Comme les restaurants, les bars devront impérativement adopter de nouvelles mesures d’hygiène et de distanciation physique lors de leur réouverture.
Comme les restaurants, les bars devront impérativement adopter de nouvelles mesures d’hygiène et de distanciation physique lors de leur réouverture.

Dernière étape du déconfinement: enthousiasme et prudence chez les tenanciers de bars

Les derniers, mais non les moindres : presque tous les secteurs de l’économie, y compris les bars, peuvent désormais rouvrir, a annoncé Québec jeudi. Mais ce ne sont pas tous les tenanciers qui sautent de joie.

Pour les employés du Où Quoi, c’était la fête jeudi après-midi. « On va ouvrir demain ! » se réjouit la gérante de l’établissement de la rue Laval, Emmanuelle Hupé.

« On s’attendait à avoir un peu plus de temps pour prévoir notre réouverture, mais on l’avait déjà entamée dans notre tête. On avait passé une commande de bière la semaine dernière », illustre-t-elle.

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Comme les restaurants, les bars devront impérativement adopter de nouvelles mesures d’hygiène et de distanciation physique. Les employés porteront de l’équipement de protection individuel et les espaces devront être réaménagés pour garder deux mètres entre les clients de ménages différents. « Nous sommes un tout petit bar, alors pour nous, ce n’est pas un gros problème, ajoute la tenancière. Le gros du travail sera de mettre les tables à deux mètres et de limiter le nombre de personnes à l’intérieur. »

Du côté du café-bar Aux 4 Jeudis, l’ouverture pourrait attendre. Son directeur général Alexandre Le Blanc note que dans certains restaurants, les mesures de distanciation peuvent être difficiles à gérer. « Il y a parfois de la clientèle éméchée qui est là et qui veut socialiser, observe-t-il. Je vous dirais que ce n’est pas la situation la plus facile à entrevoir, donc on va se donner le week-end pour penser à ce qu’on va faire ».

Le directeur général du café-bar Aux 4 Jeudis, Alexandre Le Blanc

De plus, c’est Dalida qui aurait été déçue : Québec ne laissera personne danser. Selon les directives provinciales, les clients devront rester assis afin de limiter les déplacements. « C’est sûr que (la pandémie) a eu un impact financier énorme. Mais la perspective d’ouvrir avec des restrictions tellement grandes que l’ambiance n’est pas agréable, que les gens ne reconnaîtront plus l’endroit qu’ils ont connu parce que c’est moins convivial, fait qu’on se demande si ça vaut la peine d’inviter nos clients dans cette ambiance-là. »

« Si on avait pu ouvrir à 50 % de notre capacité, mais avec une plus grande liberté d'action pour les clients à l'intérieur, j'aurais trouvé ça mieux pour tout le monde », remarque-t-il.

Au Minotaure, déjà en rénovations, la nouvelle est tombée comme un cheveu sur la soupe. Rien n’est encore décidé — ni le quand, ni le comment de la réouverture —, mais son propriétaire Philippe Roy est optimiste : la programmation d’automne est maintenue, malgré des pressions de part et d’autre pour l’annuler. « Ils nous prennent au dépourvu, mais c’est sûr qu’on va rouvrir. »