Les données sur le Domaine Notre-Dame, dans le secteur Hull, font état de 71 cas actifs parmi les résidents, 11 employés infectés et trois décès parmi les personnes demeurant sur place.
Les données sur le Domaine Notre-Dame, dans le secteur Hull, font état de 71 cas actifs parmi les résidents, 11 employés infectés et trois décès parmi les personnes demeurant sur place.

Éclosions de COVID-19: le CISSSO en renfort dans les résidences privées pour aînés

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Alors que la COVID-19 se répand à une vitesse vertigineuse dans certaines résidences privées pour aînés (RPA) de l’Outaouais depuis le début de la deuxième vague, le réseau public débarque en renfort dans les milieux en éclosion.

Il y a d’abord eu l’éclosion massive dans les tours du complexe Cité-Jardin, dans le secteur Gatineau. En date de jeudi, on y rapportait un cumulatif de 109 cas confirmés et 13 décès, tandis qu’une trentaine de résidents du complexe appartenant au groupe Chartwell étaient encore infectés.

Les yeux sont maintenant tournés vers le Domaine Notre-Dame, dans le secteur Hull, aussi propriété de Chartwell. Les données fournies par l’entreprise jeudi faisaient état de 71 cas actifs parmi les résidents, 11 employés infectés et trois décès parmi les personnes demeurant sur place.

Directrice adjointe au soutien à l’autonomie des personnes âgées au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Nicole Boucher-Larivière a expliqué au Droit la forme que prennent les interventions du réseau public dans les RPA en ces temps de pandémie.

«Ce n’est pas la panique de la première vague», précise-t-elle. Les enjeux ne sont pas moindres pour autant. Certaines personnes demeurant en RPA sont autonomes et peuvent continuer de sortir, mais ce n’est pas toujours le cas. Et lorsque le virus s’invite dans l’un de ces milieux, le délai d’intervention peut avoir une grande influence sur la suite des choses.»

Alors que les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) sont des milieux de soins, les RPA sont plutôt des milieux de vie. «Avec des aînés autonomes, on a de la misère à jouer à la police pour que le masque ne soit pas en dessous du nez, pour qu’ils respectent le deux mètres et pour qu’ils n’aillent pas se visiter entre eux», expose Mme Boucher-Larivière.

Bien que les RPA soient gérées par des entreprises privées, c’est le réseau public qui est responsable de «faire le suivi clinique» des résidents infectés par la COVID-19.

«Je dirais qu’on a une excellente collaboration en Outaouais avec nos partenaires [des RPA], affirme Mme Boucher-Larivière. On a une présence régulière et on agit beaucoup en prévention avec eux.»

Les communications entre le CISSSO et les RPA se font sur une base régulière, et sur une base quotidienne lorsqu’il y a une éclosion. Des dépistages massifs sont entrepris en fonction des recommandations de la santé publique, mais les résidents asymptomatiques viennent parfois brouiller les pistes et peuvent retarder la détection d’une éclosion.


« Avec des aînés autonomes, on a de la misère à jouer à la police pour que le masque ne soit pas en dessous du nez, pour qu’ils respectent le deux mètres et pour qu’ils n’aillent pas se visiter entre eux. »
Nicole Boucher-Larivière

Le réseau public régional n’a pas eu, jusqu’à présent, à prendre la relève complète de la gestion d’une RPA. Le CISSSO envoie toutefois des ressources dans les milieux en éclosion. À Cité-Jardin, une trentaine d’employés ont été déployés au plus fort de l’éclosion. «On les récupère tranquillement parce que ça va mieux, mais là, on est à en déployer à La Gappe et au Domaine Notre-Dame.»

Ces employés du CISSSO permettent d’accroître la surveillance, d’aider au contrôle des infections et de faire le suivi clinique des résidents infectés, mais ils peuvent aussi être appelés en renfort lorsque des employés d’une RPA ne peuvent pas rentrer au travail – s’ils sont infectés ou s’ils présentent un risque élevé d’avoir été contaminés. Lorsque l’éclosion est de grande ampleur, le CISSSO envoie aussi des gestionnaires sur place.

Malgré la pénurie de main-d’oeuvre dans le réseau, quelques dizaines d’employés du CISSSO sont actuellement mobilisés dans des RPA.

Certains n’ont pas eu à être retirés d’un poste bien précis, puisqu’ils ont été embauchés dans le cadre de la campagne «Je contribue».

«Je ne dirais jamais non à plus de ressources, admet Nicole Boucher-Larivière. On sait qu’en Outaouais, ce n’est pas simple.»

+

DU SOUTIEN POUR LES RÉSIDENTS

Le dossier de l’entretien ménager facturé à des résidents du complexe Cité-Jardin malgré l’interruption du service en raison de l’éclosion de COVID-19 qui y sévit a mis en lumière, cette semaine, les questions qui peuvent être soulevées au sujet des frais payés dans les résidences privées pour aînés (RPA).

Même si le groupe Chartwell a finalement confirmé que les résidents concernés seront remboursés, d’autres interrogations peuvent subsister, selon le Centre d’assistance et d’accompagnement aux plaintes (CAAP) de l’Outaouais. L’organisme, dont les services sont offerts gratuitement et sur une base confidentielle, peut renseigner et soutenir les locataires des RPA ou leurs proches qui s’interrogent sur leurs droits grâce au programme baptisé «CAAP sur le bail».

Pour les questions concernant les RPA, le CAAP-OUTAOUAIS peut être joint au 819-770-3637 (poste 2) ou par courriel à l’adresse info@caap-outaouais.ca.