Des syndiqués du réseau de la santé de l’Outaouais ont manifesté devant le CHSLD Lionel-Émond, dans le secteur Hull.
Des syndiqués du réseau de la santé de l’Outaouais ont manifesté devant le CHSLD Lionel-Émond, dans le secteur Hull.

Des syndiqués «épuisés» du CISSSO manifestent pour leurs vacances

Des syndiqués du réseau de la santé de l’Outaouais ont manifesté mercredi pour faire connaître leur «épuisement» et leur «mécontentement» de voir des arrêtés ministériels modifier leurs conditions de travail.

Réunis sous un soleil de plomb devant le Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) Lionel-Émond, dans le secteur Hull, des employés du réseau tenaient à la main différentes affiches arborant des messages comme «nos vacances sont essentielles», «ange gardien en enfer» et «remerciées à coup de décrets inhumains». Ils se sont aussi étendus au sol, pour illustrer qu’ils se sentent «morts de fatigue».

Ces employés, membres du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) et du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé de l’Outaouais (STTSSSO), cherchent entre autres à savoir quel sera le plan de match du réseau pour la période des vacances estivales.

«On veut ravoir nos droits, on veut ravoir nos vacances», a mentionné le président du SPSO, Patrick Guay. Avec ses homologues des autres syndicats, M. Guay dit tenter d’obtenir des réponses du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais. «La PDG […] a laissé présager qu’on aurait un maximum de deux semaines de vacances pour l’ensemble des salariés du Pontiac, même si dans certains secteurs, notamment Maniwaki et le Pontiac, […] il n’y a pas ou très peu de gens qui ont la COVID», a déclaré le président du SPSO, qui estime que «l’état d’urgence sanitaire actuel ne justifie pas l’imposition» des arrêtés ministériels pour la gestion du personnel dans le réseau.

Selon M. Guay, le CISSSO a encore recours à des heures supplémentaires obligatoires, entre autres au CHSLD Lionel-Émond, où une éclosion de COVID-19 touche une vingtaine de résidents, en plus d’avoir causé la mort de sept autres personnes qui y demeuraient. «C’est inacceptable», s’insurge le président du SPSO.

Au STTSSO, la présidente, Josée McMillan, en a aussi assez de voir des arrêtés ministériels qui, selon elle, «viennent bafouer» les conditions de travail de ses membres. Le syndicat, qui représente entre autres les préposés aux bénéficiaires du CISSSO, estime que «le climat de travail commence à empirer» en raison de la crise de la pandémie.

Interrogés à savoir ce qu’ils pensaient de la campagne gouvernementale visant à recruter 10 000 personnes pour une formation rémunérée de préposé aux bénéficiaires, M. Guay et Mme McMillan ont émis des réserves sur cette initiative.

Les manifestants cherchent entre autres à savoir quel sera le plan de match du réseau pour la période des vacances estivales.

Au SPSO, Patrick Guay craint entre autres de voir des infirmières auxiliaires en début de carrière démissionner pour aller suivre cette formation de trois mois, pour laquelle le gouvernement versera 21$ l’heure. La rémunération pourra ensuite passer à 26$ l’heure après une embauche dans le réseau.

Du côté du STTSSSO, Josée McMillan n’est pas non plus convaincue qu’une telle mesure «va aider» le réseau. «Il faut que le gouvernement comprenne que ça prend un salaire équitable pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs du réseau de la santé, ce n’est pas dur à comprendre», plaide-t-elle.