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L'Outaouais en zone rouge: une décision «prudente»
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L’Outaouais en zone rouge: une décision «prudente» [VIDÉOS]

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L’Outaouais en zone rouge: une décision «prudente» [VIDÉOS]

Justine Mercier
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Le Droit
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Alors que la pandémie a entraîné le report de près de 3000 chirurgies en Outaouais depuis le début novembre, les autorités de santé publique assurent avoir pris une décision «prudente» en laissant la région en zone rouge.

Malgré les nombreuses critiques et interrogations ayant été soulevées par le maintien de l’Outaouais en zone rouge, les autorités régionales affirment que les différents critères devant être considérés ne permettent pas, à l’heure actuelle, une bascule vers le palier orange.

La présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Josée Filion, a affirmé mercredi que la décision était «difficile», mais qu’elle est «la bonne» dans le contexte actuel.

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«Elle est surtout prudente et étapiste en vue de protéger […] nos personnes âgées et soutenir notre réseau, a mentionné Mme Filion lors d’un point de presse virtuel. […] On ne peut surtout pas relâcher l’ensemble des mesures trop rapidement, parce qu’on pourrait être à risque de perdre le contrôle.»

La directrice régionale de la santé publique, la Dre Brigitte Pinard, abonde dans le même sens et rappelle que le respect des consignes sanitaires demeure primordial malgré les assouplissements qui entreront en vigueur la semaine prochaine, entre autres avec la réouverture des commerces non essentiels.

«Il ne faut pas associer allègement des mesures à diminution du risque de transmission», a-t-elle insisté. […] Plus on va alléger rapidement, plus on a de chances, lorsqu’il y a une transmission communautaire en cours, de voir une augmentation rapide des cas.»

La Dre Pinard n’a pas pu donner, mercredi, de chiffres précis sur les cibles à atteindre pour permettre une bascule en zone orange, puisque «plusieurs» facteurs externes aux données quotidiennes doivent être considérés.

«On doit continuer, avant de pouvoir alléger davantage les mesures, à stabiliser la situation pour éviter des flambées et un retour trop rapide vers des mesures plus restrictives», a-t-elle plaidé.

L’exemple du Rona de Val-des-Monts
La Dre Pinard a cité l’exemple de l’éclosion qui a été déclarée la semaine dernière au Rona de Val-des-Monts pour montrer que la transmission communautaire est toujours présente dans la région. Douze employés de ce commerce ont été infectés, mais un total de 30 cas de COVID-19 ont été associés à cette éclosion.

Quatorze éclosions sont présentement actives en Outaouais – cinq dans des milieux de travail, six dans des milieux de soins ou d’hébergement et trois en milieu scolaire ou dans des services de garde.

La proximité avec l’Ontario fait aussi partie des éléments ayant été considérés dans la décision de garder l’Outaouais en zone rouge, a souligné la Dre Pinard, notamment «à cause du nombre de déplacements quotidiens» entre les deux rives.

Les autorités souhaitent aussi «retarder le plus possible l’introduction de nouveaux variants» en Outaouais, puisqu’ils peuvent générer «des flambées très rapides de cas».

Un réseau «fragile»
Josée Filion a aussi souligné que «le réseau demeure fragile». Les hospitalisations COVID ont doublé en 24 heures en Outaouais, passant de quatre, dans le bilan de mardi, à huit mercredi.

La PDG du CISSSO a fait savoir qu’environ 140 employés de l’organisation sont actuellement délestés, entre autres pour prêter main-forte dans les milieux en éclosion. À cela s’ajoute l’absence d’une soixantaine de travailleurs qui sont soit infectés par le virus, soit en isolement après avoir été en contact avec un cas confirmé.

Délestage
Conséquence directe de la pandémie, le délestage continue à se faire durement sentir dans le réseau de la santé de l’Outaouais. La directrice des soins infirmiers du CISSSO, Marie-Ève Cloutier, a indiqué mercredi qu’«un peu moins de 3000 chirurgies» ont dû être reportées depuis le mois de novembre. La liste d’attente régionale pour les chirurgies, qui comptait quelque 4500 noms avant le début de la crise sanitaire, en compte désormais 8000. En endoscopie, la liste s’est allongée de 1000 noms, a aussi mentionné Mme Cloutier.

Les blocs opératoires de l’Outaouais roulent présentement à 67% de leur capacité habituelle. Pour l’ensemble du CISSSO, environ 40% des activités sont délestées, mais l’organisation assure qu’une réévaluation est continuellement effectuée pour déterminer ce qui peut être repris.

Outaouais en zone rouge: Pedneaud-Jobin «frustré», mais comprend la décision

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Outaouais en zone rouge: Pedneaud-Jobin «frustré», mais comprend la décision

Jean-Simon Milette
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Le Droit
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Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, s’est dit frustré du fait que l’Outaouais demeure en zone rouge, mais préfère tout de même se rallier aux explications de la santé publique régionale.

L’annonce du gouvernement du Québec mardi concernant les mesures d’assouplissement dans les régions en zone orange a soulevé plusieurs interrogations en Outaouais, si bien que la santé publique de la région a dû justifier mercredi la décision de demeurer en rouge.

Bien qu’il s’est dise satisfait des explications fournies par les autorités de santé publique de l’Outaouais mercredi, le maire Pedneaud-Jobin ne cache pas sa frustration envers le sous-financement du réseau de santé en Outaouais depuis des années.

« On fait beaucoup de délestage, mais on veut reprendre les rendez-vous le plus rapidement possible pour des gens qui en ont besoin, notamment pour les chirurgies. Il reste aussi une certaine menace COVID qu’il ne faut pas prendre à la légère. Il y a des cas actifs et des éclosions dans des résidences pour personnes âgées. Il y a aussi le fait qu’il y a des variants très virulents qui pourraient entrer à Gatineau par l’Ontario », a expliqué le maire en mêlée de presse mercredi.

« Tous ces points-là me réconcilient avec leur décision, mais je tiens à réitérer nos frustrations. Si on n’avait pas été négligé dans le réseau de la santé depuis trente ans, on aurait des ressources humaines et un réseau capable de faire face au nombre de cas qu’on a et qui est déjà très limité. [...] On ne parle pas du fait qu’à Gatineau on est les meilleurs dans les grandes villes au Québec et de loin. C’est pour ça que les gens sont frustrés et la frustration, je la partage complètement. Sauf qu’à partir du moment où la santé publique nous dit qu’il y a encore un facteur de risque important, on exprime nos frustrations, mais on continue d’être disciplinés », ajoute-t-il.


« Même ces derniers mois on s’en est bien sorti en l’absence de barrages. »
Maxime Pedneaud-Jobin

M. Pedneaud-Jobin estime que le manque de communication entre le gouvernement et la population de l’Outaouais peut être un facteur qui explique cette frustration.

« Il faut communiquer plus, expliquer plus et expliquer souvent dans une situation de crise. Les gens peuvent ne pas être d’accord, mais je pense qu’il faut communiquer beaucoup plus pour qu’on comprenne [les décisions du gouvernement]. »

Le ministre responsable de l’Outaouais avait mentionné au Droit mercredi que la tendance à la baisse au niveau de la propagation de la COVID-19 pourrait faire basculer la région en zone orange d’ici deux semaines.

« J’ai de l’espoir parce que quand j’écoutais la directrice de la santé publique elle disait qu’on vient de vivre 7 à 10 jours de baisse. Si on avait deux semaines de plus, ça pourrait consolider le fait que ça va vraiment mieux en termes de contagion », détaille le maire gatinois.

Selon M. Pedneaud-Jobin, bien que la proximité avec l’Ontario représente un enjeu important, le gouvernement québécois n’a pas besoin d’imposer plus de restrictions pour limiter les déplacements interrégionaux avant d’assouplir les mesures en Outaouais.

« Depuis le début, on n’a pas vu de mouvement de masse d’un côté de la frontière à l’autre. Les gens ont été raisonnables. Le couvre-feu est, pour moi, un facteur qui joue un rôle important. Donc je ne sais pas si on a besoin de plus de mesures que ce qu’on avait, parce que même après avoir arrêté les barrages, notre taux d’infection est resté extrêmement bas. Même ces derniers mois on s’en est bien sorti en l’absence de barrages. »

L'Outaouais «tout près» de la zone orange selon Lacombe [VIDÉO]

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L'Outaouais «tout près» de la zone orange selon Lacombe [VIDÉO]

Justine Mercier
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L'Outaouais est «tout près» de pouvoir passer en zone orange, un changement qui «pourrait arriver dans les prochaines semaines» selon le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe.

En regardant la tendance dans le nombre de nouveaux cas de COVID-19 et dans le nombre de cas actifs, bien des citoyens de l'Outaouais avaient une seule question en tête, mardi, après avoir appris que la région demeurera en zone rouge au moins jusqu'au 22 février: pourquoi? Pourquoi ne pas avoir inclus l'Outaouais avec les six régions qui basculeront en zone orange dès lundi prochain?

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« En ce moment, la direction régionale de santé publique, elle nous dit qu'on n'a pas ce que ça prend pour passer au orange, mais qu'on est vraiment tout près, donc ça pourrait arriver dans les deux prochaines semaines. »
Mathieu Lacombe

Après avoir annoncé que les explications de la santé publique régionale arriveraient seulement jeudi, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) s'est ravisé et a convoqué les médias pour un point de presse mercredi après-midi.

Explication

Avant cette mise au point du CISSSO, c'est le ministre Mathieu Lacombe qui a tenté d'expliquer le maintien de l'Outaouais en zone rouge.

«Je comprends que ça peut avoir l'air simple comme calcul», a-t-il mentionné en entrevue. Certes, le nombre de cas actifs, le nombre de nouveaux cas et les éclosions sont considérés, note M. Lacombe. «Mais on regarde aussi la capacité de notre réseau de santé et on regarde l'emplacement géographique, dit-il. On est collés sur Ottawa, [il y a] 1,5 million de personnes au total dans notre grande région, donc on ne peut pas se comparer au Saguenay, ce n'est pas la même chose. On ne s'arrête pas juste aux colonnes de chiffres. Il faut aussi exercer un jugement et c'est ce que la santé publique a fait. En ce moment, la direction régionale de santé publique, elle nous dit qu'on n'a pas ce que ça prend pour passer au orange, mais qu'on est vraiment tout près, donc ça pourrait arriver dans les deux prochaines semaines.»

Données encourageantes

Le ministre Lacombe observe lui aussi des données encourageantes en Outaouais. Alors que la région frôlait les 500 cas actifs au début janvier, il n'y en a qu'une centaine, un mois plus tard. Une tendance à la baisse est aussi observée dans le nombre de nouveaux cas rapportés chaque jour.

«Ça va quand même bien, mais il faut que ça se poursuive dans le temps, il faut qu'on assure que c'est une tendance, plaide-t-il. […] La santé publique nous dit qu'on n'a pas ce que ça prend pour être orange, mais on approche. On approche du moment où on pourra faire des annonces plus agréables et plus populaires aussi. Je ne suis pas fou, je comprends bien que les gens, pour beaucoup, ne sont pas contents et se posent des questions.»

Le ministre responsable de l'Outaouais se dit conscient du tiraillement généré par les restrictions dans les différentes sphères de la société. Des gens d'affaires peinent par exemple à comprendre la décision de garder l'Outaouais en rouge, tandis que des professionnels de la santé disent craindre une troisième vague.


« Je comprends que parfois, c'est émotif pour les citoyens, mais moi, je pense qu'il faut absolument – absolument – se ranger derrière notre santé publique. »
Mathieu Lacombe

«Je comprends que parfois, c'est émotif pour les citoyens, mais moi, je pense qu'il faut absolument – absolument – se ranger derrière notre santé publique, qui n'a rien à gagner non plus à avoir des mesures restrictives, a mentionné M. Lacombe. […] Ce que la santé publique m'a dit, sans l'ombre d'un doute, c'est qu'il valait mieux être plus prudents et attendre, même si on est à la limite.»

La capacité du réseau

La fragilité du réseau de la santé de l'Outaouais, bien présente même avant la pandémie, est l'un des éléments ayant été pris en considération dans la plus récente décision des autorités. «C'est un des facteurs, c'est clair, souligne Mathieu Lacombe. En même temps, oui, c'est sûr qu'on a eu un retard accumulé important en Outaouais, mais il faut aussi que je vous dise que dans beaucoup de régions, ce facteur-là n'est pas reluisant.»