Vera Lucia Souza, au centre, et Madalena da Silva, pleurent leur frère et fils, Paulo Roberto da Silva, 47 ans, décédé des suites de la COVID-19 à São Paulo, au Brésil, jeudi.
Vera Lucia Souza, au centre, et Madalena da Silva, pleurent leur frère et fils, Paulo Roberto da Silva, 47 ans, décédé des suites de la COVID-19 à São Paulo, au Brésil, jeudi.

Décès liés à la COVID-19: le Brésil passe au troisième rang

RIO DE JANEIRO — Le Brésil est devenu jeudi le troisième pays au monde déplorant le plus de décès liés au nouveau coronavirus, dépassant le seuil des 34 000 morts, devant l’Italie, après un nouveau record de morts enregistrés en 24 heures.

Le dernier bilan du ministère de la Santé fait état de 34 021 décès et 614 941 cas confirmés, avec 1473 morts recensées depuis mercredi soir, sachant que les chiffres officiels sont largement sous-estimés selon les spécialistes.

Avec 212 millions d’habitants, le Brésil a une population trois fois plus grande que celle de l’Italie, qui a été l’épicentre de la pandémie en Europe et compte 33 689 morts.

Le Brésil déplore néanmoins 153 morts de COVID-19 par million d’habitants, contre 557,2 pour l’Italie ou 587,8 pour le Royaume-Uni.

Le Brésil est le deuxième pays au monde en termes de personnes infectées, derrière les États-Unis, avec 30 925 nouveaux cas confirmés en 24 heures.

Pour le troisième jour consécutif, le plus grand pays d’Amérique latine enregistre un record de morts quotidiennes, après 1349 mercredi et 1262 mardi.

Les chiffres du ministère n’ont été diffusés qu’après 22h (21h, heure du Québec), sans qu’aucune explication sur cet horaire tardif n’ait été fournie. Ils étaient communiqués dès 17h au début de la pandémie.

Cela fait bientôt trois semaines que le Brésil n’a plus de ministre de la Santé, depuis la démission de Nelson Teich, remplacé à titre intérimaire par Eduardo Pazuello, un général d’active.

L’État de São Paulo, le plus riche et plus peuplé du pays, reste le plus touché, avec 8560 morts et 129 200 cas confirmés, devant celui de Rio de Janeiro (6327 morts et 60 032 personnes infectées). Ces deux États ont pourtant débuté cette semaine une reprise graduelle de l’activité économique.

La situation reste critique dans des États pauvres du Nord, comme l’Amazonas (2183 morts) et le Para (3416), ou du Nord-est, comme le Ceara (3813) ou le Pernambouc (3124).

Même si les courbes de la pandémie demeurent en pleine ascension, le président d’extrême droite Jair Bolsonaro continue de prôner le retour aux activités normales au nom de la préservation de l’emploi, remettant en cause les mesures de confinement prises par les gouverneurs des États.

Plus de 1000 morts jeudi aux États-Unis

Le coronavirus a fait 1021 décès supplémentaires en 24 heures aux États-Unis, selon le comptage jeudi à 20h30 de l’Université Johns Hopkins, qui fait référence.

Cela porte à plus de 108 000 le nombre total de morts dans le pays, où plus de 1 870 000 cas ont par ailleurs été recensés, d’après les chiffres de l’université actualisés en continu.

Quelque 485 000 personnes sont déclarées guéries.

Les États-Unis sont, en valeur absolue, de loin le pays le plus touché par la pandémie, tant en nombre de décès que de cas diagnostiqués. Mais rapporté à la population, plusieurs pays européens — dont la France, l’Italie ou l’Espagne — comptent plus de morts par habitant que l’Amérique.

Selon une moyenne de neuf modèles épidémiologiques réalisée par des chercheurs de l’université du Massachusetts, le nombre de décès de la COVID-19 devrait avoisiner les 127 000 morts dans le pays d’ici le 27 juin.

Même si la pandémie ralentit dans le pays depuis le pic atteint à la mi-avril, les professionnels de santé s’inquiètent, avec les manifestations actuelles contre la brutalité policière et le racisme, d’une résurgence dans les semaines à venir.