Le maire Régis Labeaume explique que la décision de son administration, une des premières sinon la première à le faire au Québec parmi les grandes villes, était rendue nécessaire pour des raisons de «non-nécessité et d’équité envers les citoyens qui ont eux-mêmes perdu leur emploi».

La Ville de Québec met à pied le quart de ses employés

La crise planétaire de la COVID-19 force la mise à pied de 2000 employés non réguliers de la Ville de Québec, soit 27% de son effectif.

Le maire Régis Labeaume explique que la décision de son administration, une des premières sinon la première à le faire au Québec parmi les grandes villes, était rendue nécessaire pour des raisons de «non-nécessité et d’équité envers les citoyens qui ont eux-mêmes perdu leur emploi et qui paient les salaires des employés de la Ville». 

La Ville compte 7 300 employés, dont 5200 permanents. Une première vague de 1600 mises à pied a eu lieu la semaine dernière et 400 autres ont appris la mauvaise nouvelle ce mardi. Ce sont des employés non réguliers de toutes les sphères d’activités. 

«Il y a des travailleurs saisonniers comme d’autres qui travaillaient à temps plein, des cols blancs comme des cols bleus, des professionnels, du personnel des services des loisirs», énumère le maire. Ce congédiement massif représente 27% de l’effectif de la Ville.

La Ville garde à l’emploi ses 5300 travailleurs réguliers dont le quart effectue du télétravail. De ce nombre, 3200 assurent les services essentiels dont 275 sont sur appel ou en disponibilité. 

La crise oblige maintenant la Ville à rééquilibrer son budget qui prévoyait des revenus en 2020 de 1 milliard 551 millions $. 

«On travaille sur des plans pour diminuer nos dépenses parce qu’il y a des revenus qui seront en diminution. Il y en a un qui est évident: le transport collectif. Il n’y a que 20% de la clientèle. Il y a aussi les [manques de] revenus d’ExpoCité et du Centre de foires. On pense également qu’il va y avoir moins de mutations immobilières», illustre M. Labeaume.

Il rappelle que son administration travaille aussi à préparer l’après-crise pour garantir une reprise économique rapide. «Ce qui nous importe aussi, c’est comment on peut faire pour exécuter les 866 millions $ de budget d’immobilisations qu’on a voté. Et ça ne sera pas simple», avise-t-il.

Sans pouvoir garantir qu’il n’y aura aucun délai ou retard parmi les grands projets de la Ville dont celui du réseau structurant, le maire réitère l’importance de ne pas repousser les projets de construction et d’immobilisations. «Emprunter 100 millions $ ça nous coûterait 1,2 million $. C’est vous dire comment emprunter est facile. L’important c’est de mettre de la liquidité dans le système et faire travailler les gens.»

Parcs ouverts sous réserve

En accord avec la santé publique, la Ville de Québec a décidé de maintenir ses parcs ouverts à la population. Cependant, les pavillons de services pavillons de services les modules de jeux seront fermés. Des affiches de prévention sur l’importance de la distanciation sociale seront installées pour rappeler aux usagers de garder la distance minimale de 2 mètres entre chacun.

Consultations reportées

Toujours dans le but de respecter l’interdiction de rassemblements du gouvernement du Québec, la Ville reporte au-delà du 1er mai les 56 consultations publiques en tout genre prévues du 23 mars au 28 avril, y compris les conseils de quartier.

Inquiétudes comprises

Compatissant, le maire a rappelé l’importance de la discipline pour mettre fin le plus rapidement possible à la crise. «Nous sommes très conscients que les gens sont très inquiets. Comment ne pas l’être quand on ne sait pas de quoi sera fait demain. Il y a de plus en plus de détresse, particulièrement chez les personnes âgées et ceux qui ont perdu leur emploi», remarque-t-il.

«On doit se dire qu’il y aura une fin à ça. On doit répéter comment il est essentiel de suivre à la lettre les directives du premier ministre Legault et du Dr Arruda. On élabore les scénarios des prochaines semaines et des prochains mois pour soutenir l’économie et redonner espoir.»

LISTE DES SERVICES ESSENTIELS DE LA VILLE DE QUÉBEC 

• Services reliés au traitement et à la distribution de l’eau potable; 

• Services reliés au traitement des eaux usées; 

• Réparation et entretien essentiels des conduites d’aqueduc et d’égout; 

• Dégagement et réparation des bornes d’incendie; 

• Services reliés à la voie publique : o Sécurité du réseau routier; 

• Réparation de nids-de-poule dangereux; 

• Entretien des trottoirs prioritaires; 

• Pose et réparation de la signalisation et des feux de circulation; 

• Déneigement; 

• Nettoyage printanier nécessaire à la sécurité routière. 

• Entretien et réparation des véhicules et des équipements nécessaires au maintien des services essentiels; 

• Collecte et traitement des matières résiduelles; 

• Certaines réparations de bâtiments; 

• Services informatiques de soutien; 

• Services en matière d’habitation et de logement social; 

• Police; 

• Services de protection contre l’incendie; 

• 911; 

• Bureau de la sécurité civile et Organisation municipale de la sécurité civile; 

• Approvisionnement pour les services essentiels (exemple : fournitures à obtenir en urgence); 

• Certains services juridiques, par exemple le criminel; 

• Certains services des ressources humaines; 

• 311; 

• Certains services communautaires; 

• Inspections urgentes (bâtiment, environnement ou autres) 

• Service du greffe pour le soutien à certaines activités démocratiques; 

• Certaines activités de communication; 

• Centre de décision – direction générale; 

• Transport en commun RTC 

• Toutes autres activités jugées essentielles selon la situation.