Josée McMillan, présidente du STTSSSO-CSN
Josée McMillan, présidente du STTSSSO-CSN

La situation est «insoutenable» selon le syndicat des préposés aux bénéficiaires du CISSSO

Le syndicat représentant les préposés aux bénéficiaires du réseau de la santé de l'Outaouais estime que la situation précaire qui existait avant la pandémie est aujourd'hui devenue «insoutenable», au point où une éventuelle deuxième vague de COVID-19 fait «très peur» aux travailleurs.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et de services sociaux de l'Outaouais (STTSSSO-CSN) a effectué une sortie médiatique, lundi, lors de laquelle il a notamment été souligné que près de 200 postes de préposés aux bénéficiaires sont actuellement vacants au Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO).

En pleine pandémie, la tâche des préposés est alourdie, souligne le syndicat, par les précautions supplémentaires devant être prises afin de limiter au maximum les risques de propagation du nouveau coronavirus.

À l'heure actuelle, le CISSSO gère «bien» la situation, estime la présidente du STTSSSO-CSN, Josée McMillan, tout en précisant qu'il y a «encore beaucoup de choses à améliorer», en donnant l'exemple de l'accès à l'équipement de protection individuelle.

«La deuxième vague nous fait très peur, a mentionné Mme McMillan. Je pense qu'en ce moment, on est comme chanceux, l'Outaouais, de ne pas avoir énormément de cas versus d'autres régions. Est-ce que la deuxième vague va venir nous frapper et va être plus grande? […] Je pense qu'il va y avoir beaucoup d'inquiétudes auprès de nos membres et beaucoup de pression pour gérer la situation.»

Josée McMillan, présidente du STTSSSO-CSN

Le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais, Alfonso Ibarra-Ramirez, a pour sa part souligné que les travailleurs du réseau doivent aussi composer avec l'«énorme» stress d'être infectés par la COVID-19 et de transmettre le virus à leurs proches.

Ses membres faisant partie des plus bas salariés du réseau, le STTSSSO-CSN juge que les primes de 4 à 8% octroyées par le gouvernement aux travailleurs de la santé sont «insuffisantes». Pour un préposé aux bénéficiaires au sommet de l'échelle salariale, la prime temporaire n'atteint que 1,79$ de l'heure, a fait valoir le syndicat.

En plus des préposés aux bénéficiaires, le syndicat représente entre autres les auxiliaires en santé et services sociaux, les employés du service d'hygiène et de salubrité, les travailleurs de la buanderie et du service alimentaire, de même que des employés de bureau.

Les salaires sont «beaucoup trop bas» aux yeux de Josée McMillan, qui juge que les primes temporaires de COVID-19 consenties par le gouvernement sont «inéquitables». «C'est insoutenable comme situation, a-t-elle lancé. On n'est pas surpris des énormes difficultés […] à attirer la relève compte tenu des conditions de travail actuelles.»