Le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, le Dr David Williams
Le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, le Dr David Williams

Le Dr David Williams sous la loupe de la vérificatrice générale

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
La vérificatrice générale de l’Ontario n’a pas mâché ses mots à l’endroit du médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, le Dr David Williams, dans son plus récent rapport sur les mesures prises par la province pour lutter contre la COVID-19. 

Le médecin hygiéniste en chef n’a pas dirigé l’intervention du gouvernement de l’Ontario face au coronavirus et n’a pas exercé pleinement ses pouvoirs en vertu de la Loi sur la protection et la promotion de la santé dans l’intervention face à la pandémie, a conclu Bonnie Lysyk dans son rapport, dévoilé mercredi matin. 

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Le Dr Williams n’aurait pas émis de directives aux médecins hygiénistes locaux afin que leurs bureaux interviennent avec cohérence face à la pandémie, constate également la vérificatrice. 

Rappelons qu’en mai 2020, 34 médecins hygiénistes locaux ont signé un document indiquant qu’il fallait améliorer l’orientation et la cohérence régionale. 

Par exemple, c’est la province, et non le médecin hygiéniste en chef, qui a finalement émis un arrêté d’urgence au début d’octobre 2020 pour imposer le port du masque au grand public. 

La vérificatrice générale affirme aussi que Santé publique Ontario a joué un rôle « réduit » dans l’intervention globale de la province, et que même les structures d’interventions régionales n’étaient pas dirigées par des experts en santé publique.

Le Bureau de Mme Lysyk a appris des médecins hygiénistes locaux que les conseils de santé publique donnés par les politiciens provinciaux à la place du Dr David Williams étaient une source de confusion à leurs yeux. 

Mme Lysyk juge également que la reconnaissance de la transmission communautaire de la COVID-19 s’est faite en retard, en province. 

Même si dès le 15 mars, plusieurs médecins hygiénistes régionaux, dont ceux d’Ottawa, de Toronto, de Simcoe Muskoka et de Halton, avaient déjà décelé des cas de COVID-19 qui découlaient d’une transmission communautaire, le Dr Williams a déclaré le 17 mars qu’il attendait de constater des exemples concrets. 

Malgré les preuves tangibles, le ministère de la Santé et le Dr Williams n’ont reconnu l’existence de la transmission communautaire que le 26 mars. 

Par ailleurs, la vérificatrice souligne à maintes reprises des soucis de communication chez le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario.

Par exemple, le Dr Williams a émis une note de service plutôt qu’une directive claire aux médecins hygiénistes locaux dans laquelle il recommandait « fortement » d’émettre eux-mêmes des directives pour réduire le risque de propagation du virus chez les travailleurs étrangers dans les fermes. 

Ce n’est que le 21 juin que cette note de service est parue, soit huit semaines après la première flambée de COVID-19 chez ces travailleurs en milieu agricole.

Son contrat prolongé?

Le gouvernement Ford, qui tente de prolonger le contrat du Dr Williams - dont la retraite était prévue en février 2021- jusqu’en septembre 2021, se heurte actuellement à l’opposition des différents partis politiques à Queen’s Park. 

« Est-ce que c’est le Dr Williams qui conseille le gouvernement Ford, ou est-ce le gouvernement Ford qui dicte au Dr Williams les recommandations qu’il doit faire? » Il s’agit là de la question que martèle le NPD depuis plusieurs semaines.  

Les néo-démocrates et les libéraux déplorent de ne pas avoir été consultés dans la prise de cette décision. Pourtant, le Dr David Williams avait été choisi comme médecin hygiéniste en chef de l’Ontario de concert avec tous les partis politiques, en 2016. 

Dans son rapport, la vérificatrice générale recommande de donner au médecin hygiéniste en chef et à Santé publique Ontario un rôle plus important dans la réponse à la pandémie, y compris le pouvoir de présider les réunions décisionnelles clés et de diriger la surveillance de la santé publique de la province.