La CTMA annule sa saison de croisières.
La CTMA annule sa saison de croisières.

La CTMA annule sa saison des croisières

Devant l’évolution de la pandémie de COVID-19, les dirigeants de la Coopérative de transport maritime et aérien (CTMA) ont dû en venir à une décision «très triste et qui fait mal», soit celle d’annuler la saison des croisières entre Montréal et les Îles-de-la-Madeleine. Celle-ci devait débuter le 12 juin et se terminer le 25 septembre.

Depuis que la CTMA offre des croisières, soit depuis 2002, c’est la première fois qu’elle doive en venir à une telle décision. «C’était à maturité, souligne le directeur général de l’entreprise, Emmanuel Aucoin. Ça fonctionnait très bien. On avait un taux d’occupation au-dessus de 92 % annuellement. Donc, on était tout le temps pleins.»

3 millions $ en retombées

La croisière propose le parcours entre Montréal et Cap-aux-Meules, avec des escales principales aux ports de Québec et de Gaspé. «Il y a des portions de l’année où on fait des croisières thématiques, décrit M. Aucoin. On s’est déjà rendus dans le Saguenay, à Havre-Saint-Pierre et à Sept-Îles. On a aussi fait des ports d’escale ailleurs, principalement en début de saison.»

Il s’agit d’une croisière d’une durée de sept jours, avec une escale de trois jours aux Îles-de-la-Madeleine. Pour le patron de la CTMA, c’est «le produit d’appel principal» de l’archipel puisque, selon lui, les retombées sont de 3 millions $ par année. «En retombées indirectes, c’est beaucoup plus que ça», ajoute-t-il. 

Plusieurs raisons

«L’industrie des croisières est paralysée actuellement, rappelle le directeur général de la CTMA. La dernière recommandation qui est faite par les autorités, c’est de prendre une croisière parce que ça reste difficile d’avoir une distanciation sociale en bonne et due forme sur un bateau!»

Un autre facteur qui a pesé dans la balance, c’est que 62 % de la clientèle des croisiéristes est âgée de plus de 65 ans. Pour M. Aucoin, l’idée de faire la promotion des croisières irait à l’encontre du message des autorités sanitaires. «C’est une clientèle qui est plus à risque sur le plan de la COVID, en est-il conscient. Ce sont des gens qui ont souvent des maladies chroniques.»

De toute façon, à la suite des nouvelles mesures instaurées la semaine passée par Transports Canada concernant le transport de passagers non essentiel, l’entreprise avait déjà annoncé l’annulation de ses départs prévus dans les semaines du 12, du 19 et du 26 juin. De l’avis d’Emmanuel Aucoin, étant donné que les croisières requièrent beaucoup de planification, l’incertitude était trop grande pour gérer une possible reprise après ces dates. Pour offrir des services à bord, notamment sur le plan de l’animation, la CTMA doit, en temps normal, signer des contrats avec différentes entreprises.


« L’industrie des croisières est paralysée actuellement. La dernière recommandation qui est faite par les autorités, c’est de prendre une croisière parce que ça reste difficile d’avoir une distanciation sociale en bonne et due forme sur un bateau! »
Emmanuel Aucoin, directeur général de l'entreprise

Une centaine de mises à pied temporaires

Le sort des employés du navire a aussi milité en faveur de l’annulation de la saison. «On voulait s’assurer qu’ils allaient pouvoir peut-être se relocaliser et travailler ailleurs, explique le dirigeant de l’entreprise de transport. Il fallait qu’ils l’apprennent assez rapidement. On ne pouvait pas les tenir en haleine trop longtemps, alors qu’il n’y avait pas d’espoir que les mesures de distanciation allaient s’améliorer sur les bateaux de croisières.»

Une centaine d’employés ne seront donc pas rappelés au travail au début juin. «Ce sont des marins qui étaient au service à la clientèle à bord du bateau, précise le directeur général de la CTMA. Mais, comme on a le traversier, on peut peut-être en récupérer quelques-uns.» Les autres peuvent aller travailler n’importe où ailleurs, selon M. Aucoin. «C’est pour ça qu’on s’est dépêchés à l’annoncer, soutient-il. Ça leur permet peut-être de se relocaliser dans l’industrie de la pêche. On sait aussi que le monde de la santé a un criant besoin de main-d’oeuvre.»

Bien qu’il juge la situation difficile, M. Aucoin est encore plus inquiet de l’incertitude qui plane sur l’industrie touristique des Îles, dont les retombées annuelles sont, selon lui, de 80 millions $. «C’est toute l’industrie qui est en réflexion actuellement», observe-t-il.