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La réouverture des écoles de l'Outaouais a été repoussée au moins jusqu’au 9 mai.
La réouverture des écoles de l'Outaouais a été repoussée au moins jusqu’au 9 mai.

Mesures prolongées: lassitude et résignation en Outaouais

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
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Après plus de 400 jours de crise sanitaire et alors que les mesures spéciales d’urgence se prolongeront au minimum pour une cinquième semaine en Outaouais, un sentiment à la fois de lassitude, de résilience et d’optimisme semble se dégager au sein de la population.

Les gens rencontrés aux abords d’un supermarché de Gatineau mardi à la suite de l’annonce du premier ministre François Legault n’étaient d’un côté guère surpris de ces nouvelles, mais affirment pour la plupart qu’un semblant de vie normale devra reprendre tôt ou tard dans la région.

Les mesures en vigueur depuis le 1er avril à Gatineau et dans la MRC des Collines, qui ont deux semaines plus tard été étendues au reste du territoire de l’Outaouais, forcent la fermeture de toutes les écoles, de tous les commerces non essentiels et des restaurants, notamment. La réouverture est repoussée au moins jusqu’au 9 mai. Le couvre-feu est quant à lui maintenu à 20h.

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«Je regarde mon fils et ma bru et je sais que pour eux c’est difficile de jongler entre les enfants à la maison et le télétravail. [...] Ce n’est pas évident, ça commence vraiment à être déprimant. On commence à se sentir comme dans une guerre, c’est puissant. Je comprends absolument la décision, ils n’ont pas le choix, mais parfois on se demande si on ne paie pas pour les gens qui ne font pas attention. Certains font des dépressions aussi. C’est difficile, car on ne peut rien faire. En même temps, on ne veut pas tomber malade ou rendre les autres malades», s’exclame Carole Berichon.

Selon Danielle Marois, chacun doit faire son petit bout de chemin encore quelque temps pour que la situation s’améliore dans la région.

«C’est sûr que nous sommes tous tannés. Mais il faut faire l’effort qu’il faut, on n’a pas le choix. La pandémie, ce n’est pas de la faute du gouvernement, c’est mondial. Il faut essayer de lâcher prise un peu, tout en suivant les consignes. Il faut trouver ce qu’on a à l’intérieur de nous pour se ressourcer, tout le monde a de petits trésors à l’intérieur», a lancé Danielle Marois.

Mère monoparentale temporairement en pause du travail en raison de la fermeture des commerces non essentiels, Céline Rochon ne cache pas sa déception qu’aucun allègement des mesures n’ait été annoncé.

«L’argent n’entre pas et avec les enfants à la maison, c’est un peu drainant, mais c’est un sacrifice qu’on fait. Je ne comprends pas nécessairement la décision, mais j’essaie de voir le bon côté des choses. Avec l’école, ça se passe très bien, on dirait qu’elles apprennent plus, qu’elles sont plus concentrées. On passe du temps de qualité ensemble», avoue-t-elle.

Sa fille Elena, qui est à la maternelle, n’a pu s’empêcher de dire qu’elle s’ennuie de ses amis et qu’elle a hâte de les revoir en chair et en os.

Quant à Shirley St-Louis, grand-maman de trois petits-enfants et dont la famille est très unie, elle affirme que la patience commence à s’effriter mais continue de suivre les règles.

«Je suis bien tannée, même écoeurée. Ça fait déjà un an. Mon mari a pris sa retraite et on ne peut rien faire. Aller à l’épicerie et la pharmacie, c’est tout ce qu’on fait. On s’ennuie de tout le monde, mais que voulez-vous, on n’a pas le choix. Un jour, ça va arrêter. J’ai juste hâte qu’on n’en entende plus parler. Il n’y a rien qu’on puisse faire, à part de chialer», a-t-elle lancé en riant.

De son côté, Roxanne Beausoleil-Bélisle semblait résignée face à ce nouveau chapitre de la crise.

«C’est certain que j’ai hâte que tout le monde ait eu son vaccin et qu’on passe à autre chose. Ça se passe bien avec le travail et la garderie (pour les enfants), mais c’est juste plate de ne pas voir personne, de ne pas sortir. Pour le reste, ça ne change rien pour moi», soutient-elle.

Une autre dame rencontrée à la sortie du commerce, qui préférait qu’on taise son nom, croit que le gouvernement aurait pu trouver un compromis et rouvrir les écoles primaires en Outaouais, comme ce sera le cas à Québec et à Lévis.

«C’est triste pour les enfants. Je suis d’accord que les magasins demeurent fermés, mais pour les écoles, je pense qu’on aurait pu trouver un compromis», explique-t-elle.

Depuis la fermeture des écoles le 1er avril, environ 600 cas confirmés de COVID-19 ont été recensés en milieu scolaire dans la région, soit quasi autant que pour la période de septembre à mars.