Ces derniers mois, des spécialistes l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) et de l’Université d’Ottawa ont réussi à mesurer la présence plus ou moins forte de la COVID-19 dans la population grâce à des échantillons d’eaux usées de Gatineau et d’Ottawa.
Ces derniers mois, des spécialistes l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) et de l’Université d’Ottawa ont réussi à mesurer la présence plus ou moins forte de la COVID-19 dans la population grâce à des échantillons d’eaux usées de Gatineau et d’Ottawa.

Déceler la COVID-19 dans les eaux usées d’Ottawa-Gatineau

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Des chercheurs de l’Université d’Ottawa ont trouvé une nouvelle façon de calculer la présence de COVID-19 dans la population: à partir de ses matières fécales.

Ces derniers mois, des spécialistes l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) et de l’Université d’Ottawa ont réussi à mesurer la présence plus ou moins forte de la COVID-19 dans la population grâce à des échantillons d’eaux usées de Gatineau et d’Ottawa.

«C’est une autre façon de mesurer la variation des infections», dit Patrick M. D’Aoust, doctorant et officier technique en génie environnemental à l’Université d’Ottawa.

La technique, constamment améliorée depuis ce printemps, permet de calculer la présence de protéines produites par le SARS-CoV-2 (COVID-19) dans les eaux usées.

Les chercheurs savent déjà qu’une proportion importante de personnes atteintes excrètent le coronavirus dans leurs selles, parfois plusieurs jours avant l’apparition de symptômes. Ces prélèvements d’eaux usées pourraient servir de «système d’alerte précoce», selon les scientifiques impliqués.

La procédure permettrait d’observer plus rapidement les tendances à la hausse ou à la baisse par rapport aux tests cliniques individuels.

«Évidemment, dit M. D’Aoust, on ne peut pas confirmer d’infection individuelle, mais on peut fournir des données pouvant aider à prendre des décisions collectives. On sait aussi que ce ne sont pas tous les citoyens qui sont testés.»


« Évidemment, on ne peut pas confirmer d’infection individuelle, mais on peut fournir des données pouvant aider à prendre des décisions collectives. »
Patrick M. D’Aoust

Ottawa et Gatineau

Tous les jours, des échantillons sont prélevés au Centre environnemental Robert O. Pickard, dans l’est d’Ottawa, et une fois par semaine à l’usine d’épuration des eaux usées de la rue Notre-Dame, à Gatineau.

«Cette autre unité de mesure nous permet de renseigner les directions de santé publique (en Outaouais et à Ottawa), dit M. D’Aoust. On sait que 91% des eaux usées d’Ottawa sont traitées à ce centre, alors on peut dire que le ‘sondage’ est assez précis.»

Cette «mesure» du taux de COVID-19 permet de comparer les données globales tirées des eaux usées et les résultats de tests individuels. Selon les chercheurs, la précision des deux taux est comparable.

L’équipe de chercheurs est dirigée par le professeur Robert Delatolla de l’Université d’Ottawa et le Dr Alex Mackenzie de l’Institut de recherche du CHEO.

La capitale nationale est l’une des premières villes en Amérique du Nord à effectuer de tels relevés quotidiens.