Le Québec a confirmé lundi que le port du masque sera obligatoire dès le samedi 18 juillet dans les lieux publics intérieurs de la province, comme c’est le cas à Ottawa et dans l’Est ontarien depuis le 7 juillet.
Le Québec a confirmé lundi que le port du masque sera obligatoire dès le samedi 18 juillet dans les lieux publics intérieurs de la province, comme c’est le cas à Ottawa et dans l’Est ontarien depuis le 7 juillet.

Les entreprises de l’Outaouais prêtes pour le port obligatoire du masque

C’est en rappelant que la COVID-19 «est facile à transmettre» que le premier ministre du Québec, François Legault, a confirmé lundi que le port du masque sera obligatoire dès le samedi 18 juillet dans les lieux publics intérieurs de la province, comme c’est le cas à Ottawa et dans l’Est ontarien depuis le 7 juillet.

Les commerçants qui tolèrent des clients ne portant pas de couvre-visage sans qu’une raison médicale le justifie pourront éventuellement être mis à l’amende, tandis que les policiers pourront être appelés à renfort pour faire comprendre le message aux récalcitrants. Le milieu des affaires et les organisations publiques de l’Outaouais réagissent.

Centres commerciaux

Le directeur général des Galeries Aylmer, Guy Leblanc, a souligné quelques heures après l’annonce gouvernementale qu’environ 60% des clients du centre commercial portent déjà un couvre-visage. La largeur des corridors aide également à faire respecter la distanciation entre les gens, a-t-il mentionné, en ajoutant que «l’achalandage n’est pas encore» comme avant la pandémie. M. Leblanc estime que les gens qui ne portent pas déjà un masque auront le temps de se «créer une nouvelle habitude» d’ici à ce que des amendes commencent à être imposées, tandis que le centre commercial évalue la possibilité d’installer des distributrices payantes pour que les gens qui arrivent sans couvre-visage puissent s’en procurer un au lieu de devoir rebrousser chemin.

Du côté des Galeries de Hull, la directrice marketing, Lucie Lévesque, a indiqué lundi après-midi qu’un plan de match a été établi, mais qu’il devra être ajusté lorsque les directives gouvernementales auront été précisées.

La direction des Promenades Gatineau a pour sa part transféré la demande du Droit à la firme de relations publiques torontoise Media Profile.

«Nous encourageons à nos clients d’apporter leur propre masque afin de rendre leur expérience de magasinage paisible (sic)», nous a-t-on répondu par courriel, au nom des Promenades Gatineau.

Ville de Gatineau

«La Ville se conformera aux exigences du gouvernement provincial concernant le port d’un masque, a indiqué le service des communications. Nos équipes sont présentement à analyser les détails de ce décret afin de le faire respecter.»

Le café-bar Aux 4 Jeudis et le Piz’za-za

« Je ne pense pas que ce sera un frein à ce que les gens viennent manger au restaurant », approuve Alexandre Le Blanc, directeur général du café-bar Aux 4 jeudis et du restaurant Piz’za-za.

Du côté des 4 Jeudis, « je vous dirais que jusqu’à maintenant, la mesure de rester assis se respecte assez bien. On a ouvert il y a deux semaines et ça se passe de façon plutôt civilisée. Les gens comprennent; ils sont très coopératifs. »

« Je pense qu’on a une responsabilité de citoyens corporatifs » en s’assurant que le masque soit porté, ajoute-t-il, même s’il ne compte pas demander à ses employés de faire la police. « Ce n’est pas à nous de jouer aux gros bras. »


« On roule au quart de notre capacité. Ce n’est pas le temps de recevoir des amendes. On espère qu’il y aura un peu d’indulgence de la part des autorités. »
Philippe Roy, propriétaire du bar Le Minotaure

Altitude Gym

L’annonce du gouvernement québécois « fait mal » aux centres sportifs, s’indigne le propriétaire du Altitude Gym. « Le gouvernement, parfois, on dirait qu’il manque de responsabilité envers les entreprises », s’enflamme Patrick Lamothe.

Soulignant que toutes les aides financières que son entreprise a reçues étaient sous forme de prêt – celles du fédéral comme du provincial –, il reproche à Québec d’encore faire « subir » aux commerçants les mesures de lutte à la COVID en leur imposant des amendes salées. « À la base, toutes les entreprises étaient prêtes à être solidaires pour prévenir la pression sur les centres médicaux. Maintenant, il y a eu des centaines de milliers de dollars de pertes. (…) Je comprends que c’est pour protéger la population, mais il y a des limites. On dit qu’il y a eu de l’aide pour les entreprises, mais non, il n’y en a pas eu, d’aide. »

Minotaure

« Je pense que la consigne de fermer à minuit va faire plus mal que le port du masque », observe le copropriétaire du Minotaure, Philippe Roy. Québec a beau avoir limité l’heure d’ouverture des bars la semaine dernière, les clients continuent d’affluer vers les 23 heures. « À minuit, il est déjà temps de partir et le bar est plein. Il y a vraiment un changement d’habitudes qui va devoir se faire de la part de nos clients. »

« On roule au quart de notre capacité. Ce n’est pas le temps de recevoir des amendes. On espère qu’il y aura un peu d’indulgence de la part des autorités. »

CISSSO

«Pour le moment, nous recommandons fortement le port du masque (jusqu’à samedi) dans nos installations et les employés qui doivent prodiguer des soins à des usagers à moins de deux mètres doivent en porter un, a indiqué le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais. Nous aurons des directives claires à ce sujet sous peu et nous émettrons davantage d’informations dès qu’elles seront disponibles.»

RGA

« Plusieurs de nos membres pensent que le port du masque est la bonne façon de s’assurer que cette pandémie-là reste minime, constate la directrice générale du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale (RGA), Lise Sarazin. On a eu la chance de le vivre une semaine à Ottawa et je dirais qu’il n’y a pas eu beaucoup de plaintes. » Des deux côtés de la rivière, les commerçants « savent que le port du masque est la façon de s’assurer qu’on rouvre, et qu’on va avoir plus de clients. »

Dépanneur Rapido

Au Dépanneur Rapido, dans le secteur Aylmer, le propriétaire Marc-André Arvisais a indiqué lundi que les prochains jours serviront à peaufiner le plan de match en vue de samedi.

«On va installer des affiches très rapidement pour informer les gens qu’à partir de samedi, le port du couvre -visage va être obligatoire», a notamment fait savoir M. Arvisais.

Le propriétaire du commerce de la rue Front estime qu’à l’heure actuelle, 50% des amateurs de bière qui se présentent sur place portent un couvre-visage. Il s’attend tout de même à ce qu’il y ait certains «récalcitrants». Si c’est le cas, il n’hésitera pas à faire appel aux policiers. «C’est sûr que je ne me battrai pas avec la personne, dit-il. […] S’il y a des personnes qui font à leur tête, elles en subiront les conséquences. On n’est pas des policiers, on est des commerçants.»

Fédération canadienne de l’entreprise indépendante

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a pour sa part indiqué par voie de communiqué que «les entrepreneurs comprennent et respectent la décision du gouvernement qui demeure de loin préférable à une autre ronde de confinement». Dans la mesure où le gouvernement demande aux commerçants de refuser la clientèle ne respectant pas la nouvelle consigne, la FCEI estime toutefois qu’il «ne semble pas très équitable» de demander à une petite entreprise «d’être entièrement garante des actions des consommateurs».

«À ce jour, seulement 20% des entreprises québécoises réalisent à nouveau leurs revenus habituels pour cette période de l’année, a souligné dans le communiqué l’analyste principal des politiques à la FCEI, Gopinath Jeyabalaratnam. Beaucoup ne peuvent donc pas se permettre de perdre des clients et se chargeront de fournir l’équipement nécessaire à leurs propres coûts. D’autres ne veulent tout simplement pas être obligés d’expulser un client ou de lui refuser un service, s’ils pensent que cela mènera à une altercation. L’expulsion physique d’une personne devrait uniquement relever du ressort des forces de l’ordre.»

Dans ce contexte, la FCEI demande au gouvernement «une période de carence avant d’imposer d’importantes amendes aux commerçants».

Chambre de commerce de Gatineau

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG), Pierre Samson, suggère à Québec de faire preuve de souplesse au chapitre des amendes, et qu’on serve plutôt un avertissement lorsque des clients ne portent pas le masque dans une entreprise.

Selon M. Samson, les gens d’affaires mettent en place beaucoup de mesures de protection contre la COVID-19, mais plusieurs clients ne protègent pas les employés en ne portant pas le couvre-visage.

«Qu’on laisse la chance aux propriétaires de dire aux personnes en défaut de sortir ou de porter son masque. C’est un peu de souplesse qu’on demande. Mais en gros, les gens d’affaires à qui j’ai parlé voient ça d’un bon oeil (le port du masque obligatoire à l’intérieur) parce qu’ils veulent protéger leurs employés et ils veulent protéger le public. Alors à ce moment-là, si tout le monde se respecte, on porte le masque et je pense que ça va bien aller», a expliqué M. Samson, qui a rappelé que les gens d’affaires composent avec 30 à 40 % de leur chiffre d’affaires d’avant la pandémie.