Près de 22 000 tests de COVID-19 ont été effectués au cours des 24 dernières heures en Ontario.
Près de 22 000 tests de COVID-19 ont été effectués au cours des 24 dernières heures en Ontario.

Doug Ford ne veut pas obliger le port du masque 

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
Même si plusieurs commerces ne sont pas assez spacieux pour permettre la distanciation physique entre chaque client, le premier ministre ontarien Doug Ford ne veut pas rendre obligatoire le port du masque. Il encourage toutefois ardemment aux Ontariens de se couvrir le visage lorsqu’ils sortent de chez eux.

Questionné en conférence de presse à propos de récentes éclosions de la COVID-19 dans des commerces de la province, le premier ministre ontarien Doug Ford a soutenu que même si le port du masque est « fortement, fortement recommandé », il ne veut pas l’obliger dans les endroits où la distanciation physique n’est pas possible. 

« Nous n’avons pas la main d’oeuvre pour courir après ceux qui ne portent pas de masque », a conclu le premier ministre. 

La question lui a été posée en réponse à une éclosion survenue dans une quincaillerie de la province où une quinzaine d’employés ont testé positivement au virus.

Plusieurs entreprises, comme la chaîne d’épicerie Longo’s, imposent le port du masque à l’intérieur pour tous les clients. 

Un nouveau guide pour les entreprises

Le gouvernement Ford a annoncé un nouveau guide, une sorte de boîte à outils, contenant des directives de santé et de sécurité pour les entreprises et les travailleurs afin de se préparer à la réouverture. 

« Plus de régions entrent dans la phase 2 du déconfinement, et nous voulons donner aux entreprises les outils et les ressources dont ils ont besoin pour s’adapter et pour avoir du succès dans ce nouvel environnement », a noté le premier ministre.

Ce dernier a aussi tenu à encourager la population à consommer et à voyager localement, cet été, pour soutenir les entreprises et l’économie de la province. 

COVID-19: dépistage en hausse, cas positifs en baisse en Ontario

Alors que la province de l’Ontario continue de dépasser sa cible de dépistage quotidienne, les tests effectués qui s’avèrent être positifs continuent d’être de moins en moins nombreux. 

Mardi, la province a enregistré 184 nouveaux cas de COVID-19, portant le total du nombre de cas à 32 554. 

C’est la troisième journée de suite que le nombre de nouveaux cas demeure sous la barre des 200. 

Quant au dépistage, 21 724 tests ont été effectués au cours des 24 dernières heures en province. 

Le nombre de tests quotidiens atteint et dépasse la barre des 20 000 depuis une semaine. 

Par ailleurs, plus de 84% des personnes atteintes du virus sont maintenant considérées comme étant guéries. 

En revanche, 2 538 (+11) personnes ont perdu la vie en raison de la COVID-19, dont 1 632 résidents et six employés de foyers de soins de longue durée. 

La santé publique de l’Ontario a dénombré 413 hospitalisations, lundi, dont 98 en soins intensifs et 70 sous respirateur. 

+

Le chant n'est pas le bienvenu dans les restaurants rouverts de l'Ontario

Vous pouvez siffler pendant que vous travaillez pour aider l'Ontario à se remettre de la pandémie de COVID-19, mais de grâce, ne chantez pas.

C'est l'essentiel du message du gouvernement provincial, qui a inclus une interdiction explicite de chanter - et même de danser - dans certaines parties de son plan de réouverture des entreprises temporairement fermées en raison de l'épidémie.

L'étape 2 du plan de relance économique de l'Ontario contient de nombreux documents d'orientation pour les secteurs autorisés à reprendre ou à étendre leurs activités.

Les directives préparées pour les restaurants et les bars indiquent que le chant et la danse sont interdits dans les espaces extérieurs où les clients sont actuellement autorisés à se réunir en nombre limité.

Des documents indiquent que le chant est également interdit dans les garderies et découragé dans les lieux de culte qui ont reçu le feu vert pour rouvrir leurs portes à travers l'Ontario la semaine dernière.

Le ministère provincial de la Santé affirme que les directives anti-chant sont appuyées par la science, et les médecins ayant une expertise en la matière sont d'accord.

«C'est dégoûtant de penser à cela, mais chaque fois que nous parlons, nous crachons sur le monde qui nous entoure», a expliqué le Dr Isaac Bogoch, médecin et scientifique spécialisé en maladies infectieuses à l'Hôpital général de Toronto.

«Et si nous chantons, crions ou respirons fortement, nous expulsons probablement plus de salive et de sécrétions nasales (...) et si quelqu'un est infecté, alors ces sécrétions répandront plus de virus.»

Le Dr Bogoch a déclaré que les règles peuvent sembler extrêmes, mais qu'elles découlent probablement d'une tragédie qui s'est déroulée aux États-Unis au début du confinement dans ce pays.

Selon un rapport publié par les Centers for Disease Control and Prevention, le nouveau coronavirus a touché une chorale de l'État de Washington qui s'était réunie pour des répétitions début mars. Le rapport a révélé que deux membres de la Skagit Valley Chorale sont décédés de la COVID-19, et que jusqu'à 87 % des membres de la chorale ont été des cas confirmés ou probables.

«La transmission a probablement été facilitée par la proximité (...) pendant la répétition et aidée par l'acte de chanter», indique le rapport.

La porte-parole du ministère ontarien de la Santé, Hayley Chazan, a déclaré que des idées similaires avaient été exprimées dans les directives de la province.

«Les preuves indiquent que le chant peut présenter un risque plus élevé que la parole normale, en particulier le chant à voix haute», a-t-elle soutenu.

Les lignes directrices de l'Ontario varient légèrement selon le secteur, les conseils aux restaurants stipulant qu'«aucune danse ou chant ne peut être autorisé dans les secteurs extérieurs», qui sont les seules autorisés à être utilisés pendant l'étape 2.

Les directives concernant les lieux de culte, actuellement autorisés à fonctionner à 30 % de leur capacité dans toute la province, sont encore plus précises.

Le gouvernement a stipulé que les fidèles devraient s'abstenir de chanter et laisser la tâche à un chanteur solo placé à au moins quatre mètres des gens réunis dans l'église. Les instruments à vent sont également déconseillés, selon les mêmes directives.

Neil MacCarthy, porte-parole de l'archidiocèse de Toronto, a déclaré que les églises catholiques ont déjà commencé à observer les nouvelles règles. Il a indiqué que les paroissiens sont également encouragés à porter des masques, une mesure qui, selon lui, rend les gens encore plus hésitants à se mettre à chanter.

James Rilett, vice-président de Restaurants Canada pour la région centrale, n'a pas non plus remis en question les instructions du gouvernement.

«La musique "live" et la danse pourraient être revisitées une fois que l'Ontario ira plus loin et assouplira les mesures d'urgence en matière de santé et de sécurité, mais pour l'instant, cette restriction n'entravera pas les plans de réouverture», a noté M. Rilett.

Les recommandations pour le secteur de la garde d'enfants découragent les activités de chant exécutées à l'intérieur. Les directives du ministère de la Santé pour les camps de jour déconseillent également le chant à l'intérieur et encouragent les protocoles de distanciation physique standard pour le chant à l'extérieur.