Olivier Guillet, sept ans, profite de la fermeture des établissements scolaires pour faire du bricolage avec sa soeur Léa, cinq ans, qui fréquente la garderie.

Les jeunes en congé forcé: heureux, inquiets... et à court d’idées

La fermeture des établissements d’enseignement pour deux semaines partout au Québec forcera sans doute les parents à fermer les yeux sur le temps d’écran de leur progéniture. Bien que plusieurs en profitent pour dépoussiérer de vieux jeux de société ou pour développer leur talent de peintres ou de cuisiniers, visionner ce que Netflix et Internet ont à offrir fait également partie du programme des jeunes et moins jeunes interrogés par La Voix de l’Est.

« C’est plate, on a rien à faire ! », regrette Félix Paré, présentement en cinquième année. Un discours qui, à quelques variantes près, revient chez la plupart des enfants interrogés. « Il faut rester chez nous. Il y a moins d’activités à faire qu’à la relâche..., poursuit-il. Moi, j’y vais vraiment au jour le jour, parce qu’on ne peut rien prévoir. »

De son côté, Olivier Guillet, sept ans, venait tout juste de bricoler une carte pour Pâques. Le petit bonhomme qui fréquente la première année se disait heureux de ne pas avoir d’école pour 14 jours, mais il ne cachait pas son inquiétude face au virus venu chambouler l’horaire de tout le monde. « C’est pas tellement cool pour les gens qui ont le coronavirus, mais c’est cool pour nous, parce qu’on a congé. Mais ce n’est pas cool non plus pour les parents qui doivent s’organiser... »

Ses inquiétudes portaient également, comme pour tous les enfants sondés, sur la santé des membres de sa famille et des personnes âgées de son entourage.

« Moi, ça me fait peur le coronavirus, a exprimé Laurence Lacroix, dix ans. J’ai peur de l’avoir, même si je sais que les enfants n’en meurent pas, mais j’ai peur pour mes grands-parents... » À ce jour, Laurence profite de Snapchat pour communiquer avec ses amies et elle s’amuse, comme bien d’autres, à « faire des TikTok ».

Laurence Lacroix s’amuse ici avec des cartes à broder. « Moi, ça me fait peur le coronavirus, a-t-elle exprimé. J’ai peur de l’avoir, même si je sais que les enfants n’en meurent pas, mais j’ai peur pour mes grands-parents. »

Pour éviter la propagation, petits et grands rappellent toutefois l’importance de se laver les mains régulièrement. « Et si ma sœur tousse, je me tasse, a tenu à spécifier Olivier. Comme ça, je n’attraperai pas ses microbes. »

Long longtemps

Que ce soit pour Annabelle et Bénédicte Lévesque, 16 ans, ou pour Alexia et Victor Rousseau, 18 et 20 ans, la quarantaine imposée une semaine après la relâche les pousse à user d’imagination pour faire passer le temps.

« C’est assez restreint ! », a résumé Bénédicte alors que sa sœur Annabelle, elle, dit trouver ça « ennuyant » comme situation.

Les jumelles en profitent donc pour courir et marcher à l’extérieur davantage. Elles et leurs amies de quatrième secondaire ont pris l’habitude de se parler tous les jours, à la même heure, via FaceTime.

« C’est pas une petite affaire ! », a lancé Bénédicte pour résumer la période dans laquelle la population est actuellement plongée.

Loin du verglas

« J’ai demandé aux “plus vieux” si c’était la première fois qu’un événement du genre avait lieu, a raconté Victor Rousseau, qui a dû mettre en veilleuse sa première année de baccalauréat en droit à l’Université de Montréal à cause du COVID-19. Ils m’ont dit que oui. On a vécu le verglas, en 1998, mais c’était un phénomène météorologique. Il fallait juste que la neige fonde... Là, c’est plus le néant. Plus inquiétant. »

Inquiétant pour la santé de tous, mais aussi pour la suite des choses en ce qui concerne les études. « Là, ça ne sert à rien de faire des devoirs ou de s’avancer dans nos leçons, on ne sait pas ce qui va arriver au bout des deux semaines », a fait remarquer Alexia, présentement en sciences humaines « avec maths ! » au Cégep de Granby.

« Les études sont mises sur pause, et ça, je trouve ça stressant. Qu’est-ce qui va arriver avec notre session ? »

En attendant d’obtenir des réponses à leurs questions, le frère et la sœur ont offert leurs services de gardiennage pour prendre soin de leur nièce.

« Sinon, on écoute Netflix et on joue à des jeux de société ! », a dit Alexia, qui a tenu à souligner l’efficacité du gouvernement à mettre en place des mesures draconiennes partout dans la province.

« Legault est à son affaire ! a- t-elle lancé. Il a bien fait de tout fermer. »