Les organismes communautaires en itinérance se demandent, entre autres, comment appliquer des mesures de confinement pour les gens sans domicile.

Itinérance: les organismes communautaires veulent des mesures concrètes

Les organismes communautaires en itinérance Québec demandent au gouvernement Legault et au CIUSSS de la Capitale-Nationale des mesures concrètes pour protéger la clientèle vulnérable dont ils ont la charge et limiter la propagation du coronavirus non seulement dans leurs milieux, mais aussi dans la population.

Le Regroupement pour l’aide aux itinérants et itinérantes de Québec (RAIIQ), qui représente une quarantaine d’organismes dans la Capitale-Nationale, rappelle que «les populations vulnérables sont plus à risque que d’autres de contracter une infection et de développer de graves complications en raison de leur situation sanitaire, sociale et économique».

«Les organismes et leurs employés jouent un rôle important en empêchant ces populations de contracter ou de transmettre le virus. Il est important d’avoir des instructions claires de la part du réseau de la santé et de mettre rapidement en place des mesures spécifiques dans les organismes en itinérance», expose le RAIIQ dans un document transmis au Soleil.

«La principale crainte de nos membres est que la population vulnérable ne soit pas prise en compte. S’il y a contamination dans nos milieux, la propagation peut aller très vite. Il faut qu’on puisse maintenir des services essentiels» pour les personnes en situation d’itinérance, a dit en entrevue lundi la coordonnatrice du RAIIQ, Jimena Michea.

Le RAIIQ craint, outre la propagation rapide du virus dans les ressources en itinérance et une rupture des services essentiels, une pénurie de denrées dans les banques alimentaires qui affecterait les soupes populaires de même qu’une pénurie de fournitures médicales et sanitaires.

Généralités

Les organismes communautaires en itinérance ont reçu une première communication du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) en fin de semaine, mais il s’agissait surtout de généralités (encourager la clientèle à se laver fréquemment les mains, à éviter de se toucher le visage et à éternuer et à tousser dans un papier-mouchoir ou dans sa manche, bien nettoyer les surfaces et les objets, etc.)

Dans ce document, le MSSS demande aussi que la clientèle se lave les mains ou utilise un produit antiseptique «dès l’entrée» dans le refuge ou la soupe populaire, qu’on vérifie les symptômes et qu’on contacte au besoin Info-Santé ou Info-Social (8-1-1).

Le ministère recommande également d’établir un plan de gestion des lits et de prévoir des sections de quarantaine en créant des zones «froides» pour les personnes sans symptômes et des zones «chaudes» pour les personnes avec des symptômes, de disposer les lits et les chaises à distance de trois pieds et de disposer les lits en position «tête-pied».

«Ce n’est pas possible de faire des zones de quarantaine dans tous les refuges, et ce n’est pas toujours évident de faire des mesures de distanciation sociale», expose Jimena Michea, tout en rappelant qu’il y a «énormément de pression sur ces milieux, qui sont déjà surchargés».

Rencontre avec la Ville

Lundi matin, une rencontre entre le RAIIQ, la Ville de Québec et le CIUSSS aurait eu lieu pour discuter des mesures à prendre pour limiter la propagation du coronavirus.

«Comment on applique des mesures de confinement pour les gens sans domicile?Ce sont des éléments auxquels ils [le CIUSSS et le MSSS] sont en train de réfléchir», résume la coordonnatrice du RAIIQ.

Le regroupement demande au gouvernement et au CIUSSS d’accroître l’accès aux fournitures pour l’hygiène des mains et l’étiquette respiratoire, de mettre en place une liaison directe entre les ressources communautaires en itinérance et le réseau de la santé pour augmenter le dépistage, et de fournir un système de transport vers la clinique de dépistage.

Hébergement et suivi médical

Le RAIIQ demande également qu’un hébergement et un suivi médical soient assurés aux personnes infectées qui n’ont pas de domicile ou qui sont en attente des résultats.

Autre demande du regroupement : rendre accessibles des services de garde pour les employés des organismes communautaires offrant des services essentiels.

Le CIUSSS prendra contact dans les prochains jours avec les organismes en itinérance et leur fera parvenir une communication officielle sur les mesures qui seront prises, précise Jimena Michea.

Le directeur général de Lauberivière, Éric Boulay, a préféré lundi ne pas commenter la situation avant de savoir ce que le MSSS et le CIUSSS «ont à nous offrir».

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on nous dit qu’une première lettre a déjà été envoyée aux organismes communautaires faisant état des principales mesures de prévention.

«Le CIUSSS acheminera également une deuxième communication aux 400 organismes de la région au cours des prochaines heures pour capter leurs besoins, répondre à leurs questions et les soutenir», indique la porte-parole Annie Ouellet, précisant que les organismes seront aussi contactés individuellement.