Le déconfinement rime avec une hausse de l’achalandage dans les urgences de l’Outaouais, ce qui crée un véritable «casse-tête» en raison des mesures en place pour limiter la propagation de la COVID-19.
Le déconfinement rime avec une hausse de l’achalandage dans les urgences de l’Outaouais, ce qui crée un véritable «casse-tête» en raison des mesures en place pour limiter la propagation de la COVID-19.

Déconfinement: hausse de l’achalandage dans les urgences du CISSSO

Le déconfinement rime avec une hausse de l’achalandage dans les urgences de l’Outaouais, ce qui crée un véritable «casse-tête» en raison des mesures en place pour limiter la propagation de la COVID-19.

Lorsque la pandémie a fait son apparition au Québec, les urgences de la province ont été désertées. On n’y retrouvait plus que les cas réellement urgents, qui nécessitent le plateau technique d’un hôpital.

La directrice des soins infirmiers du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Marie-Ève Cloutier, indique qu’une tendance à la hausse dans l’achalandage aux urgences s’est installée «doucement» au cours des dernières semaines, particulièrement en zone urbaine.

Lundi après-midi, le taux d’occupation a atteint près de 150% à l’urgence de l’Hôpital de Hull. Du côté de l’Hôpital de Gatineau, il est grimpé jusqu’à environ 140% la semaine dernière.

Les «grands utilisateurs» des urgences «commencent à revenir», tout comme les cas non urgents – les priorités 4 et 5.

«Sur le terrain, c’est un vrai casse-tête», reconnaît Marie-Ève Cloutier. En entrevue avec Le Droit, elle a souligné que bien des efforts sont faits pour éviter un retour à des taux d’occupation frôlant les 200%, comme c’était parfois le cas avant que la COVID-19 ne vienne tout chambouler.

«On travaille vraiment avec la première ligne pour réorienter des patients de la salle d’attente et au niveau des admissions sur les unités de soins», explique Mme Cloutier.


« On veut encourager la population à continuer, comme avant, de se tourner vers les médecins de famille, les pharmaciens et les autres ressources. »
Marie-Ève Cloutier

Gestion des lits

Ces démarches doivent se faire en considérant la reprise des activités, entre autres les interventions chirurgicales nécessitant l’hospitalisation des patients.

En date de lundi, il y avait aussi 65 personnes occupant un lit de courte durée dans les hôpitaux de l’Outaouais en attendant une place dans une ressource mieux adaptée à leurs besoins. Dans plus de la moitié des cas, ces patients attendaient pour une place d’hébergement.

Le transfert vers des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) n’est toutefois pas évident en pleine pandémie, car ces milieux de vie doivent pouvoir assurer une «zone tampon» avec du personnel attitré pendant 15 jours après l’arrivée d’un nouveau résident.

La deuxième vague

Le CISSSO doit aussi garder en tête qu’une deuxième vague de COVID-19 peut survenir, ce qui pourrait nécessiter un besoin accru de lits dans les hôpitaux.

«On veut encourager la population à continuer, comme avant, de se tourner vers les médecins de famille, les pharmaciens et les autres ressources» avant de se rendre à l’urgence, insiste Mme Cloutier. Même dans les cas où des patients qui se présentent à l’urgence se font offrir un rendez-vous dans une clinique, «les gens ne veulent pas toujours» être réorientés de la sorte et préfèrent rester en milieu hospitalier.

Au cours de la journée de dimanche, 38 patients ont tout de même été réorientés après être passés au triage de l’une des urgences du CISSSO, tandis que 58 patients ont quitté les lieux avant d’être pris en charge par un médecin.

Des efforts sont par ailleurs faits du côté de la prise en charge et de l’admission des patients aux prises avec des problèmes de santé mentale. Lundi matin, 12 des 28 patients sur civière à l’urgence de l’Hôpital de Gatineau s’y trouvaient pour un problème de santé mentale.

Le CISSSO vit donc avec une certaine «crainte» de voir les taux d’occupation de ses urgences grimper en flèche, admet Marie-Ève Cloutier. «Mais je ne veux pas inquiéter la population, précise-t-elle. C’est pour ça qu’on travaille vraiment tous ensemble pour éviter que la situation revienne comme avant.»

Même si les urgences n’ont en théorie «jamais de limite» quant au nombre de patients qui peuvent s’y trouver simultanément, le CISSSO est conscient qu’à partir d’un certain seuil, la situation devient «difficile gérable» pour le personnel et les médecins qui y travaillent. L’organisation rappelle donc à la population qu’«il faut garder les urgences pour les cas urgents».

Malgré la pandémie qui continue d’être présente, le CISSSO assure toutefois que «les gens ne sont pas en danger en venant à l’hôpital».