cause de coronavirus.

Toujours enthousiastes, surtout quand un pilote britannique gagne, nombreux et hauts en couleurs, ils seront absents, tout comme lors des trois précédentes courses en Autriche et en Hongrie.

L'enfant du pays Lewis Hamilton est pourtant en bonne passe d'ajouter une 7e victoire à domicile. Il est déjà le plus titré de l'histoire de ce Grand Prix devant son compatriote Jim Clark et le Français Alain Prost avec 5 chacun.

«J'aimerais bien voir des partisans. Cela fera bizarre de ne voir personne dans les tribunes, (...) de ne voir aucun drapeau. Cela va être un weekend un peu solitaire sans leur énergie», a confié le pilote britannique jeudi.

Vainqueur des deux dernières courses, le sextuple champion du monde compte 5 points d'avance sur son coéquipier chez Mercedes, le Finlandais Valtteri Bottas et semble en bonne route pour la conquête d'un 7e titre mondial qui en ferait l'égal de Michael Schumacher.

Mais Toto Wolff, le responsable de l'équipe Mercedes, reste prudent: «Nous ne sommes qu'une des deux équipes dont les deux voitures ont terminé toutes les courses cette année mais nous savons combien un abandon peut coûter beaucoup de points», souligne-t-il.

Les déboires de Ferrari

Il peut quand même voir venir. La menace la plus immédiate est Max Verstappen (Red Bull) à 30 points d'Hamilton et les Ferrari sont très loin, avec 18 points seulement pour Charles Leclerc et 9 pour Sebastian Vettel.

Les déboires de la Scuderia risquent aussi de l'empêcher de venir menacer les Mercedes de sitôt. La voiture alignée cette année «n'est pas compétitive» a reconnu John Elkann, président du groupe Fiat Chrysler, qui détient la marque au cheval cabré. Selon lui c'est «notamment à cause d'une série d'erreurs de conception de la voiture» touchant tant à l'aérodynamique qu'au moteur.

Le groupe propulseur Ferrari a notamment perdu un bon paquet de chevaux après avoir dû se mettre dans les règles aux termes d'un accord conclu avec la Fédération internationale de l'automobile (FIA) et dont les détails sont gardés secrets.

«Il faut être honnête dans les moments difficiles et ce n'est pas facile, il va falloir beaucoup travailler pour revenir là où nous voulons être mais nous n'y sommes pas pour le moment», a concédé Charles Leclerc jeudi.

Ce n'est pas le seul problème pour l'écurie italienne. Le départ annoncé de Sebastian Vettel, qui sera remplacé par Carlos Sainz l'an prochain, plombe quelque peu l'ambiance. D'autant plus que l'Allemand s'est fait éperonner sans façon par son coéquipier Charles Leclerc lors de la deuxième course en Autriche, contraignant les deux monoplaces à l'abandon.

Les rumeurs vont bon train sur la prochaine signature de Sebastian Vettel, quatre fois champion du monde lorsqu'il était chez Red Bull, chez Racing Point qui s'appellera l'an prochain Aston Martin.

Où va Vettel ?

«Je n'ai rien à dire pour le moment. Je vous le dirais si je le savais mais ce n'est pas le cas. Cela pourrait prendre encore deux semaines, peut-être plus... je ne suis pas pressé», a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse jeudi.

Car les Racing Point ont le vent en poupe en ce moment après d'excellentes qualifications et un bon résultat en Hongrie.

Propulsées par un moteur Mercedes, elles s'inspirent beaucoup de la monoplace qui a conduit Lewis Hamilton au titre mondial l'an dernier. Un peu trop selon leur rivale Renault qui accuse l'écurie possédée par le milliardaire canadien Lawrence Stroll, le père de Lance, d'avoir purement et simplement copié certaines pièces. La plainte déposée par l'écurie française est toujours «à l'instruction» auprès de la FIA.

Chez Red Bull, Max Verstappen est actuellement 3e au championnat mais sa monoplace est loin des Mercedes.

«Évidemment, il peut pleuvoir à Silverstone, même si c'est l'été en Angleterre», souligne-t-il ironiquement. «J'aime ces conditions et la pluie pourrait redistribuer les cartes», espère-t-il. Seul problème, la pluie n'est pas attendue avant... lundi.

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SERGIO PÉREZ POSITIF À LA COVID-19 

Le pilote mexicain de Formule 1 Sergio Pérez a été testé positif à la COVID-19 et est forfait pour le Grand Prix de Grande-Bretagne cette fin de semaine, ont annoncé jeudi les organisateurs ainsi que son équipe, Racing Point.

Le pilote mexicain de Formule 1 Sergio Pérez ne prendra pas part au Grand-Prix de Grande-Bretagne.

«Sergio est physiquement bien et de bonne humeur, mais il devra rester confiné selon les directives des autorités de santé publique compétentes, la sécurité étant la priorité pour l'équipe et le sport», a indiqué l'équipe britannique.

Le Mexicain est le premier pilote de F1 à être testé positif à la COVID-19 depuis le début de cette saison totalement chamboulée, le 5 juillet en Autriche.

Il avait déjà été placé à l'isolement après un premier test «non concluant» à la veille des premiers essais libres du 4e Grand Prix de la saison sur le circuit de Silvestone.

Selon son équipe, Pérez n'est pas retourné dans son pays depuis le Grand Prix de Hongrie il y a dix jours.

Son équipier canadien Lance Stroll était le seul pilote de l'équipe Racing Point présent à la conférence de presse de jeudi.

Depuis l'instauration des tests de dépistage fin juin, seulement deux cas se sont révélés positifs et concernaient des employés du circuit de Hongrie.

Le directeur général de Formula One, Chase Carey, avait déclaré avant le premier Grand Prix qu'aucune course ne serait annulée en cas de découverte d'un cas positif.

Le protocole anti-coronavirus instauré par Formula One, l'organisateur du championnat, prévoit que tout le personnel de la F1 soit testé avant chaque Grand Prix et tous les cinq jours. À ce jour, plus de 15 000 tests ont été pratiqués.

Âgé de 30 ans, Sergi Pérez devrait être remplacé par son coéquipier et compatriote Esteban Gutierrez ou par le Belge Stoffel Vandoorne pour la course de dimanche.

Après les trois premières courses (Autriche, Styrie et Hongrie), disputées à huis clos, Pérez occupe la sixième place au classement des pilotes. AFP