Le ministre des Finances de l'Ontario, Rod Phillips
Le ministre des Finances de l'Ontario, Rod Phillips

Le plan d’urgence du gouvernement Ford amplifié, d’après le chien de garde budgétaire

Le gouvernement Ford annonçait en grande pompe, au début de la crise de la COVID-19, un plan d’urgence de 17 milliards $ pour lutter contre le virus. Le Bureau de la responsabilité financière juge que ce nombre a été amplifié d’environ 3,5 milliards $. Explications.

Le chien de garde budgétaire de l’Ontario est d’avis que le plan d’urgence de 17 milliards $ du gouvernement Ford serait plutôt chiffré à 13,5 milliards $, selon son plus récent rapport, publié jeudi.

Celui-ci a découvert que le gouvernement de l’Ontario a inclus dans son budget des fonds déjà prévus avant la crise de la COVID-19. Ces dépenses dans le secteur de la santé devaient fournir un financement de base essentiel aux hôpitaux et aux soins de longue durée. 

Par ailleurs, le gouvernement a aussi inclus les dépenses du Programme d’atténuation du prix de l’électricité, des fonds qui étaient aussi déjà prévus avant la pandémie. 

Selon le Bureau de la responsabilité financière (BRF), ces dépenses ne sont pas une réponse directe à la crise de COVID-19.

Or, le gouvernement considère ces dépenses comme étant directement liées à la lutte contre le virus, a fait savoir l’attachée de presse du ministre des Finances, Emily Hogeveen.


« Les belles paroles, ce n’est pas suffisant, il faut que tout le monde sache que les annonces du gouvernement ne sont pas toujours la réalité. »
Sandy Shaw

La porte-parole en matière de Finances du Nouveau Parti démocratique de l’Ontario, Sandy Shaw, s’est dite déçue de cette contradiction dans le plan d’urgence du gouvernement Ford. «Je pense que ça prouve qu’il y a une différence entre ce que le premier ministre dit, et ce qu’il fait.»

La différence entre le montant annoncé au budget et le montant «réel» prouve qu’il faut surveiller les promesses de Doug Ford, juge la députée de Hamilton-Ouest—Ancaster—Dundas. «Les belles paroles, ce n’est pas suffisant, il faut que tout le monde sache que les annonces du gouvernement ne sont pas toujours la réalité.»

La néo-démocrate remarque justement la promesse du ministère de la Santé d’augmenter le salaire des travailleurs de la santé en première ligne durant la crise. «Ils ne l’ont toujours pas reçu.»

Rappelons que la ministre de la Santé a affirmé que son ministère était en train d’ajouter des professions à la liste et que les travailleurs en attente des fonds recevront un arriéré de paie. 

Quant à la situation dans les foyers de soins de longue durée déplorée par les militaires appelés en renfort, Mme Shaw refuse de croire que le premier ministre n’était pas au courant. «Soit il ne savait pas, et ça, ça ne parait pas bien pour un premier ministre, soit il savait, et il n’a rien fait. Dans les deux cas, il perd en crédibilité. Il doit être la seule personne qui n’était pas au courant des nombreux problèmes dans les soins de longue durée.»

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PROGRESSION DES CAS DE COVID-19 EN ONTARIO, EN CHIFFRES

L’Ontario a enfin dépassé sa cible des 16 000 tests quotidiens, avec 17 615 tests effectués, mercredi. 

La province compte maintenant 26 886 infections de COVID-19 depuis le début de la crise. 

Aucune nouvelle éclosion n’a été déclarée dans les foyers de soins de longue durée au cours de la dernière journée. 

Mercredi, la province a enregistré:

  • 383 nouveaux cas de COVID-19

  • 34 nouveaux décès, dont un employé de foyer de soins de longue durée

  • 76,9% des personnes infectées considérées comme guéries

  • 833 hospitalisations, dont 137 en soins intensifs et 94 sous respirateur