Ils sont une cinquantaine, en provenance de dix universités au Québec, étudiants au baccalauréat, à la maîtrise ou au doctorat, et ils appellent le gouvernement de François Legault à lancer une vaste discussion nationale sur l’après-crise.
Ils sont une cinquantaine, en provenance de dix universités au Québec, étudiants au baccalauréat, à la maîtrise ou au doctorat, et ils appellent le gouvernement de François Legault à lancer une vaste discussion nationale sur l’après-crise.

Le gouvernement Legault invité à lancer une vaste discussion nationale sur l’après-crise

Ils sont une cinquantaine, en provenance de dix universités au Québec, étudiants au baccalauréat, à la maîtrise ou au doctorat, et ils appellent le gouvernement de François Legault à lancer une vaste discussion nationale sur l’après-crise. L’objectif est de permettre aux Québécois de pouvoir réfléchir collectivement à leur avenir et de proposer les changements sociétaux auxquels ils aspirent.

L’initiative est lancée par trois étudiants à la maîtrise en développement territorial à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Jean-Sébastien Caron de Montigny, Alexandre Bégin et Olivier Viger Beaudin. Un texte que nous reproduisons aujourd’hui dans notre section opinion, écrit par les trois étudiants et cosigné par une cinquantaine d’universitaires de partout au Québec, invite les Québécois à signer une pétition hébergée sur le site de l’Assemblée nationale grâce à l’appui de la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie.

De l’avis des signataires, la réflexion sur la relance du Québec doit se faire sur une base collective et ne peut être l’unique responsabilité des élus. Ils se raccrochent d’ailleurs à des propos lancés par le premier ministre Legault qui affirmait en avril dernier qu’«une nouvelle société va émerger de tout ça […] et qu’un débat de société devra avoir lieu».


« Nous sommes plusieurs à nous demander si nous allons retourner dans un système économique favorisant l’efficacité à court terme plutôt que la résilience à long terme. Allons-nous également continuer de dévaloriser les emplois que l’on juge maintenant comme étant cruciaux pour le fonctionnement et le développement de notre société? »
Extrait de la lettre

La population du Québec a, dans une grande majorité, répondu aux différents appels de solidarité lancés par le gouvernement depuis le début de la pandémie, rappellent les auteurs du texte. Elle l’a fait en respectant les directives de santé publique et en participant à de nombreuses initiatives citoyennes et communautaires. «La contribution des citoyens est appelée, selon nous, à dépasser l’urgence pour construire notre avenir commun», écrivent-ils.

Le discours prônant un «retour à la normale» soulève, selon eux, plusieurs questions et inquiétudes quant à la suite des choses. Ils rappellent que le Québec faisait déjà face à différents défis majeurs avant la pandémie de COVID-19 et que la crise n’a fait qu’exacerber ses vulnérabilités.

«Certaines idées que nous hésitions à mettre en place à grande échelle se sont rapidement imposées comme des solutions efficaces pour répondre à la crise, stipule la lettre. C’est le cas notamment des mesures de télétravail et des mesures favorisant l’achat et la production locale de biens essentiels. […] Nous sommes plusieurs à nous demander si nous allons retourner dans un système économique favorisant l’efficacité à court terme plutôt que la résilience à long terme. Allons-nous également continuer de dévaloriser les emplois que l’on juge maintenant comme étant cruciaux pour le fonctionnement et le développement de notre société?.»

Chantier participatif

Les signataires de la lettre proposent que ce vaste chantier participatif soit piloté par un organisme indépendant qui serait chargé de colliger, analyser et transmettre au gouvernement les propositions faites par les citoyens.

La discussion, disent-ils, doit être appuyée sur des faits.

«Plusieurs professionnels et organisations de la société civile peuvent être mobilisés afin d’établir ces faits et les présenter à la population de manière claire et accessible», ajoutent-ils.

Ainsi, une plateforme web permettant à tous de pouvoir s’exprimer pourrait être mise en place tout en prévoyant d’autres moyens de consultation pour ceux dont l’accès à Internet est limité.

La réflexion collective pourrait s’articuler autour de grandes thématiques comme la transition écologique du Québec, les défis régionaux, la démocratie, ainsi que le développement social et économique.

Il est possible de signer la pétition demandant cet exercice national sur le site de l’Assemblée nationale du Québec.