La fermeture du monastère des Servantes de Jésus-Marie de la rue Laurier touche beaucoup de fidèles et de croyants de l’Outaouais qui avaient la chapelle de ce monastère comme lieu de recueillement, de prières, de quiétude.
La fermeture du monastère des Servantes de Jésus-Marie de la rue Laurier touche beaucoup de fidèles et de croyants de l’Outaouais qui avaient la chapelle de ce monastère comme lieu de recueillement, de prières, de quiétude.

Dernier adieu au monastère pour les Servantes de Jésus-Marie... mais quand ?

Bien qu’elles aient choisi une vie cloîtrée et de prières, les Servantes de Jésus-Marie ne sont pas totalement coupées du reste de la civilisation. Elles suivent l’actualité et se tiennent au courant des événements et de la vie du «monde extérieur».

Comme plus de deux millions de Québécois, certaines d’entre elles écoutent fidèlement la conférence de presse quotidienne du premier ministre québécois, François Legault. Elles aussi veulent connaître les plus récents développements dans ce combat sans merci contre la COVID-19. Elles aussi sont de cette lutte.

«Et je l’écoute aussi pour voir où est-ce qu’on s’en va, dit la Mère-servante générale de cette congrégation, Soeur Marie-du-Bon-Pasteur. Surtout au niveau des chantiers de construction afin de voir s’il y aura des reprises possibles dans la construction et dans combien de temps afin d’encourager les soeurs qui trouvent ça long d’avoir remis, remis et reporté le déménagement.»

Ce déménagement, qui était d’abord prévu pour le printemps 2019, a été repoussé d’un an et devait se tenir durant la deuxième semaine de mai de cette année. Les Servantes de Jésus-Marie allaient alors quitter leur monastère de la rue Laurier, à Gatineau, un bâtiment historique que cette congrégation habite depuis 1902.

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L’endroit était devenu beaucoup trop grand et trop coûteux pour les 36 religieuses qui y habitent. Ce monastère a donc été vendu à la Commission de la capitale nationale (CCN) au coût de 7 millions $ en mars 2017, et un tout nouveau couvent plus petit et mieux adapté aux besoins des religieuses est en construction sur le terrain du Centre diocésain du boulevard Mont-Bleu, toujours à Gatineau.

«Mais là, tout a été arrêté, laisse tomber Soeur Marie-du-Bon-Pasteur. On a eu la nouvelle le 24 mars au soir que tout était arrêté. On le voyait venir, mais on espérait encore que ça n’arriverait pas.»

Et depuis, les Servantes de Jésus-Marie vivent dans l’incertitude et, comme on dit, dans les boîtes.

«On peut même dire qu’on vit dans les boîtes depuis quelques mois, reprend la Mère-servante générale. Au début, nous avions mis en boîtes les choses dont on a moins besoin. Mais maintenant, il y a des choses qui nous manquent puisque ce sera plus long que prévu. On est dans l’incertitude. Le premier ministre disait ce midi (mardi) qu’il ne recommandait pas les déménagements en cette période de pandémie. Alors on est comme tout le monde. On attend. Si les chantiers peuvent recommencer après le 4 mai, on pourra recommencer à calculer. Mais en ce moment, c’est impossible.

«Nous étions à trois semaines de la fin. Le plus gros des travaux était fait (au nouveau monastère). Nous étions confortables avec ce qui s’en venait. Donc l’incertitude et l’attente sont un peu plus difficiles.»

La fermeture du monastère des Servantes de Jésus-Marie de la rue Laurier touche beaucoup de fidèles et de croyants de l’Outaouais qui avaient la chapelle de ce monastère comme lieu de recueillement, de prières, de quiétude. Ils étaient nombreux à assister à la messe dominicale des Servantes, et plusieurs visitaient régulièrement les religieuses pour se confier et prier avec elles à travers les grilles qui les séparent du monde extérieur. La Mère-servante générale de la congrégation est bien consciente que le départ de sa communauté vers un nouveau monastère laissera un grand vide dans le coeur de plusieurs.

«Mais comme on dit aux gens, on ne ferme pas ici, on déménage, laisse-t-elle tomber. Ce n’est pas pareil. On ne fait que changer de place, mais on continue comme congrégation avec notre même style de vie. Là-bas, dans notre nouveau monastère, les portes de notre chapelle seront ouvertes aux gens qui aiment venir prier. Ça va rester pareil, mais dans un endroit différent. Les gens du quartier (de l’ancien monastère) trouveront peut-être ça un peu plus loin. Mais d’autres en profiteront.

«De quitter est un deuil pour mes consœurs et moi, avoue-t-elle. Mais ça fait longtemps qu’on prépare notre départ. La vente a été une grosse étape. L’exhumation des soeurs de la crypte, des soeurs défuntes, en 2016, a été une grosse étape. La première pelletée de terre à notre nouveau monastère a été une autre étape. On a comme quitté au fur et à mesure de ces étapes, il y a donc des bouts de chemin de faits. Mais la journée qu’on partira, il y aura sûrement des serrements de coeur.

« Nous nous sommes répété plusieurs fois dans la communauté que la mission est plus importante que la maison. Le coeur de notre vie, on l’emporte avec nous là-bas. C’est ce qu’il y a de plus important. C’est un nouveau départ qui s’en vient.»