Le premier ministre Justin Trudeau
Le premier ministre Justin Trudeau

L’interdiction de voyage entre le Canada et les États-Unis prolongée jusqu’au 21 mai [VIDÉO]

OTTAWA — Le Canada et les États-Unis se sont entendus pour prolonger de 30 jours l’interdiction de voyage d’un côté à l’autre de la frontière, sauf pour les déplacements essentiels.

Le premier ministre Justin Trudeau en a fait l'annonce samedi, devant sa résidence.

«C'est une décision importante qui va protéger les gens des deux côtés de la frontière», a-t-il déclaré, en précisant que cette fermeture des frontières se poursuivra pendant «un bon nombre de semaines».

Cette annonce vient contredire le président des États-Unis, Donald Trump, qui a allégué cette semaine que la frontière canada-américaine pourrait être rouverte à la circulation dans un avenir rapproché.

L'interdiction en vigueur depuis près d'un mois devait prendre fin le 21 avril. Elle sera donc prolongée jusqu'au 21 mai. L'entente sera assortie des mêmes conditions que celle en vigueur, a précisé M. Trudeau.

Le Canada n'a donc pas bonifié l'entente ou obtenu des garanties pour éviter que l'humeur du président Trump dicte l'envoi des commandes d'équipement médical au nord de sa frontière.

Jean-Yves Duclos, vice-président du comité du cabinet sur la COVID-19, estime qu'il faudra continuer de faire preuve de vigilance avec les États-Unis.

«C'est une relation qui sera testée au cours des prochaines semaines. On sait bien que cette crise n'est pas sur le point de disparaître. Donc on va continuer de devoir être vigilants afin de s'assurer que cette relation, qui est bonne présentement, continue d'être bonne», a-t-il dit.

Par ailleurs, le Canada a continué de recevoir de l'équipement médical.

M. Trudeau a déclaré que deux avions remplis de masques N95 et des combinaisons sont arrivés vendredi et que le pays recevra de l'équipement médical additionnel au cours des prochains jours.

Il n'a pas précisé d'où viennent ces fournitures.

Aide aux entrepreneurs autochtones

M. Trudeau a annoncé un investissement de 306 millions $ pour venir en aide aux entreprises autochtones au pays.

Cette somme permettra d'octroyer des prêts sans intérêt à court terme et contributions non remboursables à ces entreprises. Le financement sera acheminé par l'entremise d'institutions financières autochtones.

«Les investissements annoncés aujourd'hui vont aider des milliers d'entreprises à tenir le coup jusqu'à ce que la situation s'améliore, y compris beaucoup d'entreprises dirigées par des femmes autochtones», a décrit M. Trudeau.

Il dit qu'il s'agit d'une «première étape» pour soutenir le secteur.

Armée dans les CHSLD

Les premières équipes de renfort des Forces armées canadiennes (FAC) ont commencé à évaluer les besoins médicaux des établissements de soins de longue durée du Québec.

Pour l'instant, ils en sont à vérifier l'état de cinq établissements dans le Grand Montréal dont les besoins sont les plus criants.

Le premier ministre du Québec, François Legault, avait précisé la veille que la situation dans les CHSLD était plus «difficile» dans les régions de l'Estrie et en Mauricie également.

Il n'est pas encore clair dans quels établissements ni à partir de quel moment les FAC commenceront à prêter main-forte au personnel médical.

Canadiens rapatriés

Samedi, des Canadiens sont rentrés au pays en provenance de l'Érythrée , Guyana et des Philippines.

Affaires mondiales Canada continue à surveiller la situation concernant 25 Canadiens non-infectés qui se trouvent à bord de trois navires de croisière : Costa Deliziosa, Pacific Princess et MSC Magnifica.

Le ministère surveille également 85 autres paquebots avec 299 membres d'équipage canadiens à bord, mais aucun passager canadien.

À ce jour, Ottawa a octroyé 1619 prêts d'urgence pour les Canadiens pris à l'étranger totalisant 5,4 millions $.

Publicités à venir

Le gouvernement fédéral lancera une autre série de publicités pour rappeler les consignes à suivre pendant la pandémie de COVID-19.

L'athlète Laurent Duvernay-Tardif, l'astronaute David Saint-Jacques, ainsi que la Dre Mona Nemer, conseillère scientifique en chef du Canada, martèleront le même message répété depuis des semaines.

«Ils vont vous rappeler de sauver des vies en restant chez vous», a fait savoir M. Trudeau.

Nombre de cas

Il y a 33 383 cas confirmés et probables décelés par les tests administrés au Canada. La COVID-19 a provoqué jusqu'à maintenant la mort de 1470 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux: 

  • 17 521 cas au Québec, dont 805 décès; 
  • 10 010 cas en Ontario, dont 514 décès; 
  • 2562 cas en Alberta, dont 51 décès; 
  • 1647 cas en Colombie-Britannique, dont 81 décès; 
  • 649 cas en Nouvelle-Écosse, dont sept décès; 
  • 313 cas en Saskatchewan, dont quatre décès; 
  • 257 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 
  • 253 cas au Manitoba, dont cinq décès; 
  • 118 cas au Nouveau-Brunswick; 
  • 26 cas à l’Île-du-Prince-Édouard; neuf cas au Yukon; 
  • Cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest; aucun cas au Nunavut

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

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NOUVELLE OFFRE DU GOUVERNEMENT POUR LA REPRISE DES TRAVAUX AU PARLEMENT FÉDÉRAL

Le gouvernement Trudeau a fait une nouvelle offre aux partis d'opposition, dans l'espoir d'éviter que 338 députés doivent revenir siéger lundi tous ensemble à la Chambre des communes.

Le leader parlementaire Pablo Rodriguez a fait savoir publiquement qu'il avait mis sur la table des négociations une nouvelle proposition qu'il qualifie de «responsable».

«Elle respecte les conseils de la santé publique et permet aux députés de demander des comptes au gouvernement. C'est le temps de travailler ensemble et de faire fonctionner le parlement», a-t-il ajouté.

Selon une source proche du dossier, il est proposé que tous les députés siègent de façon virtuelle chaque mardi, avec une période de questions et de réponses pendant une heure et demie.

Puis, chaque mercredi, un nombre réduit de députés pourrait siéger en personne avec deux heures et quart pour questionner le gouvernement. Le premier ministre serait présent.

Le reste de la journée de mercredi serait consacré aux déclarations des députés et à l'étude des projets de loi, qui seraient soumis d'avance aux partis d'opposition.

Le gouvernement accepterait également de faire siéger un comité supplémentaire de façon virtuelle, soit celui sur les affaires autochtones et du Nord. Cet ajout porterait le nombre de comités actifs à sept.

Avec cette proposition, le gouvernement espère ainsi rallier les partis d'opposition et en particulier le Parti conservateur qui demande jusqu'à quatre séances par semaine pour permettre aux députés de demander des comptes au gouvernement.

Ce qui est sur la table permettrait l'équivalent de cinq périodes de questions dans une semaine régulière, a fait valoir la source consultée par La Presse canadienne.

Le NPD demanderait une deuxième séance virtuelle.

Samedi, le premier ministre Justin Trudeau dit que les discussions se poursuivaient toujours entre tous les partis.

«On espère vraiment que les autres partis vont être d'accord avec des propositions comme ça parce que je pense que ce serait un vrai problème si nous devions retourner au Parlement lundi matin», a-t-il dit.

À son avis, le fait de siéger plusieurs fois par semaine «n'est pas la bonne chose à faire» dans un contexte de pandémie.

Plus tôt en journée, les députés du Parti vert ont fait savoir qu'ils n'appuieront aucune proposition visant à tenir des séances en personne.

«Il n'est pas raisonnable que la Chambre des communes se réunisse en personne, à moins que nous ne devions adopter une loi pour aider les Canadiens», a déclaré la cheffe parlementaire du Parti vert, Elizabeth May, par voie de communiqué.

«Les traducteurs, le personnel, les agents de sécurité et les députés au même endroit va largement à l'encontre des avis de la santé publique. Et pourquoi? La visibilité médiatique de la période des questions?» a-t-elle demandé.

Selon Mme May, une période de questions à distance peut être organisée grâce aux technologies existantes, comme celle utilisée actuellement pour les comités permanents.

«Andrew Scheer est peut-être disposé à faire passer son désir de couverture médiatique avant la santé publique, mais je pense que les Canadiens s'attendent à un meilleur exemple de la part de leurs représentants élus», a souligné Mme May.

Le lieutenant politique de M. Scheer pour le Québec, Alain Rayes, n'a pas tardé à répliquer.

«@ElizabethMay, refuser une entente unanime qui permettrait à chaque parti d'opposition de jouer son rôle avec une délégation de députés réduite fera en sorte que nous devrons retourner à Ottawa mais avec 338 députés. Est-ce vraiment ce que vous voulez?» a-t-il écrit sur Twitter.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a pour sa part fait savoir sur le même réseau social que son parti n'enverrait que trois élus aux Communes lundi si ce scénario se produisait - pas plus, pas moins. La Presse canadienne