Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le frigo-partage Pop ta Soupe, situé sur le boulevard Saint-Joseph, à Gatineau
Le frigo-partage Pop ta Soupe, situé sur le boulevard Saint-Joseph, à Gatineau

Frigos-partage: «On peut se retrouver avec des frigos vides assez rapidement»

Julien Coderre
Julien Coderre
Le Droit
Article réservé aux abonnés
Des frigos-partage vides, ce n'est pas rare en ces temps de pandémie.

Deux choses expliqueraient cette situation, selon l'Escouade anti-gaspillage alimentaire de l'Outaouais. D'abord, les diverses mesures mises en place par la santé publique depuis près d'un an, et ensuite, le glanage de l'été dernier, soit l'action de récupérer la nourriture non ramassée après la récolte dans les champs agricoles.

«Quand on planifie les actions de glanage, on en profite pour approvisionner les frigos et également pour donner des surplus à d'autres organismes qui pourraient en avoir de besoin, souligne la chargée de projet Constance Ba. Or, cette année, on se trouve à avoir moins de ravitaillement au niveau des frigos qu'à l'habitude, notamment en raison des restrictions de la santé publique, mais aussi parce que les quantités de produits récupérés lors du glanage de cet été ont été moindres à celles des années précédentes.»

Constance Ba, chargée de projet à l'Escouade anti-gaspillage alimentaire

Pour certains frigos, l'approvisionnement se fait de deux à trois fois hebdomadairement. Pour d'autres, on se limite à une fois par semaine, soit au début ou à la fin de celle-ci.

Certains citoyens ayant le cœur sur la main contribuent également à l'initiative en remplissant certains frigos de temps en temps, mais Mme Ba ne remarque «pas vraiment» une plus grande générosité citoyenne depuis le début de la pandémie.

«Ce qu'on remarque surtout, dit-elle, c'est que certaines personnes commencent à savoir à peu près à quel moment le frigo se fait remplir et ces gens-là viennent à un moment bien précis. On peut donc se retrouver avec des frigos vides assez rapidement.»

«On constate que le besoin est bien réel et que plusieurs gens viennent se servir», ajoute-t-elle.


« Les frigos continuent de se vider au quotidien. »
Simon Boudreau, directeur de 3R Québec

Même son de cloche du côté de 3R Québec, un organisme qui remplit des frigos-partage quotidiennement dans la région.

«Au niveau des frigos-partage, de notre côté, on ne remarque une grosse différence au niveau de leur fréquentation et de leur utilisation depuis le début de la pandémie. Peut-être que la demande a augmenté, c'est difficile à quantifier, mais l'offre, elle, n'a pas bougé. Les frigos continuent de se vider au quotidien», souligne le directeur de 3R Québec, Simon Boudreau.

Accessibles malgré le couvre-feu

Par ailleurs, bien que le couvre-feu décrété par le gouvernement du Québec empêche les citoyens de sortir de leur domicile à partir de 20h, Constance Ba assure que les frigos-partage, eux, demeurent accessibles.

«C'est certain que ça peut restreindre certains résidents qui font usage de notre service, mais si on pense aux itinérants par exemple, ces derniers sont maintenant exemptés du couvre-feu et ils peuvent y aller s'ils veulent, indique-t-elle. On a fait en sorte que les frigos soient accessibles et c'est pour ça que la plupart sont à libre disposition, à l'extérieur.»

Cependant, pour les usagers qui ont un domicile, la situation peut être un peu plus complexe qu'elle ne l'était déjà, reconnait M. Boudreau.

«Plusieurs faisaient leurs courses le soir parce qu'ils ont honte, ou encore parce qu'ils sont gênés de faire recours à de l'aide alimentaire. Ces gens-là ne veulent pas qu'on les voient à des endroits comme ça», indique-t-il.