Le Nordik Spa-Nature à Chelsea
Le Nordik Spa-Nature à Chelsea

Le Nordik Spa-Nature à Chelsea fragilisé par la COVID-19

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
« On souhaite être capable d’opérer sans perdre d’argent, on travaille très fort là-dessus, mais on a pris la décision que rentable, pas rentable, on va rouvrir dès que ce sera possible. » 

Le ton des propos que tient aujourd’hui Marianne Trotier, directrice des relations publiques pour le Groupe Nordik, tranche avec l’enthousiasme qui régnait au sein de l’entreprise avant le 14 mars 2020, jour historique où le Québec a été mis « en pause » par le premier ministre François Legault. En plus d’exploiter le plus grand spa en Amérique du Nord, à Chelsea, l’entreprise poursuivait alors sa conquête du marché canadien à Winnipeg et Toronto et visait une dizaine de spas sur le continent nord-américain d’ici dix ans. 

La rentabilité de l’entreprise n’avait pas la même connotation dans les bureaux de la direction avant ce 14 mars. 

« On ne se le cachera pas, on n’a aucun revenu actuellement », avoue Mme Trotier. Des quelque 400 employés du Groupe Nordik, seule une trentaine restent à pied d’œuvre et travaillent sur des plans de relance. « Ce n’est pas du temps perdu, explique la porte-parole. On n’a pas le choix de formaliser des choses, de réorganiser certains aspects de nos opérations, d’optimiser, d’innover et d’être créatifs pour pouvoir respecter les nouvelles mesures de la COVID-19 va nous imposer. »

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Le jour de la réouverture du Nordik Spa-Nature viendra. Quand ? Probablement que même le Dr Horacio Arruda n’en a pas encore une idée précise. « On pense qu’on pourra continuer de donner certains services qu’on offre, explique Mme Trotier. Là où nous n’avons aucune réponse, c’est pour les soins et traitements de massothérapie. Il n’y a absolument aucune ligne directrice sur la façon dont ces professionnels pourront éventuellement rendre ce service. »

Habitués aux journées très occupées, les bassins et les saunas du Nordik devraient être beaucoup moins achalandés lors de la reprise des activités. « Il y a moyen de respecter les règles de distanciation, explique Mme Trotier. Le site est extrêmement grand. Il y a moyen, cet été, si on peut rouvrir, de se détendre à l’extérieur, avec les nombreuses chaises longues et les hamacs. On est ultra conscient que notre capacité d’accueil sera beaucoup moins grande qu’elle ne l’était avant. Ça devra être réduit de 50 ou 60 %. Tout va dépendre des mesures qui devront être mises en place. Nos employés devront être plus multifonctionnels. Nous offrirons de la formation. Notre plan de relance va un peu dans cette direction-là. »


« On n’a aucun revenu actuellement. »
Marianne Trotier

Le resserrement des règles d’hygiène qui sera probablement exigé partout en société à l’avenir n’a cependant rien pour déstabiliser le Groupe Nordik. « Ce sera juste de nouvelles mesures à intégrer à nos protocoles, note la directrice des relations publiques. Nous sommes dans l’industrie des spas. Les règles d’hygiène sont déjà très serrées. La salubrité, la propreté de nos lieux, de nos bassins et de nos saunas, on a toujours été à cheval là-dessus. Il faudra rassurer notre clientèle et nos employés. La santé et la sécurité des employés et de nos clients seront notre grande priorité. »

Un moteur à l’arrêt

La directrice générale de Tourisme Outaouais, France Bélisle, rappelle que l’Outaouais peut compter sur les doigts d’une main les entreprises qui agissent comme les piliers de l’industrie touristique de la région. « Le casino, le Musée de l’histoire, le Château Montebello et le Nordik sont de ceux-là, dit-elle. Ce ne sont pas des PME, elles ne rentrent pas dans les programmes d’aide des gouvernements [sauf la subvention salariale de 75 %]. Ce sont cependant des entreprises qui font vivre de très nombreux fournisseurs de la région. Certaines font vivre des villages. Il n’y a pas que les employés et les visiteurs qui sont privés de ces attraits. Ce sont des centaines de fournisseurs de toutes sortes qui sont privés de millions de dollars. Le Biscotti & Cie fournit les desserts au Nordik. Si le spa est fermé, ça affecte directement le chiffre d’affaires du Biscotti. »

Mme Trotier précise que le Nordik Spa-Nature dépense, en moyenne, 800 000 $ par mois auprès de fournisseurs locaux pour s’approvisionner en nourriture, boissons, produits d’entretien, services de maintenance et auprès de professionnels en soins corporels.