Le retour à l’école tranché par la Cour supérieure

Étienne*, 7 ans, retournera à l’école lundi. Mais Ludovic*, 6 ans, n’ira pas. Dans les deux cas, c’est une juge de la Cour supérieure qui a dû l’ordonner car les parents séparés ne réussissaient pas à s’entendre.

La mère d’Étienne a déposé une demande d’ordonnance de sauvegarde à la Cour supérieure pour que son fils puisse réintégrer son école lors de la réouverture, le 11 mai.

La mère plaide qu’un retour à l’école sera bénéfique pour son garçon, qui a des difficultés d’apprentissage, particulièrement en lecture. Elle pense même qu’un retour est requis pour qu’il puisse réussir sa première année.

Le père n’est pas d’accord: son fils souffrirait d’asthme juvénile et serait davantage à risque d’avoir des impacts s’il est infecté par la COVID-19. 

L’enfant ne fait pas l’objet d’un suivi médical particulier et n’a jamais été hospitalisé. Selon la mère, un test à la clinique pédiatrique, il y a un an, a révélé qu’Étienne ne souffrait plus d’asthme. Il a quand même une prescription d’un médicament par pompe en cas de symptômes.

La juge Claudia P. Prémont estime ne pas avoir eu la preuve que la condition médicale de l’enfant le rend plus vulnérable qu’un autre. Il n’y a pas de raison de ne pas faire confiance au personnel enseignant et aux institutions scolaires pour le respect des mesures sanitaires, écrit la juge.

«La première année est importante dans le parcours scolaire d’un enfant, particulièrement dans le cas où des difficultés d’apprentissage semblent poindre à l’horizon», note la juge, en ordonnant le retour à l’école.

Les deux parents avant l’école

Ludovic lui, terminera son année de maternelle à la maison car, tranche le tribunal, un retour à l’école aurait pu mettre en danger la conjointe de son père, qui souffre du lupus, une maladie auto-immune.

Depuis le début du confinement, Ludovic vit alternativement chez son père et sa mère, qui font du télétravail. 

Petit garçon sociable et sans difficulté particulière à l’école, Ludovic avait très hâte de revoir ses amis. Sa mère estimait que son développement académique et sa socialisation devait primer.

Le père demandait à ce que Ludovic reste à la maison pour le reste de l’année car sa conjointe, qui a un problème de santé sévère, ne pouvait prendre un risque plus élevé d’être infecté.

La mère de Ludovic proposait de garder son fils à temps plein durant la pandémie. Ou suggérait que la conjointe du père aille vivre ailleurs.

La juge Claudia P. Prémont est d’accord avec le fait qu’il est bénéfique pour un enfant de fréquenter son milieu scolaire tant au niveau physique que psychologique.

Sauf que dans le cas de Ludovic, la fréquentation de l’école l’amènerait à être coupé de son père durant les six prochaines semaines en raison de l’état de santé de sa conjointe.

«Dans ces circonstances, en tenant compte de l’âge et de la situation particulière de Ludovic, le Tribunal considère que ce dernier récoltera de plus grands bénéfices d’une relation continue et positive avec chacun de ses parents avec qui il pourra faire des activités et parfaire son suivi académique en lieu et place de sa fréquentation scolaire», écrit le juge Prémont.


* Prénoms fictifs