L’éclosion en cours au CHSLD Lionel-Émond a jusqu’à présent causé la mort de dix résidents et d’un préposé aux bénéficiaires.
L’éclosion en cours au CHSLD Lionel-Émond a jusqu’à présent causé la mort de dix résidents et d’un préposé aux bénéficiaires.

Masques N95: un syndicat du CISSSO dépose une plainte à la CNESST

Le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) a déposé une plainte auprès de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) dans l’espoir d’obtenir des masques N95 pour ses membres travaillant dans un centre d’hébergement aux prises avec une éclosion de COVID-19.

Le SPSO a récemment indiqué sur sa page Facebook qu’il avait «fait de nombreuses interventions» auprès de la haute direction du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) «pour l’inciter fortement à donner des masques N95» dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Une plainte a d’ailleurs été déposée à la CNESST, la semaine dernière, pour le cas du CHSLD Lionel-Émond, situé dans le secteur Hull. Une éclosion y est en cours et a jusqu’à présent causé la mort de dix résidents et d’un préposé aux bénéficiaires.

Le SPSO soutient entre autres que «les masques N95 ne sont pas fournis» dans ce CHSLD, tout en affirmant qu’un risque d’interventions générant des aérosols y est présent et que la ventilation ne «semble pas adéquate».

Le syndicat affirme aussi que ses membres «doivent se promener dans les différentes zones» pendant un même quart de travail, et que les tests d’étanchéité pour les masques n’ont pas été réalisés. La ministre de la Santé, Danielle McCann, avait indiqué récemment qu’il est «proscrit d’avoir un employé qui passe d’une zone chaude vers une zone froide» au cours d’une même journée de travail.

Le président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais, Patrick Guay

Le président du SPSO, Patrick Guay, a indiqué en entrevue que selon les directives de l’Institut national de santé publique du Québec, le masque chirurgical est adéquat pour les travailleurs en zone rouge lorsqu’il n’y a pas d’aérosols. M. Guay estime toutefois que les masques N95 devraient être disponibles pour permettre aux employés d’être prêts à réagir à toute éventualité, par exemple pour des procédures de réanimation pouvant générer des aérosols.

«Les directives de l’INSPQ, c’est la base, affirme M. Guay. Mais peut-on faire plus que la base? Il y a une crainte d’aller travailler [chez nos membres].»

Le CISSSO n’a pas voulu commenter la plainte du SPSO, mardi, «étant donné que le dossier est en cours à la CNESST».