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Les témoignages de citoyens qui attendent un résultat depuis plus de cinq jours à la suite d'un test de dépistage passé en Outaouais sont nombreux.
Les témoignages de citoyens qui attendent un résultat depuis plus de cinq jours à la suite d'un test de dépistage passé en Outaouais sont nombreux.

Dépistage: des délais «inacceptables» en Outaouais

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
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Véritable «nerf de la guerre» de la lutte à la COVID-19, le processus de dépistage continue d'être plombé par des délais «inacceptables» que le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) peine à résorber alors que la flambée de cas se poursuit. Dans ce contexte, des inquiétudes sont soulevées au sujet de la réouverture des écoles, prévue lundi à Gatineau et dans la MRC des Collines-de-l'Outaouais.

Les témoignages de citoyens qui attendent un résultat depuis plus de cinq jours à la suite d'un test de dépistage passé en Outaouais sont nombreux.

Jean-François LaRue fait partie du lot. L'une de ses deux filles a reçu un diagnostic de COVID-19 le 1er avril, sept jours après avoir passé un test de dépistage en raison d'un contact à l'école avec un cas confirmé.

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M. LaRue s'est aussitôt isolé avec sa plus vieille fille. La plus jeune, infectée, est allée faire son isolement chez sa mère, qui a déjà reçu une première dose de vaccin puisqu'elle travaille dans le réseau de la santé.

Dix jours après

Le père de famille et sa plus vieille fille ont passé un test de dépistage le 2 avril. Un premier résultat négatif est arrivé dès le lendemain pour sa fille, qui avait mentionné éprouver quelques symptômes. Jean-François LaRue attendait encore, mercredi matin, le résultat de son test passé cinq jours plus tôt. «Mais j'ai été testé 15 minutes après ma fille», souligne-t-il. Il a finalement obtenu son résultat - négatif - mercredi après-midi.

M. LaRue a par ailleurs jugé préoccupant le délai observé pour l'enquête épidémiologique. Il n'a reçu un appel de la santé publique que le 4 avril, soit 10 jours après le diagnostic de sa plus jeune. «C'est plate à dire, mais c'est toujours le tiers-monde en Outaouais pour tout, surtout en santé», déplore le père, qui s'inquiète de l'impact que peuvent avoir de tels délais auprès de gens qui pourraient attendre l'appel de la santé publique avant de s'isoler à la suite d'un contact avec un cas confirmé.

Professeure à l'école de santé publique de l'Université de Montréal, Roxane Borgès Da Silva juge que de tels délais «sont inacceptables».


« C'est là clé du succès pour arrêter une contamination et une pandémie que d'avoir des tests, du traçage et de l'isolement dans un délai de 24 heures, dans un délai hyper rapide, dit-elle. En ce moment, on n'est pas en contrôle de la situation et c'est inacceptable, surtout dans un pays développé. »
Roxane Borgès Da Silva, Professeure

Réouverture des écoles

Un autre père de famille, Mathieu Daigle, s'inquiète de son côté de la réouverture des écoles qui ont été fermées la semaine passée dans le cadre de mesures spéciales d'urgence pour Gatineau et la MRC des Collines-de-l'Outaouais. Selon le résident du secteur Aylmer, le délai observé pour le dépistage et l'obtention des résultats en Outaouais fait en sorte qu'il n'est pas possible d'avoir un bon portrait de la situation pour justifier un retour à l'école dès la semaine prochaine.

En point de presse mardi à Montréal, le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, a mentionné qu'il y avait 98% de chances que les mesures spéciales tombent comme prévu dès lundi prochain, 12 avril. Gatineau et les Collines-de-l'Outaouais passeraient alors en zone rouge comme le reste de la région.

Avec trois enfants à l'école primaire, Mathieu Daigle songe sérieusement à les garder à la maison la semaine prochaine si les écoles rouvrent. L'un de ses enfants fréquente l'école Euclide-Lanthier, tandis que les deux autres sont à l'école internationale du Village, récemment frappée par une éclosion de plus de 50 cas.


« Il y a des régions en Ontario où les experts capotent et ils ferment les écoles. […] Ici, il ne se passe rien comme d'habitude. […] Sept jours d'attente pour un résultat, c'est sept fois plus long qu'à Ottawa, s'insurge-t-il. Je suis sans mots. On n'est plus au début de la pandémie. On n'est pas une région du tiers-monde. »
Mathieu Daigle

Dans le contexte actuel, les enfants de Mathieu Daigle risquent de passer la semaine prochaine à la maison, même si les écoles rouvrent. «On va réévaluer de semaine en semaine», dit-il.

Pour Roxane Borgès Da Silva, la réouverture des écoles aussi rapidement que lundi n'est pas sans risque en Outaouais. «Tant qu'on n'a pas de contrôle – ou un certain contrôle du moins – et une certaine connaissance de l'incidence et de la prévalence des cas, ça m'apparaît difficile de rouvrir les écoles et d'y renvoyer des enfants qui ont peut-être été en contact avec des cas, expose l'experte en santé publique. Ce serait risqué.»

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