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Le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe
Le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe

Dépistage en Outaouais: «la situation s'est quand même améliorée», dit Lacombe

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
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«Je pense que ce n'est pas une question d'être gêné ou pas, la question c'est que les résultats soient livrés», lance le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, au sujet des longs délais d'attente à la fois pour un test de dépistage de COVID-19 et l'obtention d'un diagnostic dans la région. Il a cependant tenu à dire que des progrès notables ont été faits depuis vendredi, le nombre de gens en attente depuis au-delà de 48 heures ayant largement chuté.

L'élu a ainsi réagi lundi matin lorsque questionné sur le fait que la situation en Outaouais a rebondi en direct à la télé dimanche soir à l'occasion du passage du ministre de la Santé Christian Dubé à l'émission Tout le monde en parle

«M. Dubé l'a clairement dit hier, ce n'est pas une surprise pour moi, on s'est parlé évidemment: la situation en Outaouais n'est pas à la hauteur nos attentes en tant que gouvernement et on veut que ça s'améliore. Je pense que la bonne nouvelle dans ce dossier-là, c'est que le ministre lui-même va suivre ça personnellement. Maintenant, la situation s'est quand même améliorée, même si elle n'est évidemment pas parfaite. Le nombre de gens qui attendent des résultats depuis plus de 48 heures a diminué de 80%. On était de mémoire à environ 1000 et là on parle d'environ 200», a-t-il lancé.

Quant au délai pour obtenir un rendez-vous pour un test de dépistage de coronavirus, il semble aussi y avoir eu à première vue un retour vers la normalité dans les dernières heures, a-t-il signalé.


« On a fait le test ce matin, quelqu'un de mon bureau a appelé et vérifié. On peut avoir ça pour le lendemain matin, je pense qu'il y a une bonne amélioration de ce côté-là. Ceci dit, ce n'est clairement pas parfait. Il faut continuer d'améliorer ça avec les gens du CISSSO. »
Mathieu Lacombe, ministre

Lien de confiance

Par ailleurs, le ministre régional affirme avoir toujours confiance envers la présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Fillion, absente pour des raisons personnelles depuis plus de deux semaines.

«Actuellement, ce n'est pas une question de confiance, c'est une question de résultats et de services à la population, donc l'idée n'est pas de remettre en question la confiance qu'on a envers Mme Fillion, qui est actuellement en congé de maladie. L'idée, c'est de faire ce qu'on peut avec les gens qui sont en place, car le CISSS de l'Outaouais, ce n'est pas juste Josée Fillion. Elle a aussi une équipe solide sur qui on peut se fier, l'idée est de travailler avec ces gens qui tiennent le fort, pour qu'on puisse offrir des services qui sont plus rapides aux gens de l'Outaouais pendant cette période-là qui est critique», a-t-il noté.

Josée Fillion, présidente-directrice générale du CISSSO,

M. Lacombe a réitéré, en marge d'un point de presse sur les investissements routiers en Outaouais, que la situation qui prévaut dans le réseau depuis quelque temps n'est pas à la hauteur des attentes «du gouvernement, des citoyens, mais aussi de ce que le CISSSO veut livrer». 

«Saccagé par le précédent gouvernement»

L'élu est catégorique lorsqu'on lui pose la question s'il croit que la reconnaissance d'un statut particulier pour l'Outaouais dans plusieurs domaines, adoptée en 2019, apporte des résultats concrets sur le terrain.

«Écoutez, dans le meilleur des mondes, si on avait une baguette magique, il y en aurait plus de problème, il n'y aurait plus de faim dans le monde, plus de maladies, probablement pas de COVID n'est-ce pas et le système de santé en Outaouais fonctionnerait comme une Formule 1. Là, la situation, on l'a répété plusieurs fois, c'est qu'on est arrivé et c'était le bordel, le réseau a été saccagé par le précédent gouvernement. Nous, on s'est engagé à le remettre sur pied, on a promis un nouvel hôpital en Outaouais, ce pourquoi les libéraux nous critiquaient, ils nous disaient qu'on n'avait pas besoin de ça, imaginez. Ça avance et ça s'ajoute aux primes qui s'en viennent pour le personnel du réseau de la santé», martèle-t-il. 

«On avance dans la bonne direction»

Le ministre Lacombe met au défi ceux qui veulent le contredire à ce sujet. 

«Je ne suis pas gêné du tout. Est-ce que c'est parfait? La réponse est clairement non. Est-ce que c'est pas mal, pas mal mieux que ce qu'on avait dans le passé? Clairement, la réponse est oui et s'il y a quelqu'un qui n'est pas d'accord avec cela, je l'invite en débat demain matin. Ce n'est pas parfait, mais on avance dans la bonne direction en tabarouette», conclut-il.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) a confirmé au Droit qu'un rattrapage a été fait et que 80% des tests de dépistage sont pour le moment effectués dans un délai de 48 heures ou moins. Quant au délai pour obtenir un rendez-vous, il avoisine les 24 heures.

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Réaction de l'opposition

Le député de Pontiac et leader de l'opposition officielle, André Fortin, affirme que si cette amélioration des choses s'avère dans la région, il s'agit d'une bonne chose. Par contre, les actions sont venues tard, estime-t-il.

«C'est positif, mais ça aura quand même pris trois semaines pour qu'on en arrive là. Ce qui est moins rassurant, c'est qu'à travers tout ce rattrapage-là, on a dénombré 290 cas positifs aujourd'hui (lundi). Ce sont 290 personnes pour qui ça aura pris cinq, six, sept jours pour avoir des résultats, du temps qui aurait pu être utilisé pour faire l'identification des contacts rapidement. Il y a des gens qui ont eu le virus sans le savoir dans la région. [...] De toute évidence, moi qui ce me surprend dans cette histoire, c'est que le ministre de la Santé (M. Dubé) avait tous les indicateurs devant lui tous les jours, c'est-à-dire que ça prenait 24h à Québec, 48h en Estrie et que ça pouvait aller jusqu'à six ou sept jours en Outaouais, mais il a laissé cette situation perdurer. C'est ce qui m'a davantage surpris et choqué», lance l'élu.