Des bars de danseuses nues ont ouvert leurs portes cette semaine, mais sans danseuses.
Des bars de danseuses nues ont ouvert leurs portes cette semaine, mais sans danseuses.

Les bars de danseuses nues, sans danseuses

Des bars de danseuses nues ont ouvert leurs portes cette semaine, mais sans danseuses.

C’est le cas du Bar 77, à Gatineau, qui peut reprendre les affaires en raison de son permis de restauration. La cuisine est ouverte et la vente d’alcool aux tables est permise depuis lundi grâce aux mesures de déconfinement du gouvernement Legault.

«Pas de danseuses aux tables, pas de spectacle non plus», dit Carl Lessard, propriétaire de l’établissement de la rue Main, secteur Gatineau.

«Les seuls employés qui sont rentrés cette semaine sont les cuisiniers, le personnel de sécurité, et les serveuses.»

La Santé publique lui permet de servir des repas et de l’alcool, et d’accueillir un nombre limité de clients. «Nos serveuses prennent les commandes, font le service aux tables, mais les clients ne peuvent ‘s’accoter au bar’ et jaser», dit l’homme d’affaires.

Carl Lessard, propriétaire du 77

Une danse, un club sandwich?

Le propriétaire «ose espérer» qu’il pourra rappeler les effeuilleuses sur sa scène dès le 22 juin, date à laquelle les salles de spectacles pourront rouvrir en respectant la distanciation sociale, et que les rassemblements intérieurs d’un maximum de 50 personnes seront autorisés. «Nous avons notre permis de spectacle et notre permis de restauration en bonne et due forme.»

Le «casse-tête» de M. Lacasse est cependant plus compliqué. Cette règle permet le déconfinement progressif dans tous les établissements «sauf les bars», comme l’a déjà indiqué le directeur de la santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda. Les autorités sanitaires pourraient se montrer plus sévères sur la nature de «bar» de ce type d’établissement possédant à la fois des permis de vente d’alcool, de restauration et d’offre de spectacles.

Pour l’instant, les employés tentent d’éduquer leurs clients trop joyeux.

«C’est un casse-tête lorsque le client a pris deux ou trois bières! Il jase et se rapproche du personnel et des autres clients pour discuter. Il faut toujours leur rappeler de garder leurs distances, et de faire attention de ne pas croiser trop de gens en allant aux toilettes. Une vraie petite garderie!»

Les cuisiniers et les serveuses portent le masque. Les clients sont, comme ailleurs, invités à se laver les mains souvent et à limiter leurs déplacements.

«On n’a pas le choix de garder une distance d’un mètre et demi, dit M. Lacasse. Pas de contacts... Ce n’est vraiment pas pour tout de suite.»