La présidente de la FSQ-CSQ, Claire Montour soutient que les employées sanctionnées n’avaient rien fait de plus que la petite danse du Dr Horacio Arruda, danse qui avait d’ailleurs fait couler bien de l’encre.
La présidente de la FSQ-CSQ, Claire Montour soutient que les employées sanctionnées n’avaient rien fait de plus que la petite danse du Dr Horacio Arruda, danse qui avait d’ailleurs fait couler bien de l’encre.

Des infirmières de la Côte-Nord sanctionnées pour avoir tourné une vidéo

BAIE-COMEAU – Seize infirmières et infirmières auxiliaires du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord auraient reçu un avis disciplinaire après avoir tourné une vidéo exprimant l’amour de leur travail. «Déçu et choqué» de cette décision, le syndicat qui les représente a envoyé aux dirigeants du CISSS une boîte de bonbons surs, «question de constater par eux-mêmes les conséquences d’une décision au goût amer».

Ces vidéos ont été réalisées à l’invitation d’une influenceuse sur Facebook, Catherine Paquin, une ex-infirmière, qui invitait les travailleuses de la santé à lui faire parvenir une vidéo exprimant leur bonheur d’être au travail malgré la pandémie de COVID-19. Le prix? La chance de gagner une boîte de bonbons.

Selon la Fédération de la santé du Québec (FSQ), un syndicat affilié à la CSQ, les 16 personnes de la Côte-Nord à avoir participé ont toutes reçu un avis disciplinaire. «On en demande toujours plus aux infirmières. Elles se doivent d’être parfaites et elles n’ont pas droit à l’erreur, mais du moment qu’elles essaient de propager le bonheur, la sanction arrive», de lancer la présidente de la FSQ-CSQ, Claire Montour.

«Les gens qui sont au boulot, qui donnent leur cœur à l’ouvrage, peut-on juste les apprécier, les remercier au lieu de les sanctionner? Elles (les infirmières) n’ont pas sacré leur camp, elles n’ont pas ridiculisé personne», a-t-elle enchaîné.

Mme Montour soutient que les employées sanctionnées n’avaient rien fait de plus que la petite danse du DHoracio Arruda, danse qui avait d’ailleurs fait couler bien de l’encre. «Si le docteur Arruda avait travaillé au CISSS de la Côte-Nord, il aurait reçu de sévères remontrances et un avis disciplinaire», ajoute la présidente.


« On en demande toujours plus aux infirmières. Elles se doivent d’être parfaites et elles n’ont pas droit à l’erreur, mais du moment qu’elles essaient de propager le bonheur, la sanction arrive »
La présidente de la FSQ-CSQ, Claire Montour

Cette dernière n’a pas manqué de rappeler qu’il y a quelques semaines, la ministre de la Santé et des Services sociaux Danielle McCann avait assuré qu’il n’était plus question d’omerta dans le réseau de la santé et que le personnel pourrait s’exprimer librement. «Je ne sais pas à qui la ministre faisait appel en disant ça, mais peut-être que les personnes à qui ça s’adressait n’ont pas entendu», a-t-elle martelé.

En point de presse hebdomadaire mardi, la directrice générale adjointe du CISSS, Dyane Benoît, a botté en touche, soutenant que ce dossier «n’est pas l’objet du point de presse d’aujourd’hui». La direction du CISSS a ensuite fait savoir par courriel qu’elle ne commenterait pas, car il s’agit «d’un dossier de relations de travail dont plusieurs aspects sont confidentiels».

Quatre nouveaux cas

Sans cas déclaré de COVID-19 depuis plus d’une quinzaine de jours, la Côte-Nord en a enregistré quatre nouveaux en fin de semaine dernière, portant ainsi le total à 119 cas confirmés. Ces quatre derniers cas sont reliés à l’arrivée de deux travailleurs étrangers, employés d’un marché de fruits et légumes de Sept-Îles.

«Les deux travailleurs étrangers sont en isolement strict depuis leur arrivée et ils n’ont pas travaillé», a assuré le médecin-conseil en santé publique au CISSS régional, le docteur Richard Fachehoun. Le troisième cas est lié à la famille d’accueil des deux travailleurs tandis que le quatrième, asymptomatique, a visité le marché en question, qui a été complètement désinfecté lundi.