Josianne Roy est convaincue d’avoir contracté le coronavirus à son ancien lieu de travail, à Gatineau, en raison d’une personne «qui ne croyait pas au virus, qui ne se tenait pas à deux mètres, qui ne portait pas de masque et qui ne mettait pas en place les mesures sanitaires».
Josianne Roy est convaincue d’avoir contracté le coronavirus à son ancien lieu de travail, à Gatineau, en raison d’une personne «qui ne croyait pas au virus, qui ne se tenait pas à deux mètres, qui ne portait pas de masque et qui ne mettait pas en place les mesures sanitaires».

Infectée par une personne qui ne croyait pas au coronavirus?

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
Une résidente de Ripon, dont les deux enfants, le conjoint et les parents ont tous contracté la COVID-19, lance un appel au respect des mesures sanitaires mises en place par le gouvernement. Sa famille aurait été contaminée par une personne infectée qui ne croit pas à l’existence du coronavirus et qui ignore les consignes de la santé publique dans son milieu de travail.

Josianne Roy a partagé un long témoignage sur sa page Facebook, mardi, invitant ceux et celles qui doutent encore de l’existence de la pandémie à cesser de partager de fausses informations sur Internet et à embarquer dans le train pour freiner la transmission de COVID-19 dans la communauté.

«À tous ceux qui pensent que ce n’est pas vrai, à tous ceux qui pensent que le virus est un complot, à tous ceux qui pensent que le masque ne sert à rien, à tous les complotistes et conspirationnistes qui manifestent contre les mesures sécuritaires et qui se foutent des avertissements du gouvernement.. À tous ceux qui croient qu’on se fait mentir en pleine face par nos dirigeants... Bien, laissez-moi vous dire que vous êtes DANGEREUX ET DANS L’CHAMPS pas à peu près!!!!», a écrit la Riponaise. Sa publication avait été partagée à plus de 155 reprises en fin de journée, mercredi.

À tous ceux qui pensent que ce n’est pas vrai, à tous ceux qui pensent que le virus est un complot, à tous ceux qui...

Publié par Josianne Roy sur Mardi 29 septembre 2020

Contagion familiale

Mme Roy est convaincue d’avoir contracté le coronavirus à son ancien lieu de travail, à Gatineau, en raison d’une personne «qui ne croyait pas au virus, qui ne se tenait pas à deux mètres, qui ne portait pas de masque et qui ne mettait pas en place les mesures sanitaires», précise-t-elle sans vouloir donner davantage de détails pour éviter d’identifier publiquement la personne en question.

C’est vers le 17 septembre que la femme de 42 ans a commencé à ressentir les premiers symptômes de la maladie, raconte-t-elle en entrevue avec Le Droit. Fièvre, léger mal de gorge, congestion, fatigue. «Comme ça ne passait pas après quelques jours, j’ai décidé d’aller me faire tester. Je suis allé faire un dépistage le 21 septembre à Buckingham et j’ai obtenu un résultat positif six jours plus tard», raconte Mme Roy.

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En isolement préventif à la maison en attendant son résultat, Mme Roy a ensuite vu son conjoint développer des symptômes de COVID-19, quelques jours plus tard. Celui-ci a obtenu son diagnostic par lien épidémiologique. Les enfants ont aussi contracté le virus dans les jours suivants. Toute la famille est désormais isolée.

«On n’a pas eu de complications pour l’instant, mais c’est très long. Mon conjoint et moi, on cherche notre souffle. On tousse, on a mal au ventre, on a une sinusite constante. On n’a plus de goût et plus d’odorat. On a une fatigue extrême, mais ça va quand même bien. En ce moment, je vous parle, mais j’ai un très gros mal de tête», confie-t-elle.


« Mon conjoint et moi, on cherche notre souffle. On tousse, on a mal au ventre, on a une sinusite constante. On n’a plus de goût et plus d’odorat. On a une fatigue extrême, mais ça va quand même bien. »
Josianne Roy

Le hic, c’est que l’éclosion ne s’est pas arrêtée au couple et aux deux enfants âgés de 9 et 12 ans. Les parents de Mme Roy, sa mère âgée de 68 ans et son père de 67 ans, ont aussi été exposés au virus, malgré toutes les précautions prises par l’entourage.

«J’ai gardé le petit chien de mes parents durant la semaine pendant laquelle j’attendais mon résultat. Ils ne sont pas venus ici souper ou en visite. Ils sont seulement venus porter le chien. C’était seulement un contact indirect. Ils ont développé les symptômes et sont allés se faire tester vendredi dernier et c’était positif. Mon père est parti ce matin (mercredi) en ambulance. Il est diabétique, il souffre d’obésité et fait de l’apnée du sommeil donc il est prédisposé à avoir des complications. Nous sommes sans nouvelles de lui. J’espère qu’il va bien.»

En après-midi, mercredi, l’homme de 67 ans avait reçu de l’oxygène à l’hôpital, confirmait Mme Roy.

Josianne Roy

Infectée par un «complotiste»?

Dans toute cette histoire, ce qui fâche sérieusement la résidente de Ripon, c’est que la personne qui a probablement déclenché l’éclosion auprès de sa famille pratique l’aveuglement volontaire face à l’existence de la pandémie, clame Mme Roy. «Nous n’en sommes pas rendus là, mais si mon père en meurt, c’est choquant. Ce n’est pas pour mettre la faute sur personne parce que j’aurais pu l’attraper en allant au magasin, mais je sais que cette personne qui m’a infectée ne faisait pas attention. [...] Il n’a pas fait ça volontairement, mais il disait haut et fort qu’il n’y a pas de pandémie et que sans masque, on va tous passer à travers. Maintenant, nous sommes malades», peste Josianne Roy.

La mère de famille espère maintenant que son message de prévention résonnera non seulement parmi la population de la Petite-Nation, mais aux quatre coins de l’Outaouais.

«Ce n’est pas vrai qu’on met l’économie par terre juste pour le plaisir. Nos dirigeants ne nous mentent pas. C’est un virus qui est nouveau. Il y en a pour qui les symptômes sont moins pires, mais il y en a d’autres pour qui ils sont mortels. Il n’y a aucun complot là-dedans. Mettez vos masques, protégez-vous, c’est ce que je veux faire passer comme message. C’est comme si parce qu’il n’y a pas cas autour de nous, ce n’est pas concret. Avec Facebook, on peut se permettre une vitrine pour montrer aux gens autour de nous que ça existe vraiment et c’est ce que j’ai voulu faire», de conclure Mme Roy.