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Les mesures incluent le couvre-feu dès 20h, la fermeture des écoles et la fermeture des commerces non essentiels.
Les mesures incluent le couvre-feu dès 20h, la fermeture des écoles et la fermeture des commerces non essentiels.

Les mesures d'urgence prolongées et étendues à tout l'Outaouais

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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Les mesures spéciales d'urgence en vigueur à Gatineau et dans les Collines-de-l'Outaouais sont prolongées au moins jusqu'au 25 avril et s'appliqueront désormais à la totalité de l'Outaouais, a annoncé mardi le premier ministre François Legault en prévenant que les Québécois ont «deux gros mois» devant eux.

Initialement prévues à titre de traitement-choc de courte durée pour certains secteurs de l'Outaouais, de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, les mesures spéciales d'urgence doivent une fois de plus être prolongées dans ces trois régions, dans l'espoir de freiner la transmission de la COVID-19. Le gouvernement les prolonge pour l'instant jusqu'au 25 avril.

Ces mesures incluent le couvre-feu dès 20h, la fermeture des écoles et la fermeture des commerces non essentiels. Épargnés jusqu'ici par ces mesures spéciales d'urgence, trois sous-territoires de l'Outaouais y seront maintenant soumis: Papineau, le Pontiac, la Vallée-de-la-Gatineau.

«On s'est rendu compte, au cours des derniers jours, en Outaouais et en Chaudière-Appalaches, [que] ça s'est vraiment étendu pas seulement dans quelques villes, mais à la grandeur des territoires», a exposé le premier ministre.


« On s'est rendu compte, au cours des derniers jours, en Outaouais et en Chaudière-Appalaches, ça s'est vraiment étendu pas seulement dans quelques villes, mais à la grandeur des territoires. »
François Legault

Dans les trois nouvelles zones de l'Outaouais visées par les mesures spéciales d'urgence, le couvre-feu tombera à 20h dès mercredi soir, tandis que la fermeture des écoles commencera jeudi, a précisé M. Legault.

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Apprentissage en ligne

Ce sont donc plus de 55 000 élèves qui devront faire de l'apprentissage en ligne dès jeudi en Outaouais. 

Jusqu'ici, la trentaine d'établissements du Centre de services scolaire des Hauts-Bois-de-l'Outaouais étaient demeurés ouverts, tout comme 10 écoles du Centre de services scolaire au Coeur-des-Vallées et quelques-unes de la Commission scolaire Western Québec.

L'an dernier, les écoles primaires avaient été fermées de la mi-mars à la mi-mai, alors que les écoles secondaires n'avaient pu rouvrir leurs portes (en présentiel) avant la rentrée scolaire à la fin août.

Interrogé à savoir si des outils supplémentaires allaient être déployés pour freiner la propagation du virus dans les trois régions qui inquiètent le plus les autorités, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a rappelé qu'il s'est impliqué «personnellement» dans le dossier des délais de dépistage qui étaient observés en Outaouais ces dernières semaines.

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M. Dubé a également précisé que des changements ont été autorisés par la santé publique «dans les derniers jours». «Il y a tellement de variants, [...] on les connaît à peu près tous, donc on va diminuer le nombre de criblages, ce qui va rendre nos laboratoires beaucoup plus efficaces, a-t-il fait valoir. [...] Le deuxième changement, c'est qu'on n'a plus l'obligation d'enregistrer le résultat du test rapide. Qu'est-ce que ça veut dire? J'ai une éclosion en Outaouais dans une école ou dans une entreprise. Ce que je demande aux gens, les entreprises qui nous ont demandé des tests rapides, c'est 'occupez-vous pas de nous envoyer le résultat'. On ne veut pas savoir le résultat, on veut juste savoir si la personne est testée positive, et là, dans le cas de ceux qui sont testés positifs, là, allez faire un test PCR. Ça n'a l'air de rien, mais c'est une très, très grosse différence. […] Ça, en Outaouais, ça va faire une grande différence.»

En attente du 24 juin

Même au-delà du 25 avril, le chemin jusqu’au retour «à la normalité» s’annonce «difficile et incertain» partout au Québec, a déclaré François Legault, mardi, dans son traditionnel point de presse sur la COVID-19.

Le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé, Christian Dubé

Le seul objectif de temps auquel les autorités se raccrochent se trouve dorénavant au 24 juin. Jour où tous les adultes du Québec qui veulent être vaccinés l’auront été au moins une fois, promettent M. Legault et son ministre de la Santé, Christian Dubé. Mais aussi lendemain de fin d’année scolaire, avec la fin de l’importante contagion causée par les enfants ou au moins sa diminution drastique.

Pourtant, en février et au début de mars, M. Legault répétait que «quand on va avoir vacciné toutes les personnes de 65 ans et plus [...] ça va être une situation complètement différente». On comptait alors en semaines.

Si la situation actuelle est bel et bien différente, elle n’en est pas moins inquiétante, selon le trio Legault-Dubé-Arruda. Le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, était comme toujours du point de presse.

«Le nombre de jeunes hospitalisés [à cause de la COVID-19] a doublé» comparé au sommet de la première vague. «Puis les conséquences sont graves», fait valoir M. Legault.

«Malheureusement, ça repousse le moment où on pense être capables de revenir à la normalité. Rappelez-vous, on vous disait: une fois que les plus âgés vont être vaccinés, le portrait va beaucoup changer. Sauf que là, le portrait a beaucoup changé chez les plus jeunes. Il y a beaucoup plus de jeunes qui sont hospitalisés.»

La Côte-Nord en orange

Alors que l'ensemble du territoire de Chaudière-Appalaches tombera jeudi soir sous les mesures spéciales d'urgence, deux territoires de la Capitale-Nationale y échappent : Portneuf et Charlevoix.

La Côte-Nord passe de son côté niveau de préalerte, le palier jaune, à l’alerte modérée, en orange. Les régions de Montréal et de Laval s’avèrent sous haute surveillance.

La Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine et le Nord-du-Québec demeurent en jaune et il est interdit de s’y rendre en provenance d’une autre région, à moins d’exception.

Au tour des profs et des éducatrices

Le ministre Dubé a annoncé que dès mercredi, les adultes de moins de 60 ans affectés par une maladie chronique ou un problème de santé augmentant le risque de complications pourront prendre rendez-vous sur ClicSante.ca pour être vaccinés partout au Québec.

Même chose pour les travailleurs essentiels en milieux à risque important d’éclosion. Ce groupe compte les enseignants, les éducatrices en garderies, policiers, pompiers, employés des abattoirs, etc.

Quant au premier cas de thrombose détecté au Québec à la suite de l’administration du vaccin CoviShield d’AstraZeneca, crainte qui a convaincu certains pays de ne pas utiliser ledit vaccin, M. Dubé y voit simplement une preuve de «l’hyper vigilance» et de l’efficacité de notre système de surveillance.

«La personne a été prise en charge et elle a reçu les soins appropriés à son état. Elle récupère maintenant à son domicile et on ne craint pas pour sa vie», confirme un communiqué du ministère de la Santé.

Au Québec, depuis deux semaines, le vaccin d’AstraZeneca est réservé aux personnes de 55 ans et plus.

«Ce n’est pas d’écœurer les gens»

Autre sujet amplement discuté, l’obligation du port du masque à l’extérieur, même à deux. Seules exceptions si vous êtes seul, en compagnie des membres de votre bulle familiale ou assis à au moins 2 mètres des autres personnes.

«L’objectif, ce n’est pas d’écœurer les gens, c’est de les protéger, résume Dr Arruda. On voit des cas chez des plus jeunes actuellement. Les gens peuvent se retrouver rapidement aussi hospitalisés aux soins intensifs. Et dans ce contexte-là, on considère que le préjudice porté par un masque versus la protection que ça peut apporter vaut la peine d’être fait. Et c’est notre recommandation.»

Avec Daniel LeBlanc, Le Droit