Le 13 mars, la pandémie de la COVID-19 frappait de plein fouet le Québec et le gouvernement a ordonné la fermeture immédiate de toutes les écoles.
Le 13 mars, la pandémie de la COVID-19 frappait de plein fouet le Québec et le gouvernement a ordonné la fermeture immédiate de toutes les écoles.

Gestion de crise 101 dans les commissions scolaires

La situation actuelle a beau être du jamais vu, les commissions scolaires de la région affirment qu’elles étaient prêtes à y faire face avec leur plan de gestion de crise. En coulisses, on se dit également confiant que peu importe quand la cloche des écoles retentira de nouveau, tous les scénarios à l’étude permettront aux élèves de rattraper le retard, sans danger pour leur réussite.

Le 13 mars, la pandémie de la COVID-19 frappait de plein fouet le Québec et le gouvernement a ordonné la fermeture immédiate de toutes les écoles. Du jour au lendemain, les portes étaient verrouillées et les élèves ont à peine pu dire au revoir à leurs enseignants et amis.

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En 27 ans de carrière dans le monde de l’éducation, la directrice générale de la Commission scolaire des Draveurs (CSD), Manon Dufour, n’a jamais vécu pareille situation. Or, cela ne signifie pas pour autant qu’elle ne s‘y était pas préparée.

«On se prépare à toutes sortes d’éventualités comme direction générale avec notre équipe et quand arrive une chose comme celle-là, on applique ce qu’on sait des meilleures pratiques de gestion de crise, notamment tous les éléments de communication. On tente de communiquer tous les jours avec les réseaux sociaux. On s’appuie sur les données probantes de la recherche, on voit ce qui se passe ailleurs, on est transparents», dit-elle.

La directrice générale de la Commission scolaire des Draveurs, Manon Dufour

Même si les opérations fonctionnent nécessairement plus au ralenti, la CSD assure que personne ne chôme et qu’on prépare déjà la prochaine année scolaire, et ce peu importe quand les écoles rouvriront leurs portes.

«On travaille avec beaucoup de scénarios en tête, on ajuste nos échéanciers par rapport à chacun de ces scénarios-là, que ce soit la clientèle, le budget, les orientations, le respect des conventions collectives. Peut- être que dans tous les scénarios que j’ai, la réalité sera différente, mais je pense avoir fait le tour des scénarios probables. Ma consigne, ce n’est pas de prendre de l’avance, mais c’est de s’assurer qu’on ne prenne pas de retard, de s’assurer que le service de base est donné», poursuit Mme Dufour.

Même si on est encore loin de l’étape du post mortem, la dirigeante de la CSD ne cache pas que cette crise historique aura permis de peaufiner toutes les mesures d’urgence dans les écoles et que les bons comme les moins bons coups pourront être notés. Développer davantage l’enseignement à distance et les plateformes pédagogiques ainsi qu’améliorer l’accès à Internet et au matériel informatique à la maison pour les enseignants sont au nombre des projets sur la table.


« J’ai confiance en notre équipe, nos enseignants, ils savent ce qu’ils font, et ce n’est pas la première fois qu’ils ont à se revirer sur un 10 cents. »
Daniel Bellemare, directeur général de la CSCV

Quant à savoir si la possibilité très réelle que les élèves accèdent au niveau suivant en étant loin d’avoir complété les 180 jours au calendrier est une bonne idée, Manon Dufour répond que sa réponse «est aussi grise qu’il y a de teintes de gris».

«Pour chaque enfant, c’est différent. Un enfant qui n’a aucune difficulté, qui est capable de cheminer avec un soutien adéquat, va reprendre facilement ce qu’il n’aura pas vu. On est dans l’organisation par cycles maintenant, donc en début de cycle versus en fin de cycle, il y a une différence notable. Ce qui n’aura pas été vu sera revu de toute façon. On reconstruit là-dessus. L’éducation est en spirales. Pour les élèves en difficulté qui avaient besoin d’un soutien soutenu, on aura davantage de travail à faire en termes de récupération, de suivi. On réfléchit à toutes sortes de scénarios, on aura probablement des mesures adaptées. Il y aura du cas par cas, mais on est prêts à l’absorber», note-t-elle.

Citant l’exemple du participe passé, «une notion que l’on apprend à plus d’une occasion au fil du cheminement scolaire», Mme Dufour affirme que les enseignants sont des «professionnels de l’éducation» qui sauront relever ce défi de rattrapage avec brio.

Équipe proactive

À la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV), le directeur général Daniel Bellemare affirme que son équipe et lui sont proactifs et que même si personne n’a de boule de cristal pour la suite des choses, il faut tout faire pour la situation soit le plus stable possible lorsque la vie reprendra son cours dans les écoles. Il achemine par exemple des messages au personnel et aux parents sur une base régulière.

«Je ne veux pas paraître au-dessus de mes affaires, mais ça va somme toute très bien. Ces dernières années, on a établi une culture d’organisation qui repose beaucoup sur les relations humaines et la bienveillance. On est une commission scolaire plus petite que nos voisines, ça nous permet d’avoir cette culture-là. La collaboration entre les différents groupes comme les syndicats et les gestionnaires est forte, ça permet de se serrer les coudes dans des moments difficiles, malgré nos différences», lance-t-il.

Face à une situation très instable comme celle de la COVID-19, M. Bellemare estime que la transparence et la communication sont deux aspects plus que jamais primordiaux.

«Les gens deviennent inquiets, alors ils doivent pouvoir se rattacher à de l’information, ils veulent savoir où l’on s’en va. Ça renforce le sentiment d’appartenance, les liens de solidarité, pour que l’on puisse redémarrer sur de bonnes bases», précise-t-il.

Alors que la société nage en plein brouillard, les commissions scolaires doivent, ajoute M. Bellemare, «essayer de prévoir l’imprévisible».

Lui aussi se montre optimiste advenant que l’année scolaire 2019-2020 est reléguée aux oubliettes.

«Ce n’est pas une situation souhaitable, j’en conviens. S’il y a 180 jours dans une année, c’est qu’on a établi qu’il s’agit du nombre de jours nécessaires pour acquérir l’ensemble des connaissances. Ceci étant dit, est-ce une mauvaise chose? Il y a beaucoup de solutions possibles. J’ai confiance en notre équipe, nos enseignants, ils savent ce qu’ils font, et ce n’est pas la première fois qu’ils ont à se revirer sur un 10 cents. Je sais qu’ils sont créatifs», conclut-il.