L'éclosion de COVID-19 qui frappe le Domaine Notre-Dame du secteur Hull a atteint un seuil jugé «critique» par les autorités, alors que plus du tiers des usagers de cette résidence privée pour aînés (RPA) sont actuellement infectés par le virus.
L'éclosion de COVID-19 qui frappe le Domaine Notre-Dame du secteur Hull a atteint un seuil jugé «critique» par les autorités, alors que plus du tiers des usagers de cette résidence privée pour aînés (RPA) sont actuellement infectés par le virus.

«Éclosion massive» de COVID-19 au Domaine Notre-Dame: plus de 80 cas et trois décès

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
L'éclosion de COVID-19 qui frappe le Domaine Notre-Dame du secteur Hull a atteint un seuil jugé «critique» par les autorités, alors que plus du tiers des usagers de cette résidence privée pour aînés (RPA) sont actuellement infectés et que trois décès causés par le virus y sont déjà déplorés.

Trente-deux nouveaux diagnostics – pour un total de 79 cas actifs – sont apparus mercredi à côté du nom du Domaine Notre-Dame sur la liste ministérielle des RPA touchées par des éclosions de COVID-19, qui se base sur les données compilées la veille.

Cela représente 35% du nombre d'usagers hébergés dans cette RPA de la rue Amherst, ce qui la place dans la catégorie des installations où la situation est jugée «critique» par les autorités.

Ce bilan a été confirmé dans une lettre acheminée aux proches des résidents par la directrice générale du Domaine Notre-Dame, Lucie St-Laurent.



« Nous croyons fortement que ce qui a joué en notre défaveur dans la propagation du virus est que la plupart des résidentes testés positifs étaient asymptomatiques ou avaient de très légers symptômes non rapportés. »
Lucie St-Laurent

Le document daté de mardi, dont Le Droit a obtenu copie, indiquait que cinq des 79 résidents infectés étaient hospitalisés, et que sept employés avaient aussi reçu un diagnostic de COVID-19.

«Nous croyons fortement que ce qui a joué en notre défaveur dans la propagation du virus est que la plupart des résidentes testés positifs étaient asymptomatiques ou avaient de très légers symptômes non rapportés», précise Mme St-Laurent dans sa lettre.

La directrice régionale de la santé publique, la Dre Brigitte Pinard, a souligné qu'il s'agit là d'«une des particularités du virus de la COVID-19». «Il y a plusieurs personnes qui sont très peu symptomatiques ou non symptomatiques et ces personnes […] peuvent quand même transmettre le virus, donc ça peut prendre un certain temps à se rendre compte qu'il y a transmission dans un milieu, a-t-elle indiqué en point de presse, mercredi. Lorsqu'il y a quelques cas, […] on procède à un dépistage élargi pour avoir une très bonne idée de la situation.»

Des résidents succombent au virus

Dans une déclaration reçue par Le Droit mercredi en début de soirée, le groupe Chartwell a souligné que la situation avait déjà évolué et qu'il y avait désormais 71 cas actifs parmi les résidents du Domaine Notre-Dame, de même que dix chez les employés.

Alors que le bilan officiel des autorités ne fait pas encore état de décès liés à cette éclosion au Domaine Notre-Dame, Chartwell y déplore déjà des victimes.

«Malheureusement, nous avons également été informés du décès de trois résidents de Chartwell Domaine Notre-Dame liés à la COVID-19, a indiqué dans cette déclaration la vice-présidente aux opérations et aux ventes de l'entreprise, Marie-France Lemay. Nos pensées vont à la famille et aux proches de ces personnes.»

Le groupe Chartwell indique qu'il y a désormais 71 cas actifs parmi les résidents du Domaine Notre-Dame, de même que dix chez les employés.

Dans la lettre acheminée aux proches, le Domaine Notre-Dame affirme que tous les résidents atteints de la COVID-19 (ou leur famille) ont été contactés. «Si vous n'avez pas reçu d'appel c'est que votre parent est négatif», précise-t-on.

Plan d'action

Chartwell a indiqué aux proches avoir «mis en place un plan d'action pour faire face à cette éclosion massive». Ce plan inclut entre autres un rehaussement des mesures de désinfection, tandis qu'une infirmière du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) «évalue quotidiennement les signes et symptômes» des résidents infectés.

«Nous avons aussi un gardien de sécurité qui supervise les cloches d'appels d'urgence la nuit, ajoute la lettre. À partir de [mercredi], nous fournissons les uniformes pour tous les employés de soins. Les uniformes seront lavés sur place. Donc, les employés se changent avant et après chaque quart de travail obligatoirement.»

Une autre ronde de dépistage doit avoir lieu les 19 et 20 novembre pour les résidents négatifs et les employés, une procédure qui se répétera tous les sept jours «jusqu'à la fin de l'éclosion», précise l'entreprise.

Le Domaine Notre-Dame indique par ailleurs qu'«il est probable qu'une douche ou un lavage soit sauté par mégarde», mais que toutes «les toilettes partielles sont complétées à tous les jours».

Dans la déclaration fournie au Droit, Chartwell ajoute avoir «mis en place les protocoles renforcés, notamment l'auto-isolement des résidents dans leur appartement, le port de l'équipement de protection individuelle, des niveaux de dotation en personnel stables et des protocoles de prévention et de contrôle des infections renforcés». «Nous continuons à faire tout notre possible pour minimiser la transmission du virus» au Domaine Notre-Dame, a ajouté Mme Lemay.

À la direction de santé publique de l'Outaouais, la Dre Pinard rappelle de son côté que peu importe le milieu, «il faut que l'ensemble des mesures soient suivies, même s'il n'y a pas de cas».