Le quotidien des journalistes a changé de façon significative depuis l’arrivée de la COVID-19.
Le quotidien des journalistes a changé de façon significative depuis l’arrivée de la COVID-19.

La COVID-19 menacerait la santé mentale des journalistes

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
Le quotidien des journalistes a changé de façon significative depuis l’arrivée de la COVID-19. Un expert veut prévenir des dangers que peut poser le virus sur la santé mentale des travailleurs de l’information.

Environ 70 % des journalistes sondés par le professeur en Psychiatrie de l’Université de Toronto et neuropsychiatre, le Dr Anthony Feinstein, ont affirmé souffrir de détresse psychologique. 

Ce dernier mène actuellement une étude, en collaboration avec la directrice du Programme de bourses pour les journalistes du Reuteurs Institute for the Study of Journalism Meera Selva, pour déterminer l’impact de la COVID-19 sur la santé mentale des journalistes à travers le monde. 

Ils ont posé une série de questions à 73 journalistes à propos de leur travail, de leur santé mentale et de leurs inquiétudes en juin 2020, lorsque tous les pays du monde étaient affectés, d’une façon ou d’une autre, par la COVID-19.

Cette étude s’appuie sur le travail réalisé par le Dr Feinstein sur la manière dont les journalistes sont affectés lorsqu’ils rendent compte d’événements extrêmes, comme les attentats terroristes du 11 septembre ou la guerre en Irak.


« La pandémie est un événement stressant, et la nature du travail des journalistes a complètement changé. »
Dr Anthony Feinstein

Environ 11 % des journalistes qui ont participé au sondage ont rapporté des symptômes liés au trouble de stress post-traumatique, incluant des «pensées et des souvenirs intrusifs récurrents d’un événement traumatique lié à la COVID-19, un désir d’éviter les souvenirs de l’événement et des sentiments de culpabilité, de peur, de colère, d’horreur et de honte», peut-on lire dans le rapport.

«La pandémie est un événement stressant, et la nature du travail des journalistes a complètement changé, indique le Dr Feinstein, en entrevue téléphonique avec Le Droit. Ils couvrent la pandémie, les temps d’attente à l’urgence, les patients aux soins intensifs, les décès, les cas, les histoires douloureuses… Ces gens ont eux aussi des gens autour d’eux qui contractent la COVID-19 ou qui en meurent.» 

Bien que les résultats de l’étude soient préliminaires, le chercheur indique dans son rapport que les conclusions principales étaient si frappantes qu’il jugeait important de «signaler la pression sous laquelle de nombreux journalistes travaillent afin que les médias d’information et d’autres puissent réfléchir à la manière de répondre aux problèmes identifiés ».