« C’est tout à fait possible d’avoir un bon contrôle de ses allergies saisonnières », indique la Dr Alexandra Langlois.
« C’est tout à fait possible d’avoir un bon contrôle de ses allergies saisonnières », indique la Dr Alexandra Langlois.

Des allergies à ne pas confondre avec la COVID-19

Sherbrooke — Nez qui coule et qui pique, éternuements, yeux rouges et enflés qui chauffent ou qui pleurent, mal de gorge ou congestion nasale… Voilà les symptômes désagréables qu’affrontent déjà depuis quelques jours une partie des gens souffrant d’allergies saisonnières. Au Québec, une personne sur cinq souffre d’une allergie saisonnière à un ou plusieurs pollens. Conséquence : la présence de symptômes désagréables qui peuvent persister du début mai jusqu’à la fin octobre.

Or en ces temps où circule aussi le nouveau coronavirus, les gens qui mouchent ou éternuent risquent de se faire pointer du doigt par leurs voisins ou collègues craignant une propagation de la COVID-19.

« Il faut rappeler que les allergies saisonnières ne sont pas contagieuses ni transmissibles », indique la Dre Alexandra Langlois, allergologue et immunologue clinique au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Les personnes qui souffrent d’allergies saisonnières année après année ne devraient donc pas s’inquiéter d’avoir attrapé la COVID-19 lorsque leurs premiers symptômes d’allergies se manifestent.

« Les symptômes d’yeux et de nez qui coule ou qui pique, les éternuements, ce sont des symptômes très différents de la COVID-19 », précise Dre Langlois.

« La COVID-19 entraîne généralement de la fièvre et de la toux forte, deux symptômes qu’on ne retrouve pas avec les allergies saisonnières », ajoute-t-elle.

Les personnes qui souffrent d’allergies saisonnières ont souvent tendance à le banaliser, à dire qu’il s’agit « juste » d’allergies. Mais ces allergies peuvent avoir des conséquences invalidantes, menant à de l’absentéisme au travail ou à l’école par exemple.

« Il faut aussi savoir que les gens n’ont pas besoin de souffrir ou d’endurer les symptômes. Il existe des trucs simples pour traiter ou éviter les allergies », indique l’allergologue.

D’abord, une personne qui souffre d’allergies saisonnières devrait assurément éviter la corde à linge à l’extérieur. « Quand on étend les vêtements ou les draps par exemple, ils agissent comme des capteurs à pollen. Et ensuite, on les rentre dans la maison avec tout le pollen… » dit-elle.

Si on peut, il est également recommandé de laisser les fenêtres fermées et d’ouvrir la climatisation, là aussi pour éviter que le pollen s’infiltre dans la maison.

Viennent ensuite les médicaments qui peuvent être recommandés par son médecin de famille ou par son pharmacien. Plusieurs sont en vente libre.

« Pour les gens qui ont des symptômes légers, il y a les comprimés d’antihistaminiques. Il y a plusieurs classes, vendues sous des noms comme Réactine, Claritin et Aérius. Il faut cependant mettre en garde contre l’utilisation du Benadryl. Oui, il est efficace pour les allergies saisonnières. Mais son effet dure moins longtemps que les autres et il a plus d’effets secondaires comme la somnolence, la difficulté à se concentrer, etc. », explique la Dre Alexandra Langlois.

Et si ça ne fonctionne pas, il y a d’autres alternatives. L’eau salée sert à nettoyer le nez. Il y a aussi différents médicaments en vaporisation nasale, soit de cortisone qui sert à réduire l’inflammation dans le nez, soit des antihistaminiques pour lutter directement contre l’allergie.

Et quand rien ne fonctionne, les patients peuvent choisir d’aller jusqu’à la désensibilisation, qui a beaucoup évolué ces dernières années.

« Il faut bien s’informer. C’est tout à fait possible d’avoir un bon contrôle de ses allergies saisonnières », insiste la Dre Langlois.

Toutefois, si son état s’aggrave, que la fièvre se met de la partie ou que la toux augmente de façon importante, il faut aussi être vigilant et consulter si nécessaire. « Il n’est pas impossible d’avoir des allergies et de contracter aussi la COVID-19 », nuance la médecin spécialiste.

Un dernier point sur lequel il est nécessaire d’insister : les personnes souffrant d’allergie doivent avoir une bonne étiquette respiratoire. Si celle-ci a toujours été nécessaire par respect pour les gens qui les entourent, c’est encore plus vrai que jamais en période de pandémie.

« Il ne faut pas "éternuer à tout vent". Il faut éternuer dans un mouchoir, le jeter rapidement dans une poubelle, tousser dans son coude. Ce sont des conseils qui étaient de mise avant et qui le sont encore plus aujourd’hui », conclut l’allergologue et immunologue clinique du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.