Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Jean-Nicolas Poirier, père d’une élève de l’école Val-Mauricie.
Jean-Nicolas Poirier, père d’une élève de l’école Val-Mauricie.

Masques au graphène dans les écoles: un père demande un recours collectif

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Article réservé aux abonnés
Jean-Nicolas Poirier a lancé il y a deux semaines, au nom de son enfant mineur, une demande de recours collectif contre l’entreprise Métallifer de Lévis pour avoir distribué des masques de procédure contenant des nanoparticules de graphène, un produit réputé potentiellement toxique. Ces masques, indique le libellé de 21 pages du recours, ont été distribués dans les écoles, les milieux de garde et les services de santé du Québec.

La firme d’avocats spécialisés en recours collectifs Consumer Law Group (Groupe de droit des consommateurs) a déposé la demande d’autorisation de lancer ce recours collectif devant la Cour supérieure, district de Montréal, le 6 avril dernier.

La démarche du citoyen de Notre-Dame-du-Mont-Carmel a débuté le 18 janvier dernier lorsqu’il est devenu obligatoire pour tous les élèves du secondaire au Québec de porter un masque de procédure. Les masques en question étaient fournis par le gouvernement du Québec et distribués aux enfants et au personnel par les écoles.

Selon le recours collectif, le fils de 13 ans de M. Poirier s’est mis à ressentir, après quelque temps d’utilisation de ces masques, divers symptômes comme la gorge qui pique, la sensation étrange qu’il y avait de l’air dans sa gorge, un inconfort en respirant, une irritation de la peau aux endroits où le masque le touchait et une aggravation de son acné.

Le 28 mars, le Centre de services scolaire de l’Énergie écrivait aux parents pour leur signaler qu’il avait reçu une recommandation de Santé Canada de retirer préventivement les masques SNN200642 bleus avec intérieur gris. «Ces masques, qui représentent une très petite proportion de nos inventaires, ont été distribués en faible quantité au cours des derniers mois», peut-on lire dans la lettre.

Jean-Nicolas Poirier s’est alors mis à faire quelques recherches sur le web afin de comprendre ce qui se passait. Mauvaise surprise, il découvre que le graphène peut avoir des répercussions très graves sur la santé. C’est alors qu’il amorce sa démarche juridique avec Consumer Law Group.

Ayant perdu confiance au système scolaire, M. Poirier et sa conjointe ont décidé de faire l’école à la maison pour le reste de l’année scolaire. «Je ne suis pas un anti-masque», tient à préciser le Montcarmélois qui souhaite simplement protéger son enfant contre un produit possiblement dangereux.

La responsable des communications au CSS de l’Énergie, Amélie Germain-Bergeron, rappelle que les masques sont fournis aux écoles par le ministère de l’Éducation. «Dès que nous avons obtenu cet avis de Santé Canada, tous les masques visés par cet avis ont été retirés de nos inventaires et leur utilisation a immédiatement cessé», assure-t-elle.

On peut consulter les détails du recours collectif et s’y inscrire auprès du cabinet Consumer Law Group en cliquant ici.

M. Poirier ne demande pas d’argent en guise de compensation. Il estime qu’il faudra plutôt qu’un fonds soit créé afin d’assurer un suivi sur la santé de tous ceux et celles qui ont dû porter ces masques sur une longue période. Il s’inquiète beaucoup pour son fils. «Mon garçon est un athlète, un champion de motocross», dit-il, qui participe à des championnats canadiens et l’an prochain, il sera en compétition aux États-Unis. «On tient beaucoup à sa santé», dit-il.

Selon la poursuite, le gouvernement du Québec a distribué, depuis janvier 2021, pas moins de 116 millions de masques dans le réseau scolaire aux élèves et aux membres du personnel et de ce nombre, 4,6 millions étaient des masques SNN200642.

Le port obligatoire du masque a débuté le 13 juillet dernier pour les personnes de 12 ans et plus au Québec dans les transports publics en raison de la pandémie. Le 18 juillet, l’obligation s’est étendue aux endroits publics intérieurs. Le 8 octobre, tous les élèves de niveau secondaire ainsi que le personnel des écoles étaient dans l’obligation de porter le masque dans les zones rouges.

C’est à partir du 18 janvier dernier que tous les élèves du secondaire ont été obligés de porter le masque de procédure et les écoles avaient pour instruction de fournir deux masques à chacun de ces élèves à cet effet.

Le 8 mars, ce fut au tour des élèves de première à sixième années à avoir l’obligation de porter des masques pédiatriques, masques de procédure ou masques de procédure pédiatriques dans les autobus, en zone rouge, tandis que cette obligation ne touchait que les 5e et 6e années en zone orange.

Le 25 mars dernier, Santé Canada a fait parvenir un message aux ministères de la Santé du Canada et des provinces afin de les prévenir qu’une étude avait été menée concernant les masques au graphène afin d’évaluer les risques de leur utilisation. Il s’agissait de possibles dommages aux poumons associés à l’inhalation des particules microscopiques de graphène.

Santé Canada précisait qu’il n’avait pas reçu de données permettant de confirmer la sécurité et l’efficacité des masques au graphène et que par conséquent, il les considérait comme un risque pour la santé.

Santé Canada a alors tenté de freiner les risques en contactant les distributeurs connus et les manufacturiers afin de les aviser que ces masques avaient été fabriqués en violation de la loi. Le ministère a demandé qu’on cesse immédiatement la vente de ces produits qui ont ensuite fait l’objet d’un rappel. Le public a également été informé des risques potentiels associés à l’utilisation de ces masques.

Les 26 mars dernier, le gouvernement du Québec a avisé les centres de services scolaires, les commissions scolaires, les services de garde et les travailleurs de la santé du danger potentiel de ces masques. Il a également demandé de cesser de les distribuer puis de les conserver dans un endroit sécuritaire.

Les défendeurs dans cette affaire, Métallifer Aluminium inc. et Métallifer (2009) ltée, de Lévis, qui se présente, sur son site web, comme «votre partenaire industriel entre le Canada et la Chine» a déjà déclaré qu’il avait cessé de vendre un autre type de masque répondant au numéro de série #SMDP20605.

Selon la partie demanderesse, les masques au graphène sont présentés faussement comme étant sécuritaires malgré de nombreuses preuves du contraire. Métallifer a publié un communiqué de presse, le 27 mars, à l’effet qu’il mettait fin à la vente et à la distribution des masques au graphène à la suite de l’avis émis par Santé Canada.

Selon M. Poirier, une fois cette étape franchie, il n’est pas exclu qu’une demande de recours collectif soit également placée contre les ministères du gouvernement du Québec qui ont laissé ces masques s’infiltrer parmi ceux qui ont été distribués.

Toujours selon le libellé du recours collectif, en 2016, une étude a démontré que l’inhalation à hautes doses de graphène chez les souris causait le noircissement des poumons et un accroissement des globules blancs, ce qui démontrait une réaction immunitaire. Après 28 jours d’exposition, les souris ont commencé à présenter une inflammation des poumons.

Le produit induirait, selon les observations, de l’inflammation pulmonaire, des caillots sanguins et une réaction immunitaire des poumons.

Selon le recours collectif, les connaissances actuelles indiquent que lorsque le graphène est respiré, il se précipite vers la partie inférieure des poumons (la région alvéolaire) et peut mener à une réaction immunitaire.